LES HARMONIQUES NATURELLES & ARTIFICIELLES

LES HARMONIQUES NATURELLES & ARTIFICIELLES

LES HARMONIQUES NATURELLES & ARTIFICIELLES

LES HARMONIQUES NATURELLES & ARTIFICIELLES

   Aujourd’hui, nous allons nous attaquer au vaste sujet que ce sont les harmoniques à la guitare. Il faut d’ailleurs savoir que c’est une technique de jeu applicable à la guitare mais aussi sur tous les instruments à cordes, comme le violon, violoncelle, etc.

   Bon, dans notre cas, nous ne nous intéresserons qu’à la guitare en particulier, puisque, de toutes façons, je ne sais pas jouer de violon ! 😅 Voyons donc comment créer ces petits effets tant redoutés mais tellement convoités par les guitaristes débutants, surtout lorsqu’ils sont passés au travers d’un Delay, d’un Chorus ou d’une Distorsion ! 😉

I. INTRODUCTION SUR LES HARMONIQUES

   Pour comprendre au mieux comment fonctionnent les harmoniques sur un instrument, intéressons-nous un tant soit peu au phénomène physique originel.

   Dans le domaine sonore, un harmoniqueeh oui, c’est un nom masculin, contrairement à ce que l’on pourrait penser en écoutant les abus de langage de la plupart des musiciens – est un élément à part entière dans la composition d’un son.

   Si vous avez lu mon guide « Les Bases de la Musique au Piano et à la Guitare », vous avez dû voir qu’un son est caractérisé à partir de 3 facteurs : la hauteur, la durée et le timbre. Si vous ne l’avez pas encore téléchargé, je vous invite à le faire dès à présent en cliquant sur ce lien🙂

   Mis à part la durée du son qui n’est que le temps pendant lequel celui-ci est joué, la hauteur et le timbre sont directement liés à l’utilisation des harmoniques. En effet, un son est défini par une fréquence – un nombre d’oscillations sinusoïdales par seconde mesuré en Hertz (Hz) – fondamentale et des fréquences harmoniques.

Pour faire court :

La fréquence fondamentale détermine la fréquence principale de la note entendue et donc sa hauteur :

Les fréquences harmoniques et leurs amplitudes (pourcentage d’intensité entre chacune d’entre elles et par rapport à la fréquence fondamentale) déterminent le timbre du son et donc permettent de savoir par quel instrument ce son a été joué :

   En fait, les valeurs hertziennes des harmoniques ne sont pas définies au hasard. Un lien mathématique les relie avec la note fondamentale. Et en effet, si fo est la fréquence de cette note fondamentale : l’harmonique n°1 vaudra 2 x fo, la n°2 vaudra 3 x fo, la n°3 vaudra 4 x fo, etc.

     Par exemple, pour la note La1 de fréquence fondamentale 110Hz, ses harmoniques auront pour fréquence :

• H2 = 2 x 110 = 220Hz

• H3 = 3 x 110 = 330Hz

• H4 = 4 x 110 = 440 Hz

   De plus, il faut savoir que les notes harmoniques sont des notes qui sont « harmonieuses » avec la note fondamentale, c’est-à-dire des quintes, tierces, septièmes mineures et octaves qui viendront s’ajouter à elle pour former une belle résonance. Et c’est ainsi qu’en jouant un La 1 de fréquence fondamentale 110Hz nous obtenons :

• H2 = La 2

• H3 = Mi 3

• H4 = La 3

   Bien évidemment, la liste ne s’arrête pas là. Le nombre d’harmoniques est infini mais leur amplitude décroît au fur et à mesure des multiples de la note fondamentale.

   Sur une guitare, il est possible de réaliser plusieurs types d’harmoniques : les harmoniques naturelles et artificielles. Vous le savez, pour jouer différentes notes à la guitare, il faut faire varier la longueur de la corde pincée entre notre doigt et le chevalet en se déplaçant de case en case sur le manche. De cette façon, plus on ira vers le bas du manche, plus la portion de la corde diminuera et plus le son sera aigu. Eh bien, pour produire des harmoniques, il faudra se servir de la longueur totale de la corde et créer ce que l’on appelle des « nœuds harmoniques » à des endroits spécifiques pour provoquer les notes harmoniques correspondantes.

Mais avant de vous embrouiller davantage l’esprit avec de la théorie, je vous invite à découvrir comment réaliser cela en pratique ! 😉

II. LES HARMONIQUES NATURELLES

1. LA TECHNIQUE POUR JOUER LES HARMONIQUES NATURELLES

   Dans la théorie, il existe une multitude d’harmoniques liées à une note fondamentale. Or, plus on double la fréquence de cette note pour trouver les harmoniques existantes, moins il sera possible de discerner ces dernières en terme de volume sonore. D’ailleurs, plus on cherchera à jouer des harmoniques très aiguës, plus il faudra être précis dans la façon de jouer. C’est pour cela qu’il n’existe que 7 positions d’harmoniques que l’on peut réaliser et seulement 5 que l’on peut indiquer sur une partition/tablature.

   Rappelons-le, pour jouer une note à la guitare, il faut appuyer son doigt dans une case en se rapprochant le plus de la frette suivante afin que le son ne « frise » pas. Pour jouer une note harmonique, ce sera un peu différent : il faudra seulement effleurer la corde mais, cette fois, pas au-dessus de la case, mais au-dessus de la frette métallique comme sur la photo ci-dessous :

Ainsi, les 5 positions que l’on peut définir sont :

La frette 12, qui sépare la corde en sa moitié : on obtiendra l’octave ;

La frette 7, située au tiers de la corde : on obtient la quinte au-dessus de l’octave, ou « 12ème» ;

La frette 5, située au quart : on obtient la note fondamentale à 2 octaves au-dessus ;

La frette 4, située au 1/5ème de la corde entière : on obtiendra la tierce Majeure au-dessus ;

La frette 3, située au 1/6ème, qui nous donne la quinte encore au-dessus.

   Voici un tableau récapitulatif des différentes harmoniques naturelles que l’on peut produire à partir de 6 cordes d’une guitare en accordage traditionnel :

2. L’ACCORDAGE : UN DÉRIVÉ DE L’UTILISATION DES HARMONIQUES NATURELLES :

   Il existe plusieurs techniques pour accorder sa guitare. Pour les débutants, l’accordeur standard est la meilleure solution. Mais une oreille musicale sera néanmoins indispensable pour que sa guitare soit accordée au mieux possible.

   Dans ce cas, il vous est alors tout à fait possible d’accorder votre guitare à l’oreille en ayant au préalable accordé ne serait-ce que la corde de MI grave (ou celle que vous voulez !).

   Pour ce faire, vous devez donc trouver les notes équivalentes à vos cordes à vide sur les autres cordes. Par exemple, jouer en case 5 sur la corde de MI grave nous donnera un LA, soit la note de la 2nde corde jouée à vide. En jouant ainsi ces deux cordes en maintenant la case 5 sur la corde de MI, nous devrions obtenir un son uniformément homogène. De cette façon, il sera facile de savoir si la corde que l’on veut accorder est juste : si elle ne l’est pas, une oscillation désagréable se fera entendre, c’est ce que l’on appelle le battement. En voici un exemple :

Identification d'un "Battement" entre les Fréquences

   Cependant, le problème avec cette technique est que, lorsque l’on appuiera sur une case pour produire une note de façon « classique », la distance séparant la corde du manche – quelques millimètres – faussera la hauteur de la note car la corde devra être plus tendue que lorsqu’elle est au repos total. De plus, il faudrait appuyer sur la corde de la façon la plus verticale possible pour garder au maximum la justesse de la note. Si vous décalez la corde ne serait-ce que d’un millimètre vers la gauche ou vers la droite, la hauteur sera également faussée et cet artefact sera d’autant plus important en vous déplaçant vers le haut du manche – vers les notes aiguës.

   Bien entendu, on peut aller loin pour enculer les mouches… Mais il est quand même important de bien prendre compte ces deux facteurs ! 😉

   C’est donc là que la maîtrise des harmoniques devient intéressante. Lorsque l’on joue une note harmonique, il suffit d’effleurer la corde que l’on veut jouer sans se soucier de la déformation qu’elle subira en hauteur et en largeur. Cependant, comme il n’existe pas une infinité d’harmoniques que l’on peut jouer sur une guitare, la difficulté va être de repérer celles qui vont produire les mêmes notes que toutes les cordes à vide, ou du moins qui s’en rapprochent.

   Mais ne vous inquiétez pas, vous êtes au bon endroit, je suis là pour tout vous dévoiler😉

   Voici deux schémas récapitulatifs pour vous indiquer à chaque fois sur quelles frettes appuyer pour obtenir la corde suivante, en appuyant de façon classique ou en utilisant les harmoniques :

Pour retrouver ces notes correspondantes, il suffit de venir se référer au tableau :

3. QUELQUES EXEMPLES…

Voici quelques exemples de morceaux ayant utilisé les harmoniques naturelles :

• Addicted / Crazy – Simple Plan (Intro)

• Welcome To The Black Parade – My Chemical Romance (2’06)

• Citizen Erased – Muse (Intro)

• Head Over Heels – Accept (Intro)

• Buried Myself Alive – The Used (Couplets)

III. LES HARMONIQUES ARTIFICIELLES

1. LES DIFFÉRENTES CATÉGORIES D’HARMONIQUES ARTIFICIELLES

   À l’inverse des harmoniques naturelles, il existe plusieurs types d’harmoniques artificielles et, du coup, plusieurs techniques pour les exécuter. Néanmoins, bien qu’il soit quand même possible de les jouer sur une guitare acoustique, le rendu recherché pour la plupart d’entre elles ne pourra être atteint qu’en utilisant une guitare électrique avec un son très saturé, tel celui de la guitare de Phil Demmel (Machine Head) ou de Marty Friedman (Megadeth). Voyons en détail les 3 types d’harmoniques artificielles que l’on peut rencontrer :

A. LES HARMONIQUES NATURELLES “DÉCALÉES”

   Vous vous demandez sûrement ce que je veux dire par là… Eh bien, en fait, c’est très simple. Si vous essayez de jouer une harmonique naturelle sur la frette n°18 de la corde de Sol, par exemple, vous n’obtiendrez aucun résultat. En revanche, si quelqu’un appuie sur la case 6 de cette même corde (Do#) avant que vous ne jouiez l’harmonique sur la frette n°18 (ou que vous utilisez un capodastre en case 6, ce qui peut être plus pratique… 😁), alors cette fois vous obtiendrez une belle harmonique qui sera… l’octave de la note jouée à la case 6, soit un Do# aigu car 6 + 12 = 18 !

   Vous l’aurez compris, comme les cases d’une guitare rétrécissent au fur et à mesure que l’on monte sur le manche, le rapport entre les notes et la longueur de la corde jouée reste toujours le même. (Merci les maths ! 😉)

   Ainsi, jouer une harmonique naturelle 12 cases plus haut qu’une autre note reviendra toujours à jouer son octave, quelle que soit la case préalablement jouée. Il en sera de même pour les harmoniques jouées 7, 5 ou 4 frettes au-dessus.

   Le problème, c’est que nous n’avons que 2 mains pour, à la fois, appuyer sur la case de départ, effleurer la frette de l’harmonique que l’on veut jouer et enfin gratter la corde. La solution à adopter est donc d’appuyer sur la première case avec la main gauche (pour les droitiers), de placer l’index de sa main droite au-dessus de la frette qui provoquera l’harmonique et de gratter la corde avec le pouce ou l’auriculaire, suivant comment vous le sentez :

B. LES HARMONIQUES TAPÉES

   Un petit dérivé de l’harmonique que je nomme « décalée » est l’harmonique artificielle tapée. La différence réside dans le fait qu’il n’est pas nécessaire de jouer avec deux doigts avec la main droite : il suffira de taper le plus vite possible sur la frette provoquant l’harmonique pour stimuler la corde. Avec la distorsion que vous aurez rajoutée sur votre ampli, la corde vibrera en ayant été effleurée un court instant sur son nœud et provoquera d’elle-même l’harmonique.

Cette technique a beaucoup été mise en valeur grâce au grand (très grand) Eddie Van Halen.

C. LES PINCHED HARMONICS (OU HARMONIQUES SIFFLÉES)

Mais qu’est-ce que c’est donc c’est quoi ça ?

Mais qu’est-ce que c’est donc c’est quoi ça ?

   En fait, vous connaissez déjà la réponse ! 😉Ces harmoniques artificielles-là sont les plus utilisées dans le milieu du Rock, HardRock et Métal. Vous avez d’ailleurs sûrement dû les écouter assez souvent en écoutant, pour reprendre l’exemple précédent, des solos de Van Halen, ou de Zakk Wylde.

   Ces harmoniques-là demandent une plus grande maîtrise de technique et sont donc les plus compliquées à faire sonner. Mais, ne vous inquiétez pas, avec un peu d’expérience, vous y parviendrez assez rapidement. 😉

   Le principe est le même que pour les harmoniques vues précédemment : pour faire sonner une harmonique sifflée, la corde doit être effleurée à quelques endroits précis pour obtenir des octaves, quintes ou tierces beaucoup plus aiguës.

   Mais, cette fois-ci, tout se passe au niveau de la main droite (toujours pour les droitiers) : juste après avoir gratté votre corde au médiator, vous devrez l’effleurer avec la chair de votre pouce. Pour cela, votre médiator ne devra dépasser que très peu entre vos doigts afin que le contact se fasse le plus rapidement possible après le grattage de la corde. C’est ce contact avec le pouce qui va venir créer l’harmonique.

   Pour commencer, entraînez-vous à gratter la corde normalement dans un premier temps puis de l’effleurer au même endroit avec le bord de votre pouce dans un second temps. Si vous n’obtenez aucun résultat et que la corde s’étouffe immédiatement, c’est que vous n’êtes tout simplement pas situé sur un nœud harmonique. Réessayez donc en vous déplaçant de quelques millimètres vers la gauche ou vers la droite jusqu’à ce que vous en trouviez un. 🙂

   C’est là toute la difficulté de la technique. En comparaison avec les harmoniques vues précédemment, il n’y a aucune frette sous notre pouce pour nous indiquer où nous positionner en fonction de la case jouée à la main gauche. Vous devrez donc chercher par vous-même et ressentir, au fur et à mesure, où se situent les nœuds harmoniques qui fonctionnent le mieux en combinant la position de votre main droite aux notes que vous jouerez à la main gauche.

   Une fois que vous en avez trouvé un ou deux, essayez donc de gratter et d’effleurer la corde avec votre pouce d’un seul geste. Ce dernier doit être rapide et vif, de telle sorte que le contact avec le pouce se fasse avant que la note normale ne résonne, ne laissant écouter alors que l’harmonique.

   Dans l’esprit, vous devez imaginer que vous voulez faire crier votre guitare en la « torturant ». Si vous êtes d’une nature pacifique comme moi ( 😁), essayez donc simplement de tenir plus fortement votre médiator et de « creuser » votre corde lorsque vous la jouez. Ne vous inquiétez pas, aucune des guitares de ce monde n’a été maltraitée en jouant de cette façon😉N’hésitez donc pas à extraire de la vôtre tout ce que vous pouvez en multipliant les effets. Vous verrez, elle saura vous le rendre. 😉Bien entendu, inutile de vous rappeler que la distorsion doit être au rendez-vous. 🙂

2. DES HARMONIQUES POUR DES EFFETS SYMPAS !

   Il faut le reconnaître : utiliser des harmoniques au cours d’un morceau, c’est super stylé🙂Mais si, en plus, vous y ajoutez des effets, le rendu final sera encore plus impressionnant ! Voici donc quelques techniques supplémentaires à rajouter à votre utilisation des harmoniques pour donner à votre entourage l’impression que vous êtes un vrai Guitar Hero ! 😉:

 

  • La pluie d’harmoniques : cet effet impressionnant n’est qu’un placebo puisqu’il est extrêmement simple à réaliser. Pour ce faire, effectuez un schéma classique et répétitif de hammer-ons et de pull-offs de façon rapide et énergétique sur n’importe quelle corde en faisant glisser le côté de l’auriculaire de votre main droite sur les cordes au niveau des micros. Faites cependant attention de ne pas trop appuyer pour ne pas étouffer les cordes, il faut simplement les effleurer.

PS : Vous pouvez également créer un effet un peu similaire mais en faisant glisser le médiator le long de la corde pendant que vous jouez votre schéma à la main gauche. On retrouve d’ailleurs cet exemple dans le solo de « Rock You Like A Hurricane » de Scorpions.

  • Le « Dive Bombing » façon Joe Satriani :

Pour réaliser cet effet, qui signifie littéralement « explosion plongeante », il faudra l’effectuer en deux temps :

1. Il faut d’abord jouer une corde à vide (de préférence la corde de MI grave ou la corde de LA pour donner un aspect plus grave) et abaisser fortement votre barre de vibrato ;

2. Effleurez ensuite l’harmonique de votre choix sur une corde plus aiguë en remontant cette fois le vibrato dans l’autre sens et en le faisant osciller une fois que vous êtes arrivés quasiment au maximum de ce que peut endurer votre guitare. L’effet sera particulièrement efficace si vous choisissez des harmoniques en 7ème, 5ème, 4ème case ou encore en-dessous.

  • Le « Screaming » à la Steve Vaï : pas étonnant de trouver le nom de ce guitariste lorsque l’on parle technique de guitare, puisque Joe Satriani a été le professeur de guitare de Steve Vaï lorsqu’il était jeune. D’après vous, l’élève aurait-il dépassé le maître ? N’hésitez pas à me faire part de votre point de vue en commentaire ! 😉

   En tout cas, pour faire crier votre guitare, exécutez la même technique que précédemment en supprimant la « descente aux enfers » créée avec l’abaissement du vibrato sur les grosses cordes. Si vous voulez retrouver le même son que Steve Vaï, choisissez alors d’utiliser les harmoniques situées sur les frettes 2 de la corde de MI grave ou 14 de la corde de SOL.

3. QUELQUES EXEMPLES…

     Étant donné que les harmoniques artificielles sifflées sont les plus couramment utilisées, voici un exemple de quelques musiques les utilisant à certains moments en particulier :

 

• The Other Line – Chunk ! No, Captain Chunk ! (1’20 – 1’27)

• Master Of PuppetsMetallica (5’51)

• Waking The Demon – Bullet For My Valentine (1’26)

• I Don’t Wanna Stop – Ozzy Osbourne (0’37)

• Beautiful Mourning – Machine Head (0’45)

 

   Voilà, j’espère avoir répondu aux attentes de tous ceux qui se posaient des questions sur les différents types d’harmoniques qu’il est possible de faire à la guitare. Sachez qu’il existe bien d’autres techniques pour créer des sonorités encore différentes. Il ne tient alors qu’à vous d’en faire la recherche et, qui sait, peut-être qu’un jour, vous développerez vous-même votre propre technique ! 😉

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LE SHUFFLE DANS LE BLUES : UN ESSENTIEL DE LA RYTHMIQUE

LE SHUFFLE DANS LE BLUES : UN ESSENTIEL DE LA RYTHMIQUE

LE SHUFFLE : UN ESSENTIEL DE LA RYTHMIQUE

I. QU’EST-CE QUE LE SHUFFLE ?

II. COMMENT LE JOUER ?

III. PLUS CONCRÈTEMENT…

  Avant d’expliquer ce qu’est le shuffle, venons-en… au Blues !

 

  En effet, le blues est un style particulièrement intéressant puisqu’il s’accorde parfaitement pour les guitaristes de tous niveaux. Que vous soyez un total débutant ou un expert chevronné de la 6 cordes, vous trouverez toujours l’occasion de vous faire plaisir sur un bon blues. 😉

 

  Il est d’ailleurs aussi simple de commencer à jouer dans ce style que de se perfectionner, puisqu’il n’est fondé que sur 3 accords différents qui sont modulables à souhait, de quoi apprendre correctement quelques accords de base pour les débutants et donner d’autres possibilités de jeu aux guitaristes professionnels. Et c’est pour cette raison qu’il est particulièrement utilisé lors des bœufs : tout le monde peut participer !

 

  Bon, mais revenons-en à notre shuffle.

I. QU’EST-CE QUE LE SHUFFLE ?

  Tout d’abord, rappelons-le, la musique est composée de deux choses complémentaires et indissociables : la mélodie et la rythmique. Et le blues n’y fait pas exception, et de loin ! (étonnant, non ?)

 

  Ainsi, pour jouer un bon blues, il faut savoir maîtriser les notes et le rythme. Eh bien, le shuffle est un des rythmes que l’on peut retrouver – et que l’on retrouve très souvent – dans le blues. 🙂

 

  Pour comprendre de quelle façon il est composé, intéressons-nous un tant soit peu à quelques notions théoriquesje vous rassure, ce sera court 😉 :

 

  Dans un premier temps, il est important de discerner la notion de mesure binaire et de mesure ternaire. Un rythme binaire est un rythme dont chaque battement – chaque temps – peut être divisé par 2 et, par logique, un rythme ternaire permet de décomposer chaque temps en 3 parties égales. Voici un petit schéma représentatif d’un rythme binaire en comparaison avec un rythme ternaire :

  Si vous voulez en connaître davantage sur les Bases de la Musique à la Guitare, je vous invite à télécharger gratuitement votre guide en cliquant ici.

  Il faut savoir que le binaire est le type de rythme le plus répandu dans le monde de la musique moderne, en Rock, Électro, Rap, Variété, Métal, etc.

  Voyons donc quelques exemples concrets de musiques utilisant, d’une part, le binaire et, d’autre part, le ternaire :

  Maintenant que vous visualisez comment sonnent ces deux types de pulsations, vous allez pouvoir comprendre que le shuffle est en fait un rythme blues issu du ternaire ! Pour le jouer, il faudra jouer seulement le 1er et le 3ème battement de chaque temps :

  À l’origine, le rythme cyclique et bousculé du shuffle faisait référence au bruit d’une locomotive. D’ailleurs, le premier morceau originaire du swing shuffle est sans doute par évidence le célèbre Chatanooga Choo Choo. Dans ce morceau, on peut distinguer les sifflets du train, le « tchou tchou » produit grâce à la pression de la vapeur, ce qui rappelle cet effet de rythme.

II. COMMENT RÉALISER UN BON SHUFFLE ?

  Bon, maintenant que vous voyez comment créer un shuffle, voyons de quelle façon il faudra le jouer lorsque vous le rencontrerez dans des morceaux.

 

  En réalité, bien que ce soit un rythme créé à partir du ternaire, il est utilisé au sein de morceaux utilisant une pulsation binaire.

 

Non, ne fuyez pas comme ça ! Je vais vous expliquer 😉

 

  En musique, il est possible de (presque) tout faire. Si l’on veut exécuter un rythme ternaire au sein d’une pulsation binaire, il est tout à fait possible de le faire, tout comme réaliser un rythme binaire au sein d’une pulsation ternaire. Cela signifiera que, pour un nombre de temps défini, le rythme joué par l’instrument sonnera ternaire alors que le rythme de l’accompagnement joué par la batterie, la basse et les autres instruments restera binaire (donc divisibles par 2).

 

  Prenez le cas du solo de fin de « Fade To Black » du groupe Metallica. Au début de ce solo, entre 5’25 et 5’33, vous remarquerez que les notes sont jouées d’une façon plus « bousculée » qu’ailleurs dans le morceau :

  Elles sont jouées avec un rythme que l’on nomme « triolet ». Un triolet permet ainsi de jouer de façon ternaire au sein d’une pulsation binaire. À l’inverse, un duolet permet de jouer un rythme de façon binaire à l’intérieur d’un morceau possédant une pulsation ternaire. Voici à quoi ressemblent ces petites bêtes :

  Si vous maîtrisez quelques bases théoriques, vous devez savoir que dans la plupart des morceaux (en fonction de la signature rythmique) un temps peut être écrit avec :

– 1 noire ;

– 2 croches ;

– 4 double-croches ;

– etc.

  Mathématiquement, dans une pulsation binaire, le trioletcomposé de 3 croches – aura la même valeur que 2 croches simples. De même, un triolet de noires – composé de 3 noires – aura la valeur rythmique de 2 noires :

  Eh bien le shuffle n’est ni plus ni moins qu’une série de triolets de croches dont on a extrait les notes du milieu :

  Le petit symbole entre les notes est un silence et s’appelle un demi-soupir. Comme il possède la même valeur rythmique que la croche, il ne faudra donc pas jouer pendant cette valeur de temps.

 

  En réalité, à la guitare, la 1ère note de chaque triolet sera prolongée jusqu’à la 3ème. Comme la durée d’une croche au sein d’un triolet est assez courte, remplacer la 1ère croche et le demi-soupir par une noire2 demi-temps = 1 temps – est tout à fait envisageable et permet de mieux refléter le jeu des guitaristes. C’est pourquoi un morceau joué en shuffle sera écrit sans aucun triolet au cours du morceau mais avec une indication en début de partition qui permettra de comprendre qu’il faut jouer comme si 2 croches valaient un triolet de croches :

  Cette indication de « Triplet Feel 8th » signifie littéralement que l’on doit ressentir un sentiment de « Triplet », ou « Triolet » sur 8 croches – 8 croches étant équivalent à 4 noires, soit 4 temps dans le Blues/Rock traditionnel au sein d’une mesure. On parle grossièrement de « croches swinguées ».

III. LE SHUFFLE, PLUS CONCRÈTEMENT…

  Voilà un petit exemple vidéo pour vous montrer la différence entre un Blues qui n’utilise pas le Shuffle et un autre, plus lent, qui l’utilise. Je vous ai indiqué les tablatures en dessous afin que vous puissiez suivre au fur et à mesure. 🙂

1. EXEMPLE DE RYTHME NON-SHUFFLE :

1. EXEMPLE DE RYTHME NON-SHUFFLE :

2. EXEMPLE DE RYTHME SHUFFLE :

2. EXEMPLE DE RYTHME SHUFFLE :

  Cliquez sur les images pour les voir en plus grand ou pour les télécharger si vous le souhaiter. 🙂

  Vous pouvez retrouver d’autres vidéos explicatives sur YouTube sur ma chaîne en cliquant ici.

 

  Voilà, vous avez maintenant toutes les indications pour réaliser un bon shuffle. À vos grattes ! 😀

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DÉBUTER AU PIANO VS. DÉBUTER À LA GUITARE

DÉBUTER AU PIANO VS. DÉBUTER À LA GUITARE

DÉBUTER AU PIANO

VS.

DÉBUTER À LA GUITARE

     Vous voulez débuter la guitare ou le piano mais vous hésitez entre les deux ? Vous ne savez pas lequel des deux donnera le plus de résultats satisfaisants à court terme puis à long terme ? Quelles difficultés rencontre-t-on, que l’on débute ou que l’on approfondisse son apprentissage et quelles sont les solutions pour y remédier ? Voici donc un article conçu rien que pour vous afin de répondre au mieux à toutes ces questions. 😉

 

A. DÉBUTER LE PIANO

 

     Commençons par le piano. Cet instrument de 88 touches – dans sa conception originale – peut faire peur.

 

En effet, à quoi correspondent toutes ces touches, dans quel ordre faut-il les jouer, et comment utiliser nos 10 doigts pour arriver à créer quelque chose ?

 

     En fait, le piano est un instrument que tout le monde peut tester puisqu’il est très simple de créer une petite mélodie avec l’aide d’un musicien. Tout ce qu’il vous faudra faire, c’est arriver à mémoriser ce petit bout de mélodie et vous pourrez d’ores et déjà être satisfaits de ce que vous aurez appris. 😉

     En effet, pour produire un son sur un piano, il ne suffit que d’appuyer sur une touche à la manière d’un clavier d’ordinateur ! Bon, les pianistes crieront à l’hérésie en lisant ceci, et c’est vrai que jouer de la musique ne pourra jamais se comparer à un texte tapé machinalement sur un clavier d’ordinateur. 😁 Mais la personne qui n’a jamais touché un piano de sa vie trouvera autant de plaisir de jouer sur un vrai piano que sur un petit synthétiseur, alors que ces deux instruments ne peuvent pas non plus se comparer en terme de son, de toucher ou de capacités d’interprétation, etc. Voilà pourquoi le plus important est d’abord de réussir à créer cette petite mélodie pour que chacun puisse créer quelque chose, qu’il connaisse ou non la différence entre un triolet et une armure. 😉 Et, pour cela, le piano est extraordinaire !

     De cette façon, beaucoup de mes proches qui ont toujours voulu apprendre à jouer du piano m’ont demandé de leur apprendre une petite mélodie simple lors d’une soirée ou pendant quelque occasion que ce soit. 🙂 Le résultat est tel que, maintenant, quelques-uns d’entre eux prennent régulièrement des cours avec moi et certains aimeraient beaucoup en prendre si ils avaient plus de temps et de budget. 🙂

     J’incite donc tout le monde à s’essayer au piano. Vous verrez, il est extrêmement simple de trouver des petites mélodies simples pour commencer et il existe de multiples outils aujourd’hui pour y parvenir : YouTube, Synthesia, Flowkey, et plein d’autres ! D’ailleurs, si c’est votre cas, indiquez-moi dans les commentaires quel outil vous utilisez et vous pourrez ainsi en faire partager les autres lecteurs. 😉

 

B. APPROFONDIR l’APPRENTISSAGE DU PIANO

 

     Commencer à jouer du piano est une chose. Évoluer, progresser et augmenter la difficulté en est une autre. En effet, au piano, il est aussi simple de commencer qu’il est difficile de progresser et ce, car le solfège est la base de tout pianiste qui se respecte – mis à part peut-être pour John Lennon ou Pascal Obispo qui n’ont jamais appris le solfège… – mais bon, ce n’est pas le cas de la plupart d’entre nous ! 😁 Une base théorique est donc nécessaire pour progresser rapidement, ne serait-ce que pour déchiffrer seul une partition.

     Cependant, il existe d’autres méthodes pour apprendre le piano sans passer par le solfège mais celles-ci possèdent plus d’inconvénients que d’avantages : le logiciel Synthesia, par exemple et pour ne citer que lui.

     Le concept proposé par ce logiciel est de jouer de la même façon que dans Guitar Hero, en jouant les notes au bon moment lorsqu’elles atteignent le clavier. L’inconvénient principal est qu’il est compliqué de mémoriser toutes les notes pour les rejouer après, sans le logiciel. La meilleure méthode est donc encore d’apprendre les bases de la théorie musicale.

     Mais rassurez-vous, le solfège n’est pas la bête noire que tout le monde s’imagine ! 😉 En réalité, pour connaître l’essentiel du solfège, seulement quelques mois de cours sont nécessaires, et non des années comme on aurait pu vous le faire croire. Mais vous pouvez gagner encore plus de temps en téléchargeant gratuitement et dès à présent mon guide « Les Bases de la Musique au Piano et à la Guitare » en cliquant ici et qui vous permettra d’apprivoiser toutes les notions théoriques et d’apprendre, en bonus, quelques petites astuces pour construire vos premières gammes et vos premiers accords à la guitare et au piano🙂

 

1. APPRENDRE LA GUITARE

A. DÉBUTER LA GUITARE

 

     Si, pour le piano, jouer quelques notes reste extrêmement simple, eh bien, pour la guitare, c’est tout l’inverse !

     Alors, tout est relatif. Bien entendu, il  n’est pas insurmontable de pouvoir jouer quelques notes par-ci par-là à la guitare si vous n’en avez jamais fait auparavant. Mais il est plus compliqué, avec une main, de la tordre de l’autre côté d’un manche, d’y déposer un doigt et de gratter la corde correspondante avec l’autre main. D’autant plus que si vous mettez du temps à bien positionner vos doigts, vous devrez appuyer plusieurs fois et longtemps sur les cordes, ce qui peut vite provoquer des douleurs au niveau de la pulpe des doigts qui n’est pas habituée à recevoir autant de pression à cet endroit par une corde métallique – ou en nylon pour les guitaristes classiques, mais même en nylon, une petite douleur peut se faire sentir au bout du doigt.

     De plus, les enfants entre 4 et 6 ans peuvent avoir des doigts très faibles qui peuvent les empêcher d’appuyer correctement sur les frettes, ce qui peut être problématique.

     Débuter la guitare peut donc être compliqué au début. Le tout est donc de ne pas abandonner tout de suite…

 

B. APPROFONDIR l’APPRENTISSAGE DE LA GUITARE

 

     … Et justement, vous aurez tout à y gagner à ne pas abandonner en si bon chemin ! Si débuter la guitare peut être compliqué, progresser rapidement l’est beaucoup moins en proportion.

 

C’est donc le fonctionnement inverse de l’apprentissage du Piano !

     Et, en effet, une fois que vous maîtriserez les positions de vos mains et leur coordination, vous apprendrez beaucoup plus facilement la plupart des morceaux qui se présenteront à vous.

     Réalisez bien que la plupart des accords qui sont joués aujourd’hui dans le Rock, le Folk, le Punk ou le Blues se ressemblent beaucoup entre eux et que tout n’est qu’une question de rythme, de réglage d’ampli – pour gérer un son avec plus de distorsion qu’un autre, plus de réverb, d’écho, etc. – et d’autres facteurs qui font partie du jeu d’un guitariste sans que votre technique n’en soit affectée.

     Ainsi, une fois que vous aurez appris l’ensemble des accords standards, j’aurai envie de dire que vous êtes tranquille pendant un moment ! 😁 De même, téléchargez mon guide afin de retrouver quels sont ces accords et comment les former. 🙂

     De plus, de la corne aura commencé à se former au bout de vos doigts si vous pratiquez régulièrement, ce qui diminuera votre douleur au fur et à mesure des jours.

     Enfin, afin de déchiffrer des morceaux de guitare, il existe une méthode beaucoup plus simple qui permet de jouer n’importe quel morceau sans connaître une once de solfège : la Tablature. Vous pourrez également retrouver ce point dans mon guide afin d’en connaître un peu plus sur ce sujet. 🙂

 

     Voilà, j’espère que cet article vous aura aidé à vous décider sur l’instrument de votre choix.

     Gardez à l’esprit que, grâce au solfège, vous serez toujours efficace, que vous jouiez seul, en groupe, en studio ou que vous composiez et qu’après avoir appris un instrument, les capacités musicales que vous aurez développées pourront vous servir pour apprendre beaucoup plus facilement n’importe quel nouvel instrument. 😉

     En attendant, je vous invite à partager cet article s’il vous a plu et à me dire en commentaire vers quel instrument vous vous êtes orienté et pour quelle(s) raison(s). 😉

     À bientôt sur le blog, et n’oubliez pas : vive la musique ! 😀 

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