3 CLÉS POUR PROGRESSER DANS SON INSTRUMENT 🗝🗝🗝

3 CLÉS POUR PROGRESSER DANS SON INSTRUMENT 🗝🗝🗝

3 CLÉS NON ENSEIGNÉES POUR PROGRESSER DANS SON INSTRUMENT 🗝🗝🗝

3 CLÉS NON ENSEIGNÉES POUR PROGRESSER DANS SON INSTRUMENT 🗝🗝🗝

   Lorsque vous recherchez sur des forums, des blogs ou autres sites en tout genre comment faire pour progresser miraculeusement rapidement dans son instrument, vous tombez souvent sur :

« Prenez des cours avec un professeur » ;

 « Pensez à travailler lentement et par étapes » ;

Ou encore :

 « Travaillez encore et encore, ça finira par rentrer au bout d’un moment ! »

   Alors, bien sûr, tout ceci est plus que vrai, d’autant plus que j’en parle souvent dans mes articles comme « 10 Résolutions Pour La Nouvelle Année En Tant Que Musicien Et Professeur De Musique » ou encore « Dépasser Ses Limites » qui sont, en soi, des articles idéaux de carnaval d’articles puisqu’ils permettent d’aborder d’un point de vue assez généraliste l’apprentissage de la musique. 🙂

Vous penserez sûrement que je suis en train de me tirer une balle dans le pied ? Voyons, quelle idée ! 😉

   En réalité, j’ai aujourd’hui l’intention d’aborder pour vous 3 points clés qui sortent de l’ordinaire et qui vous permettront de mieux progresser dans votre instrument à la façon d’un musicien et non d’un « élève ». 😉

I. DISSOCIEZ TRAVAILLER ET JOUER

   Tout d’abord, une règle très importante à respecter est qu’il faut savoir faire la différence entre travailler et jouer pour le plaisir. Ce sont deux choses différentes.

   En effet, on joue principalement pour se faire plaisir, pour écouter la musique que l’on est capable de produire grâce à nos 10 doigts et à nos années d’expérience. On joue pour s’évader, le temps d’un morceau, et laisser de côté ses problèmes. En conclusion, on joue pour la musique telle qu’on l’aime, dans toute sa beauté et sa grandeur. 🙂

   Or, avant d’être capable de jouer pour soi, il faut savoir apprendre comment jouer et passer par des phases de travail.

A. LA PHASE DE TRAVAIL

   Tout d’abord, une règle très importante à respecter est qu’il faut savoir faire la différence entre travailler et jouer pour le plaisir. Ce sont deux choses différentes.

   En effet, on joue principalement pour se faire plaisir, pour écouter la musique que l’on est capable de produire grâce à nos 10 doigts et à nos années d’expérience. On joue pour s’évader, le temps d’un morceau, et laisser de côté ses problèmes. En conclusion, on joue pour la musique telle qu’on l’aime, dans toute sa beauté et sa grandeur. 🙂

   Or, avant d’être capable de jouer pour soi, il faut savoir apprendre comment jouer et passer par des phases de travail.

   En revanche, si vous pensez que vous manquez de notions de solfège pour aller plus loin dans la compréhension même de la musique et que, sans ça, vous n’arriverez jamais à calculer les intervalles et ainsi à développer votre oreille relative, n’hésitez plus à télécharger mon guide sur les Bases de la Musique au Piano et à la Guitare qui reprendra pour vous et avec la plus grande simplicité tous les principes les plus fondamentaux de la musique… Et tout ça, avec beaucoup d’illustrations graphiques en complément ! 😉

B. L’UTILITÉ DE JOUER POUR SOI

   Bon mais, après l’effort, le réconfort ! En effet, il faut savoir relâcher la pression et s’accorder des moments de plaisir pour clôturer la séance de travail sur un bon point. C’est comme si vous arrêtiez de courir d’un seul coup et que vous ne preniez pas le temps de marcher lentement puis de vous étirer avant d’aller vous doucher.

   Eh bien, lorsque l’on travaille son instrument, c’est la même chose ! Une fois la séance de « travail » terminée, accordez-vous – si le temps vous le permet – une pratique plus ludique de votre instrument sur un morceau que vous aimez particulièrement écouter et jouer. Ainsi, vous évacuerez toute la pression et, inconsciemment, vous associerez les prochaines séances de travail comme étant assez ludiques par le fait que vous les finirez par l’exécution d’un morceau que vous appréciez. 🙂

   Mais la difficulté est bien de faire la part des choses entre le travail et la pratique par plaisir ! Il faut s’empêcher au maximum de commencer sa séance de travail par un morceau que vous aimez si vous n’avez pas à le travailler ! Hélas, bien que cela soit plaisant – et j’en sais quelque chose 😉, vous allez perdre tout votre temps et votre énergie dans ce morceau et vous n’aurez plus rien pour le morceau que vous devrez réellement travailler.

Faites donc attention de ne pas mélanger le travail et le loisir : c’est une des clés de la réussite. 🙂

II. OSEZ SORTIR DE VOTRE ZONE DE CONFORT

« On n’apprend bien que par soi-même dans le miroir des autres. Seul, tu es condamné à la réclusion, à la solitude mortelle. »

« On n’apprend bien que par soi-même dans le miroir des autres. Seul, tu es condamné à la réclusion, à la solitude mortelle. »

   Cette citation de Dugpa Rinpoché peut aussi se traduire par « On n’apprend pas mieux qu’en expérimentant par soi-même. » 😉

A. SORTEZ DE CHEZ VOUS !

   Et en effet, si vous souhaitez avancer, évoluer dans votre apprentissage, n’hésitez pas à sortir, échanger avec d’autres musiciens, découvrir la façon dont eux voient la musique et la travaillent. Comme le dit très bien le proverbe, rester seul chez vous ne vous mènera qu’à vous renfermer sur vous-même.

   La première des solutions est bien entendu de prendre des cours avec un professeur pour que vous appreniez la musique et la maîtrise de votre instrument en dehors des 4 murs de votre chambre. De plus, cela vous permettra de découvrir ce qu’il en est d’apprendre la musique par l’intermédiaire de quelqu’un puis par vous-même, comme si vous étiez autodidactelorsque vous êtes chez vous à travailler pour le prochain cours.

   Mais vous pouvez, en complément et sans remplacer totalement le fait de sortir de chez vous, vous inscrire sur des groupes Facebook ou d’autres réseaux sociaux pour échanger avec toute une communauté de musiciens simplement depuis votre ordinateur ! Vous pouvez ainsi faire des vidéos de vous et les partager pour recevoir des conseils de musiciens plus expérimentés. C’est également un excellent moyen pour ce qui suit…

B. DÉVELOPPEZ VOTRE CONFIANCE EN VOUS

   Eh oui, pour progresser, vous devez, d’une part, prendre du plaisir à jouer mais, d’autre part, être confiant dans ce que vous êtes capable de faire en fonction de votre niveau d’apprentissage et de votre expérience.

   Et, pour cela, rien de tel que de se mettre des petits défis tels que les vidéos dont je parlais dans le point précédent !

   Mais il existe d’autres solutions : je parie que votre plus grande peur, si vous êtes un musicien débutant, est de devoir jouer en public, je me trompe ? 😉

   Alors vous allez pouvoir être rassuré : c’est tout à fait normal. 🙂
Maintenant, ce que vous allez faire, c’est commencer par prendre votre smartphone et d’ouvrir l’application qui s’appelle « Enregistreur Vocal » et, vous l’aurez compris… vous allez vous enregistrer ! 😀

   Vous pensez sans doute que c’est absurde. OK. Eh bien, testez donc par vous-même. 😉Je parie que vous allez faire plus d’erreurs que lorsque vous jouiez juste pour vous. 😉Mais si c’est le cas, alors cela signifie que vous êtes sur la bonne voie pour jouer en public !!

   Entraînez-vous donc le plus possible en vous enregistrant en même temps. De cette façon, vous resterez davantage concentrés sur les éventuelles erreurs que vous ferez, ce qui vous aidera à les travailler pour ne plus les reproduire en situation réelle, devant un VRAI public ! 😉

   Bien évidemment, dès que vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à vous donner concrètement en public ! Vous aurez sans doute honte de vous, amplifié par le fait que l’on ne vous aura pas demandé de jouer. Vous penserez que les gens pourraient vous critiquer en pensant de vous que vous êtes un vantard et que vous cherchez à vous faire remarquer. En réalité, seules les personnes jalouses réagiront de cette façon. Laissez-les donc jaser et continuez, car les autres personnes vous regarderont et vous écouteront avec attention et, après tout, c’est ça le plus important. 🙂

   Si vous êtes en train de lire cet article parce que vous êtes pianiste, je vous recommande alors de profiter des pianos qui se trouvent à disposition dans la plupart des gares de France et sur lesquels vous ne pouvez pas mieux faire que de jouer devant un public qui ne vous connaît pas, qui ne pourra pas vous juger sur qui vous êtes et qui ne vous écoutera probablement pas en raison du stress stagnant dans les gares ! Vous avez donc tout à y gagner. 🙂

   Et d’ailleurs, voilà votre défi : la prochaine fois que vous vous arrêtez dans une gare et que vous devez attendre au moins 10 minutes, dirigez-vous vers le piano – à condition qu’il soit libre bien sûr 😉– et jouez le morceau que vous avez fini d’apprendre dernièrement. Si vous avez réussi ce petit défi, indiquez-le en commentaire pour montrer aux autres lecteurs que vous en avez été capable et que, de cette façon, tout le monde peut le faire ! 🙂

   Si vous êtes guitariste, il vous sera facile de trouver une guitare acoustique dans une soirée et de l’emprunter pour faire un petit show ! Croyez-moi, l’occasion s’est présentée à moi des dizaines de fois, dont la dernière remonte à il y a quelques semaines seulement !

   Je parle de la guitare et du piano, mais tous les instruments sont de la partie, bien entendu ! Cependant, il sera sûrement plus compliqué de trouver un violon, une flûte traversière ou une batterie sur une plage plutôt qu’une guitare acoustique… Mais bon, on ne sait jamais ! 😁

C. INTÉGREZ UNE FORMATION MUSICALE

   Comme je l’ai souvent répété, trouvez d’autres musiciens autour de vous pour, en plus d’échanger avec eux, essayer de former un groupe. 🙂En effet, le travail de son instrument chez soi et dans un groupe est totalement différent !

   Lorsque l’on veut jouer chez soi, il s’agit du travail pur et dur de l’instrument tel que votre professeur vous l’aura enseigné ou tel que vous l’aurez trouvé grâce à Internet. Mais jouer en groupe va bien au-delà de tout ça ! Cela va vous demander d’écouter les autres, de vous adapter continuellement et de proposer vos idées d’arrangement ou de composition afin d’embellir au maximum votre production commune. On aborde donc les sujets de l’écoute et de la composition, ce qui est plusieurs pas en avant par rapport au solfège ou à la répétition des gammes. 😉

   En bref, pour résumer ces 3 points, n’hésitez pas à sortir de votre zone de confort, que ce soit en rencontrant davantage de nouvelles personnes dans la musique, en formant un groupe avec elles ou simplement en vous forçant au maximum à jouer en public ! 😉

III. ÉTENDEZ VOTRE STYLE MUSICAL

   Enfin, il y a un dernier point qu’il faut bien que vous compreniez afin de réellement progresser en musique.

   En effet, TOUS les plus grands musiciens de l’histoire, bien qu’appartenant à un style précis, écoutent ou ont écouté à un moment de leur vie des styles qu’ils n’auraient jamais pensé écouter un jour.

   C’est d’une importance capitale que de s’ouvrir au maximum de styles de musique qui existent, et ce pour plusieurs raisons :

• S’ouvrir à la culture d’un style de musique vous apportera énormément de connaissances musicales, en terme de composition, d’arrangement instrumental, de paroles et d’état d’esprit de la musique.

   Par exemple, si vous avez toujours été habitué à écouter de la Musique dite « Classique », vous aurez remarqué que l’état d’esprit qui plane dans les Conservatoires est assez scolaire, voire parfois froid avec des règles, des façons d’apprendre et des critères de sélection bien différents de ce que l’on peut trouver dans d’autres écoles issues d’autres styles.

   De plus, en Musique Classique, toute la musicalité de la musique doit être indiquée sur une partition pour que n’importe quel musicien qui sache lire ce langage puisse comprendre ce qu’il doit jouer. Or, dans une soirée bœuf Rock ou Jazz, la plupart des instrumentistes viennent sans partition. Ils jouent tous avec leur cœur avant toute chose et avec leurs oreilles en second lieu. Et ce parce que ceci est particulièrement lié à ces styles de musique.

   Alors, je m’excuse tout de suite auprès de la communauté de la Musique Classique puisque, et je le reconnais, il faut néanmoins une très bonne oreille pour pouvoir jouer dans une formation d’orchestre et jouer également avec ses émotions pour mieux ressentir et interpréter le morceau que l’on joue. Ce que je veux dire, c’est que, pour parvenir à ce stade d’interprétation, il faut dans un premier lieu maîtriser parfaitement le morceau sous son aspect théorique, ce qui implique plusieurs heures de travail. Ces heures de travail sont donc vouées au travail de l’instrument et non au ressenti des émotions que l’œuvre propose.

   Il est bien entendu normal que certaines émotions se fassent ressentir lorsque l’on déchiffre un morceau, notamment si il est très beau même à basse vitesse, mais 90% du travail de son interprétation finale s’assurera simplement après 100% de sa maîtrise technique. 🙂

Or, un morceau Jazz ou Rock sera beaucoup plus rapidement propice à être joué en groupe plutôt que seul, ce qui demandera presque dès le début d’apprentissage du morceau d’ouvrir ses oreilles et son cœur pour mieux ressentir la façon de jouer.

• Ensuite, vous ouvrir à d’autres styles de musique fait partie de votre carrière de musicien, car ce dernier doit posséder une grande ouverture d’esprit pour se promulguer « artiste ».

   Si vous restez dans votre bulle, cela reviendra au même que de rester chez vous, entre 4 murs, ce qui nous ramène à ce que je vous disais un peu plus haut : de sortir de chez vous pour ouvrir votre esprit ! Eh oui, tout est lié. 😉

   Mais si, en plus, vous maîtrisez les notions de pulsation, d’analyse harmonique et rythmique, d’armure et de tonalité, de modulations ou de cadences, exercez-vous à les analyser dans tout ce que vous entendrez et cela ne vous sera que plus bénéfique pour comprendre un nouveau style de musique, et donc pour l’apprécier davantage. Voilà pourquoi la plupart des musiciens apprécient la musique, quelle qu’elle soit. Par analogie, on pourrait parler d’un bon œnologue qui, même s’il n’aime que certains vins, les appréciera quand même tous car il connaîtra les différentes particularités de chacun, qu’il s’agisse de vins blancs, rouges ou rosés !

   Bon, je ne suis pas un grand amateur de vin, et encore moins d’alcool fort, mais bon, vous aurez compris le rapprochement que j’ai tenté de faire. 😁En tout cas, cherchez un autre domaine, et vous verrez que ce modèle s’applique partout ! 🙂

• Enfin, si vous êtes un vrai musicien, la découverte de nouveaux styles de musique doit être quelque chose de naturel chez vous.

   En effet, étant donné que vous êtes un passionné de la musique sous toutes ses formes, la découverte de nouvelles pratiquesnon non, pour ces pratiques-là, vous faites bien ce que vous voulez… 😉– et de nouvelles associations de sonorités doit vous intriguer et vous faire demander si vous ne pouvez pas vous en servir pour vos propres compositions ou pour intégrer les techniques que vous venez de découvrir dans d’autres morceaux de styles complètement opposés.

   Un exemple auquel je pense est notamment le Slap qui, à l’origine, étant une technique de jeu utilisée sur contrebasse, et non sur basse électrique. Or, aujourd’hui, cette technique s’est démocratisée grâce à de grands pionniers comme Larry Graham, Marcus Miller dans l’univers du Jazz Fusion puis jusqu’au Rock avec Michael Balzary, aussi nommé Flea, le bassiste des Red Hot Chili Peppers. 🙂

   Sur ce, appliquez bien tous ces conseils et vous en ressortirez en meilleur musicien qu’avant ! En réalité, en ayant lu cet article, vous avez déjà fait un premier pas vers votre propre amélioration personnelle ! 😉

À bientôt pour un prochain article les zikos !

   Vous pouvez également télécharger cet article au format PDF si vous souhaitez le consulter à tout moment ! Pour cela, cliquez simplement sur le bouton ci-dessous et téléchargez-le ensuite sur votre ordinateur ou sur votre smartphone ! 🙂

Pour laisser un commentaire, remplissez les champs requis et appuyez sur la touche “Entrée” de votre clavier.

10 ERREURS COMMISES PAR LES DÉBUTANTS À BANNIR ABSOLUMENT !

10 ERREURS COMMISES PAR LES DÉBUTANTS À BANNIR ABSOLUMENT !

10 ERREURS COMMISES PAR LES DÉBUTANTS À BANNIR ABSOLUMENT !

10 ERREURS COMMISES PAR LES DÉBUTANTS À BANNIR ABSOLUMENT !

   Quelle que soit l’activité artistique ou sportive que l’on souhaite commencer, il est indispensable de connaître les bases de son domaine et de ne pas prendre dès le début des mauvaises habitudes qu’il serait difficile d’oublier par la suite… et la musique ne fait pas exception à la règle !

   Voici donc un petit article récapitulant 10 erreurs qui sont commises par un bon nombre de débutants et qui empêchent de progresser rapidement.

1. L’OUBLI DU MÉTRONOME

   Ah qu’est-ce qu’on l’aime cette petite bête… Ou pas ! Et pourtant, il est extrêmement conseillé d’utiliser un métronome à chaque fois que vous déchiffrez un nouveau morceau, que vous soyez débutant ou professionnel. Il permet de décrypter plus facilement les passages plus « chargés » en notes ou en rythmes en nous indiquant exactement l’endroit où vont tomber ces notes. De plus, un débutant aura tout intérêt à l’utiliser afin de se familiariser avec la notion de pulsation et avec les différents rythmes existants – exemple avec les triolets, les syncopes et autres rythmes avancés. Enfin, ce petit outil permet de maintenir un tempo lent sans pouvoir laisser la possibilité d’accélérer lors du déchiffrage d’un nouveau morceau. Autant dire qu’il est plutôt utile. 🙂

2. UN MAUVAIS POSITIONNEMENT PAR RAPPORT À SON INSTRUMENT

   Perdre une mauvaise habitude avec le temps est une chose délicate. Et la posture vis-à-vis de son instrument ou le positionnement de celui-ci en fait partie. Peut-être vous dites-vous que ce n’est pas la première préoccupation à avoir, mais sachez que si vous commencez à jouer d’un instrument avec la mauvaise position et que vous la conservez avec le temps, alors vous aurez du mal à la rectifier le jour où un professeur de musique vous demandera de vous positionner correctement.

   Le problème d’un mauvais positionnement ? Vous allez le compenser naturellement en positionnant vos mains et vos doigts de telle façon que vous allez vous fatiguer rapidement. De plus, quand vous jouerez des morceaux rapides demandant dextérité et précision, cette mauvaise position de vos doigts entraînera des crispations inutiles supplémentaires à celles que rencontrerait un musicien professionnel sur un morceau technique en conditions optimales. Respectez donc à tout prix ce positionnement pour partir sur de bonnes bases. 🙂

   Je vous invite par ailleurs à télécharger gratuitement mon guide « Les Bases de la Musique au Piano et à la Guitare » dans lequel vous trouverez comment vous positionner correctement devant un piano. Pour la guitare, vous pouvez vous référer à l’article se référant ici.

3. VOULOIR BRÛLER LES ÉTAPES ET JOUER TROP VITE

   Un défaut que je retrouve très souvent chez certains de mes élèves est celui de vouloir jouer un morceau d’une traite et à vitesse maximale dès le moment où ils commencent à déchiffrer la partition. Ne le niez pas, vous le faites sûrement vous aussi ! 😉Moi, je l’avoue, cela a été mon cas durant mes premières années d’apprentissage du synthétiseur et ma prof me le rappelait bien. 😁

   Vous pouvez bien entendu directement déchiffrer votre morceau plus rapidement ou à 2 mains si vous en avez le niveau, mais il sera néanmoins important de ne pas faire du « yaourt » et de respecter proprement toutes les intentions de la partition. Et c’est dans ce cas-là que le déchiffrage lent est essentiel.

   Si vous ne prenez pas en compte toutes ces intentions dès le début du déchiffrage mais que vous jouez directement votre morceau à la vitesse maximale, vous allez le travailler en boucle en ayant dans l’oreille une mauvaise « visualisation » du résultat final. Vous pourrez peut-être le rectifier, mais ce sera plus délicat. Ainsi, en commençant par déchiffrer lentement puis en intégrant les intentions d’interprétation au fur et à mesure, votre cerveau assimilera ces dernières plus facilement et vous pourrez jouer votre morceau à la vitesse maximale sans avoir pris de mauvaises habitudes à ce niveau-là.

4. APPRENDRE PARALLÈLEMENT LA MUSIQUE À PARTIR DE LOGICIELS ET DE JEUX VIDÉOS

   Synthesia, RockSmith, voire même Guitar Hero, tous ces noms de logiciels et jeux vidéos vous disent sûrement quelque chose. En effet, vous avez peut-être déjà voulu apprendre la musique, un instrument ou des morceaux en particulier à partir de ces supports comme des millions de personnes. Et c’est tout à votre honneur.

  Cependant, vous avez dû vous rendre compte qu’il est plus ou moins facile de suivre une partition virtuelle sur un écran vous indiquant quoi jouer, mais qu’il est encore plus difficile de le jouer une fois l’écran éteint. Pourquoi ? Eh bien, tout simplement car, pour cela, vous devez faire appel à votre mémoire.

   Or, pour mémoriser un morceau de 2, 3 minutes voire plus, il vous faudra répéter encore et encore ce morceau jusqu’à pouvoir le jouer par cœur, sans vous aider de la partition sur les logiciels. Vous devrez donc savoir le jouer parfaitement dans un premier temps puis de le mémoriser dans un second temps, ce qui peut être plus ou moins long en fonction de la longueur du morceau, de sa difficulté, de votre niveau de maîtrise de l’instrument, ainsi que plein d’autres facteurs rentrant en compte.

   Je n’ai personnellement jamais pu apprendre à jouer un morceau de piano grâce à Synthesia ou RockSmith, et Guitar Hero ne reflète tout simplement pas la réalité de la guitare. En revanche, ces logiciels permettent de développer d’autres capacités comme la dextérité, la coordination des mains et des doigts ou la vitesse de traitement des informations pour les exécuter le plus rapidement possible. Comme je l’ai mentionné dans mon guide, j’ai d’ailleurs pu comprendre et assimiler les premières bases de coordination des mouvements en batterie grâce à Guitar Hero. Mais cela m’a pris énormément de temps et le résultat est tel que, de tête, je ne sais jouer qu’un rythme simple et répétitif dès que je me retrouve derrière une vraie batterie.

   Mon conseil à l’encontre de ces outils est donc de s’en servir à bon escient pour s’amuser ou pour d’autres raisons spécifiques, mais il est indispensable de savoir jouer d’un instrument avec une bonne vieille base musicale et de se référer aux méthodes traditionnelles qui sont encore aujourd’hui les plus efficaces – ou éventuellement d’apprendre à jouer à l’oreille, comme certains grands pianistes et guitaristes de l’histoire l’ont fait !.

5. NE PAS APPROFONDIR LES PASSAGES DIFFICILES

   Une des erreurs les plus courantes chez l’ensemble des pianistes est… de ne pas assez travailler ! C’est vrai que, comme ça, ça paraît assez logique… 😁Mais, en réalité, beaucoup de pianistes, débutants comme expérimentés, désirent jouer leur morceau le plus vite possible en privilégiant un rendu « qui passe » plutôt que de parfaire les passages contenant des petites imperfections. Et, en effet, il s’agit d’un travail délicat qui requiert rigueur et patience. On pourrait représenter cela sur un graphique, avec la courbe rouge représentant le temps de travail nécessaire à la réalisation partielle du morceau et la courbe jaune celui nécessaire à la correction des imperfections restantes :

   On s’aperçoit donc que cette seconde phase de travail est plus importante mais c’est elle qui vous permettra de faire ressortir toute l’intensité du morceau que vous interpréterez. Faites-vous donc violence et travaillez scrupuleusement pour ne pas bâcler votre œuvre. 😉

   Mais avant tout, le piano doit rester un plaisir. Ainsi, même si travailler dur est important, faire des pauses l’est tout autant. Pour cela, rejouez de temps en temps d’autres passages de votre morceau que vous maîtrisez ou un autre que vous affectionnez pour ne pas rester figés sur un endroit précis de votre partition. À vous de trouver l’équilibre entre travail et pauses qui vous correspond au mieux pour une meilleure efficacité🙂

6. NE PAS ÊTRE RÉGULIER DANS SA PRATIQUE D’INSTRUMENT

   C’est bien connu, si vous souhaitez progresser dans quelque domaine que ce soit, il faut faire preuve de rigueur et de régularité. Ainsi, en musique comme dans toute autre activité, une irrégularité trop prononcée dans la pratique d’un instrument vous empêchera de progresser efficacement.

   Même si ce point est davantage destiné aux musiciens débutants plutôt qu’aux plus expérimentés, 15min de pratique quotidienne est recommandée au minimum pour toujours progresser davantage et pouvoir atteindre les 40 morceaux déchiffrés par an nécessaires à votre progrès. (Pour plus de détails, vous pouvez vous référer à l’article « Comment développer le déchiffrage au piano ».)

   Il est d’ailleurs inutile de travailler son instrument pendant 4h par jour pendant seulement 3 jours puis, après, de ne plus y toucher pendant une semaine. Sachez donc vous octroyer un temps maximal par jour que vous êtes sûr de respecter pour travailler petit à petit et vous progresserez plus efficacement – 15 minutes par exemple. 🙂

7. DÉCHIFFRER DES MORCEAUX TROP DIFFICILES

   L’une des raisons pour laquelle beaucoup de personnes de plus de 10 ans souhaitent débuter un instrument est qu’elles souhaiteraient de tout cœur jouer tel ou tel morceau écouté chez un artiste ou dans un film. Rien de plus normal.

   Cependant, 90% de ces morceaux sont dits « modernes » et ne nécessitent pas la même approche que les morceaux issus de la Grande Musique – Classique, Romantique, etc. Ainsi, la plupart de ces morceaux ne paraissent pas compliqués à jouer mais requièrent quand même de maîtriser de solides bases qui ne sont pas forcément accessibles à tous.

   Par exemple, l’intro de « To Build A Home » de The Cinematic Orchestra n’est composée que de quelques accords plaqués sur un tempo très lent. On pourrait donc supposer que c’est simple et facilement réalisable par tout le monde dès le premier abord. Or, en regardant de plus près la partition, on se rend compte que celle-ci est composée de 3# à l’armure, que les rythmes présents à partir de la 3ème mesure ne sont pas forcément évidents et qu’il est bien entendu nécessaire de maîtriser la Clé de Sol et la Clé de Fa en accords ainsi que d’autres notions telles que les liaisons et les silences… Bref, un ensemble de petites choses qui peuvent vite nous faire baisser les bras si l’on n’y connaît absolument rien.

   Bien entendu, si vous avez plus d’un an de piano à votre actif, ce morceau vous paraîtra assez simple à jouer. En revanche, ne vous amusez pas à déchiffrer la Fantaisie Impromptue de Chopin si vous n’avez qu’un ou deux ans de pratique. Chacun doit respecter son niveau, pour la simple et bonne raison que de mettre une barre trop haute vous fera perdre toute motivation et ainsi toute chance de progresser définitivement.

8. MÉMORISER PAR CŒUR AU LIEU DE LIRE LA PARTITION

   Un problème que je retrouve souvent et qui est à mettre en relation avec le point n°3 est le suivant : beaucoup préfèrent mémoriser l’emplacement des doigts sur le clavier plutôt que de suivre les notes sur la partition. En effet, certains morceaux comme « To Build A Home » peuvent facilement être exécutés sans avoir recours à une lecture de partition puisque les accords ou les schémas rythmiques sont répétitifs tout au long du morceau, ce qui peut d’ailleurs en faire un morceau assez simple à jouer lorsque l’on débute… enfin, c’est ce que l’on pourrait croire, du moins.

   Évitez à tout prix de procéder de cette façon ! Au bout du compte, vous saurez peut-être jouer ce morceau en vous remémorant les notes sur votre clavier, mais vous ne saurez pas plus déchiffrer une partition qu’avant d’avoir commencé ce morceau, ce qui vous donnera d’autant plus de difficulté à en déchiffrer un nouveau.

   Il faut savoir se faire violence, et c’est malheureusement de cette façon que vous maîtriserez au mieux la musique. Mais vous verrez, en vous entraînant sur des morceaux assez simples, vous y parviendrez assez vite et, à terme, vous ne supporterez plus de jouer un morceau sans savoir où vous en êtes dans la partition. 😉

9. TRICHER AVEC LE SON DE L’INSTRUMENT

   Au piano comme à la guitare électrique, il est possible de « tricher » lorsque l’on apprend un morceau pour avoir l’impression que celui-ci sonne carrément bien même en étant très maladroit durant son déchiffrage. Une grande partie des musiciens qui connaissent ces méthodes les utilisent régulièrement, et c’est bien normal : lorsque l’on apprend un morceau, celui-ci ne ressemble pas à grand-chose au tout début. C’est donc tout naturel de vouloir écouter un semblant de résultat tout de suite qui nous donnera d’autant plus envie de continuer à le travailler. Or, si vous êtes débutants, vous ne les connaissez probablement pas… Peut-être ne devrais-je donc pas vous les dévoiler… 🤔😁

   Eh bien si, je vais quand même le faire ! Tout simplement pour que vous sachiez à quel moment vous êtes dans le faux ou dans le vrai lorsque vous travaillez votre instrument. 😉

  • Au piano, une fois que vous avez commencé à utiliser la pédale dans un, puis deux, puis dix morceaux, vous ne pouvez plus vous en passer. C’est tellement plus beau, plus « réverbéré », plus chaleureux et tellement plus simple à interpréter. De plus, elle permet de « noyer » toutes les petites erreurs. Pour vous en rendre compte, jouez donc un morceau que vous connaissez depuis un moment contenant de la pédale mais… n’y touchez pas. 😉Si vous avez bien travaillé vos doigtés et la propreté de votre jeu, alors tout devrait aller pour le mieux, mis à part de rajouter la petite touche finale qu’apporte la pédale pour l’interprétation. Cependant, si vous vous rendez compte que certaines notes sont hachées, un peu décalées les unes avec les autres ou que vous « trébuchez » par moment, alors cela veut dire que vous avez encore quelques détails à corriger… sans pédale ! 😉
  • À la guitare électrique, il existe un moyen de camoufler ses erreurs et petites imperfections de jeu à presque tous les coups : l’utilisation d’une distorsion très accentuée et d’effets supplémentaires.

   Vous ne pourrez vous en rendre compte que par vous-même. Poussez la distorsion de votre canal saturé à son maximum et écoutez… Oui, ça fait un beau larsen à peine que l’on retire les doigts du manche, je vous l’accorde. 😁Mais vous allez aussi pouvoir obtenir un solo digne des légendes du rock en faisant un yaourt monumental et en mast****** votre manche comme vous le souhaitez. Et ça, c’est du Rock. 😎🤘

   Plus sérieusement, si vous souhaitez écouter davantage la réalité de votre jeu pour l’améliorer, je vous conseille d’opter pour un son clean, grunge ou fuzz. Le son sera clinquant, clair et précis pour que puissiez savoir exactement ce que vous faites. Mais les effets de delay, wah-wah, reverb – au même titre que la pédale du piano – permettent également de tricher. Prenez par exemple le solo final de la chanson « Dani California » des Red Hot Chili Peppers. Il est joué avec une distorsion très poussée et wah-wah bien mise en avant qui donne l’impression qu’il joue comme un virtuose. Alors, même si John Frusciante est un excellent guitariste, il n’a pas non plus surpassé Yngwie Malmsteen sur ce solo et c’est bien la preuve que ce sont les effets de guitare qui permettent d’avoir le résultat final comme on le connaît si bien – à 4’26🙂

10. GARDER SES MAUVAISES HABITUDES

   L’ouverture d’esprit et la remise en question sont la clé pour réussir en ce monde. Eh bien, devinez quoi ? En musique c’est la même chose, oui. 🙂(Ça y est, vous commencez à connaître la chanson 😉)

   Vous vous êtes déjà sûrement demandés pourquoi les enfants de moins de 10 ans parvenaient à apprendre la musique plus facilement qu’un adulte de 30 ans ou de 50 ans. Eh bien, cela est dû en partie à 2 choses :

  • À cet âge-là, l’esprit est malléable et réactif à souhait. C’est d’ailleurs pour cette raison que les parents doivent faire découvrir de nouvelles activités dès le plus jeune âge de leur enfant pour voir ce qui lui plaît le plus et qu’il puisse apprendre très rapidement cette nouvelle activité.
  • Mais un enfant est – en général – également dépourvu d’étroitesse d’esprit, ne s’interroge pas autant que le ferait un quinquagénaire et peut intégrer très rapidement énormément de nouvelles informations. D’où le fait que l’éducation donnée à son enfant dès son plus jeune âge aura des répercussions sur le reste de sa vie.

   Il vous faut donc vous libérer de ce conformisme que vous avez toujours connu, dépasser vos habitudes et vous remettre sans cesse en question. Si vous répétez en boucle les mêmes mauvaises erreurs, alors vous n’arriverez pas à progresser et à attaquer des morceaux plus audacieux. Efforcez-vous donc de corriger toutes ces petites imperfections tant qu’il en est encore temps et votre progrès n’en sera que plus beau🙂

   N’hésitez pas à partager cet article s’il vous a plu. J’espère qu’il vous aura permis de savoir comment éviter le plus possible les petites erreurs les plus courantes et qui, à terme, peuvent avoir de lourdes répercussions sur le jeu d’un musicien.

À très bientôt pour un prochain rendez-vous musical sur le blog ! 🙂

   Vous pouvez également télécharger cet article au format PDF si vous souhaitez le consulter à tout moment ! Pour cela, cliquez simplement sur le bouton ci-dessous et téléchargez-le ensuite sur votre ordinateur ou sur votre smartphone ! 🙂

Pour laisser un commentaire, remplissez les champs requis et appuyez sur la touche “Entrée” de votre clavier.

COMMENT DÉVELOPPER LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 2/2

COMMENT DÉVELOPPER LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 2/2

COMMENT DÉVELOPPER

LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 2/2

COMMENT DÉVELOPPER

LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 2/2

   Soyez le bienvenue sur cette seconde partie de l’article « Comment développer le déchiffrage au piano ». Si vous êtes ici, c’est que la première partie vous a plu et que vous voulez en savoir plus. 😉Je vais donc reprendre là où je m’en étais arrêté et vous donner quelques astuces afin de déchiffrer un morceau le plus rapidement possible !

II. ASSIMILER RAPIDEMENT LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES D’UNE PARTITION : LA PREMIERE LUTTE POUR FACILITER LE DÉCHIFFRAGE

II. ASSIMILER RAPIDEMENT LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES D’UNE PARTITION : LA PREMIERE LUTTE POUR FACILITER LE DÉCHIFFRAGE

1. LES NOTIONS À PRENDRE EN COMPTE

1. LES NOTIONS À PRENDRE EN COMPTE

Retrouvez ce contenu en cliquant ici.

2. DÉVELOPPER LA LECTURE EN RÉFLEXE POUR UN MEILLEUR DÉCHIFFRAGE

2. DÉVELOPPER LA LECTURE EN RÉFLEXE POUR UN MEILLEUR DÉCHIFFRAGE

  Plus vous prendrez de temps pour lire les notes et plus vous vous épuiserez rapidement avant même de commencer à travailler le morceau sur votre clavier. En effet, cela vous demandera un effort cérébral supplémentaire, une endurance et une motivation davantage mises à l’épreuve, ce qui vous fera associer musique et supplice.

   Ce n’est donc absolument pas ce que nous recherchons et, pour remédier à cela, il n’existe qu’une seule solution : rendre le plus automatique possible la lecture des notes en Clé de Sol et Clé de Fa, tout comme vous l’avez appris avec le Français ou toute autre langue par la suite.

   De plus, de façon plus avancée, chaque petite hésitation de quelques millisecondes que vous aurez aura un impact sur le temps de réflexion total que vous mettrez à déchiffrer et jouer votre partition, si on prend en compte tous les éléments de la liste évoqués dans la partie précédente.

A. LA CLÉ DE SOL
A. LA CLÉ DE SOL

   Il vous faudra donc travailler dans un premier temps le lien entre les différentes notes – en Clé de Sol et de Fa – et votre clavier.

  Le mieux est de commencer par une maîtrise minimale de la Clé de Sol puisque la Clé de Fa se « calcule » à partir de cette première Clé. Néanmoins, il convient de commencer son entraînement le plus rapidement possible et non plusieurs mois après votre découverte de la Clé de Sol. Rappelez-vous, vous êtes pianistes. Vous devez en l’occurrence être capable de gérer énormément de choses à la fois. Commencez donc dès à présent. 😉

   Dites-vous bien que si je vous dis tout ça, c’est pour votre bien et pour que vous puissiez gagner en efficacité et apprendre à jouer le plus de morceaux le plus vite possible ! 😀

  Une fois que vous avez travaillé cette liaison entre les notes et votre clavier, accélérez peu à peu la lecture jusqu’à ce que vous puissiez lire couramment. Vous devez être capable de lire aisément à ♩= 120 – c’est-à-dire avec votre métronome réglé sur 120 en lisant une note à chaque battement. Enfin, pour valider intégralement votre maîtrise de la lecture musicale, travaillez la lecture d’accords en énonçant chaque note de ceux-ci de bas en haut et le plus vite possible, à défaut de ne pas pouvoir les dire en même temps – on est humain, tout de même !.

Une fois ce parcours d’entraînement effectué, apprenez-vous à jouer directement sur votre clavier toutes les notes et accords que vous croisez.

B. LA CLÉ DE FA
B. LA CLÉ DE FA

  La Clé de Fa est stigmatisée comme étant plus compliquée que la clé de Sol puisqu’elle est considérée comme « moins naturelle ». C’est en effet la Clé de Sol que l’on utilise principalement pour chanter une mélodie aiguë, avec des fréquences de notes se rapprochant de la voix des femmes, enfants et de quelques hommes au timbre plus aigu. C’est d’ailleurs le son d’une femme que l’on écoute en premier dans notre vie puisque l’on perçoit les résonances de la voix de notre mère lorsque nous sommes encore dans son ventre – à moins que vous ne soyez un hippocampe et là, évidemment, ça change tout 😜.

 

  De plus, la Clé de Sol est souvent plus simple à jouer puisqu’elle est affectée aux mélodies « chantées » d’un morceau qui sont souvent écrites sous forme de lignes mélodiques incluant des petits écarts de notes. A contrario, la Clé de Fa nécessite un plus gros effort de déplacement afin de gérer toute la partie accompagnatrice, incluant basse, accords, arpèges, tout cela participant à l’ambiance très accentuée du morceau. Voici par exemple un extrait de la Nocturne Op.9 n°2 de Chopin qui permet de visualiser parfaitement ces notions de lignes mélodiques pour la Clé de Sol à la main droite et d’accompagnements pour la Clé de Fa à la main gauche :

  Voilà, vous savez maintenant pourquoi la Clé de Fa n’est pas la Clé principale que l’on apprend dès le début. Pourtant, bon nombre d’instruments ne jouent qu’en Clé de Fa : Le Cor, le Trombone, le Tuba, le Basson, etc. Vous pourriez alors les vexer en disant que leur Clé n’est que secondaire. 😉

  Mais imaginons, si le monde aurait été tout autre et qu’elle aurait été plus utilisée que la Clé de Sol, elle serait alors devenue plus simple à lire que cette dernière – oui, je me pose des problèmes existentiels 😁. Mais si je vous dis ça, c’est pour vous faire comprendre que le passage de la Clé de Sol à la Clé de Fa n’est qu’une question de point de vue. Vous devez sans doute savoir que pour passer de la Clé de Sol à la Clé de Fa, il vous faut lire 2 notes au-dessus – ou une Tierce au-dessus. Si vous ne le saviez pas, alors dorénavant c’est fait. 😉Dans un monde parallèle, nous aurions alors très bien pu apprendre la Clé de Fa dans un premier temps puis redescendre de 2 notes sur la portée pour trouver son nom en Clé de Sol.

  Dites-vous alors que de savoir lire en Clé de Fa, c’est lire en Clé de Sol en visualisant l’interligne ou la ligne située juste au-dessus, rien de plus simple en soi !

Voici, par exemple, un Si en Clé de Sol :

   On remarque qu’elle est posée sur la troisième ligne de la portée. Si on écrit cette même note sur la portée de la Clé de Fa, il faudra alors visualiser la note écrite sur la ligne suivante, soit la quatrième ligne :

   Nous pouvons alors lire un Ré. Ainsi, la note posée sur la troisième ligne en Clé de Fa sera également un Ré. 🙂

Apprenez donc à visualiser ce saut de ligne et d’interligne le plus rapidement possible et vous deviendrez vite un as de la lecture en Clé de Fa !

C. LA MAÎTRISE DES ACCORDS

   La lecture d’accords est le plus compliqué puisqu’elle requiert de savoir lire communément chacune des deux clés et de citer les notes de l’accord assez rapidement. Il est possible de rencontrer des accords dont les notes sont empruntées de la Clé de Sol seulement, ou de la Clé de Fa seulement. Or, il arrive assez fréquemment qu’il faille commencer par des notes se situant en Clé de Fa et de terminer avec des notes en Clé de Sol, ce qui demande un effort supplémentaire à notre cerveau. Voyez par vous-même :

   Dans le premier cas, les accords – identiques – à jouer ne sont destinés qu’à la Clé de Sol alors que dans le second cas, l’accord de fin doit être joué sur les deux portées.

            Quoi qu’il en soit, il est compliqué de lire ces accords si l’on doit lire note à note. Le but va alors être de repérer visuellement l’intervalle se dessinant entre chacune d’entre elles. Ainsi, en partant de la première note, vous allez pouvoir deviner les suivantes.

• Dans le premier cas, vous pouvez voir que l’accord qui se répète commence par un Fa. Fa#, pour être précis, puisque l’armure du morceau est constituée de 6 dièses sur 7.

   PS : Si la notion d’armure vous est totalement étrangère ou que vous avez simplement besoin d’une petite piqûre de rappel, je vous invite fortement à télécharger gratuitement mon guide « Les Bases de la Musique au Piano et à la Guitare » en remplissant les champs de formulaire sur le côté ou en bas de cette page ou en cliquant ici.

   En visualisant que les notes suivantes sont situées sur les 2 lignes suivantes, on peut en déduire qu’elles sont situées à la Tierce et à la Quinte au-dessus – 2 notes et 4 notes au-dessus. De même, vous trouverez de plus amples connaissances sur les intervalles dans mon guide. 🙂La Tierce du Fa étant le La et sa Quinte étant le Do, il faudra jouer un accord de Fa#–La#–Do# – car le La# et le Do# sont également à l’armure.

• Pour le second exemple, la partie de l’accord jouée à la main gauche commence par un Fa et les notes suivantes sont la Quinte – 2 interlignes au-dessus, l’Octave et la Tierce de l’Octave, soit une Dixième. Les notes équivalentes seront alors : Fa – Do – Fa – Lab – Lab car le Lab est à l’armure.

   Il est impossible de lire les notes d’un accord simultanément mais il faut quand même savoir le faire en les nommant rapidement. La construction automatique des accords est simplement un supplément indispensable pour accélérer le déchiffrage.

II. CE QU’IL FAUT FAIRE (OU NE PAS FAIRE !)

II. CE QU’IL FAUT FAIRE (OU NE PAS FAIRE !)

   Tout le monde peut apprendre la musique de façon autodidacte. Attention dans ce cas-là à ne pas prendre de mauvaises habitudes que vous garderez par la suite et qui vous seront très difficile à perdre. C’est pour cette raison qu’un professeur de musique est toujours conseillé lorsque l’on commence la musique ou un nouvel instrument.

   Pour ce qui concerne le déchiffrage, je vais donc vous donner dès à présent une liste de 7 choses qu’il vous faut absolument adopter ou que vous ne devez pas faire pour y arriver au mieux sans prendre de mauvaises habitudes. C’est parti ! 😉

1. NE JAMAIS DÉCHIFFRER UNE PARTITION SANS LA METTRE DIRECTEMENT EN APPLICATION SUR VOTRE CLAVIER

1. NE JAMAIS DÉCHIFFRER UNE PARTITION SANS LA METTRE DIRECTEMENT EN APPLICATION SUR VOTRE CLAVIER

Il vaut mieux que vous vous rendiez compte immédiatement du résultat sonore que cela peut donner, et cela pour 2 raisons :

• En écoutant le son du piano, vous aurez la motivation de vous continuer à déchiffrer. Après tout, vous recherchez avant tout un résultat concret plutôt qu’un résultat théorique lorsque vous vous asseyez derrière votre piano. En ne faisant que lire les notes, vous aurez l’impression que la lecture devient interminable, ce qui nuit énormément à la productivité. 🙂

• Pour la première main, il faut que vous commenciez à avoir le morceau « dans les doigts » très rapidement pour pouvoir ensuite passer à la seconde main, pour accélérer la vitesse ou pour ne vous concentrer que sur l’interprétation, par exemple.

2. DIRE LE NOM DES NOTES LORSQUE VOUS LES JOUEZ

2. DIRE LE NOM DES NOTES LORSQUE VOUS LES JOUEZ

   Cette technique est très efficace pour développer l’oreille des débutants et leur visualisation des notes, suites de notes ou accords qu’ils sont en train de jouer. Elle permet également d’apprendre à faire deux choses à la fois, ce qui est obligatoire chez un musicien, et d’autant plus chez un pianiste. Plus vous saurez faire de choses simultanément, plus vous deviendrez apte à réfléchir et réagir rapidement en cas de manque d’anticipation, lors d’un déchiffrage de partition ou lorsque vous devrez porter votre attention sur autre chose, un musicien à qui vous seriez l’accompagnateur, par exemple.

   Il faut se dire que notre cerveau n’est jamais assez réactif. Développons alors ses capacités à leur maximum.

3. NE PAS ÉCRIRE LE NOM DES NOTES SUR LA PARTITION !

3. NE PAS ÉCRIRE LE NOM DES NOTES SUR LA PARTITION !

   En complément de ce qui a été évoqué dans le point précédent, sachez qu’il ne vous mènera à rien de bon de marquer le nom des notes en dessous de chacune d’entre elles une fois que vous les aurez déchiffrées une première fois.

   En effet, si votre cerveau aperçoit ne serait-ce qu’une lettre de la note dans son champ de vision, il ne fera plus autant d’effort pour ce travail de déchiffrage. Vous perdrez donc en efficacité et la prochaine fois que vous ferez cet effort sera le moment où vous déchiffrerez un nouveau morceau.

4. DÉCHIFFRER DE MANIÈRE RÉGULIÈRE

4. DÉCHIFFRER DE MANIÈRE RÉGULIÈRE

   La régularité est ce qu’il y a de plus important dans beaucoup de domaines, et pas seulement en musique. Et la pratique du déchiffrage n’en est pas exclue.

   Entraînez-vous à déchiffrer toujours de manière régulière, en évitant au maximum les saccades et les arrêts. Si vous n’y parvenez pas, alors réduisez encore la vitesse de votre métronome.

   D’ailleurs, certains passages vont être simples à jouer au premier coup d’œil et d’autres bien plus compliqués, voire directement impossible à jouer. Or, une uniformité de votre jeu au moment du déchiffrage est primordiale puisqu’elle obligera votre cerveau à jouer les notes de façon constante en fonction de la facilité ou de la difficulté qu’il aura à déchiffrer ces notes. C’est d’ailleurs un très bon exercice et une bonne habitude à prendre afin de travailler sa rigueur en musique et d’être, par la suite, précis sur la rythmique du morceau.

5. DÉCHIFFRER EN CONTEXTE AVEC L’ARMURE

5. DÉCHIFFRER EN CONTEXTE AVEC L’ARMURE

   On le sait tous. Lorsque l’on lit des notes, on fait toujours abstraction des différentes altérations que l’on rencontre. Or, pour reprendre ce qui a été dit dans le premier point, il vous faut toujours jouer les notes directement sur votre clavier lorsque vous les déchiffrez, en plus de les lire éventuellement oralement. Dans ce cas-là, les dièses, bémols et bécarres sont, bien entendu, à prendre en considération puisqu’ils font partie intégrante de la caractéristique de chacune des notes de la partition. Ne lisez pas forcément « Fa DIÈSE » de façon orale, cela est inutile. N’omettez tout simplement pas de le jouer comme étant un Fa# et, au bout de quelques Fa# rencontrés et dans le cas où il est à l’armure et non en tant qu’altération accidentelle, vous saurez que tous les « Fa » que vous prononcerez seront automatiquement des Fa#.

   Cela vous obligera également à travailler le lien entre l’armure, les tonalités et les gammes associées afin de réagir directement et d’altérer instinctivement les bonnes notes. Encore une fois, tout ceci vous sera détaillé dans le guide ! 😉

   Par exemple, si vous avez une armure composée de 2 bémols, vous savez donc que vous êtes en Sib Majeur ou en Sol mineur. Si le caractère de votre morceau vous paraît plutôt « joyeux », vous êtes donc en Sib Majeur et vous savez que les 2 bémols que vous allez rencontrer seront le Sib et le Mib. Ceci est bien sûr un plus mais pourra vous permettre, avec le temps et de l’expérience, de mieux comprendre la musique et de mieux « percevoir » ce que vous jouez.

6. LE NOMBRE DE MORCEAUX À DÉCHIFFRER SUR UN AN

6. LE NOMBRE DE MORCEAUX À DÉCHIFFRER SUR UN AN

   Afin de garder un bon rythme de travail de déchiffrage et de progresser rapidement dans ce domaine, il est conseillé d’entreprendre entre 20 et 40 nouveaux morceaux à déchiffrer par an.

   Mais attention, on ne vous demande pas autant de morceaux d’un niveau bien supérieur au vôtre. Voici, dans l’idéal, ce qu’il conviendrait de travailler :

• Une dizaine de morceaux simples par rapport à ce que vous avez l’habitude de travailler que vous devez être capable de jouer quasi-instantanément ;

• Entre 10 et 20 morceaux correspondant à votre niveau. Le travail de déchiffrage sera très efficace et vous parviendrez rapidement à jouer ces morceaux afin de passer aux suivants.

• Une dizaine de morceaux d’un niveau plus avancé, qui vous demandera un déchiffrage lent mais nécessaire et qui vous fera découvrir techniquement de nouveaux styles d’écriture et de jeu.

   De cette façon, vous verrez qu’au bout d’un an, votre niveau sera bien meilleur et il vous sera de plus en plus facile de déchiffrer de nouveaux morceaux. 🙂

   Voilà, j’espère que cet article vous aura plu et surtout aidé à comprendre ce que vous devez travailler, dorénavant, pour devenir un pro du déchiffrage ! Dites-moi en commentaire si vous avez des techniques que vous utilisez en priorité et qui ne seraient pas évoquées dans cet article. J’ai hâte de lire vos retours et cela pourra également aider les débutants dans leur apprentissage. 🙂

Que la musique soit avec vous ! 😀

   Vous pouvez également télécharger cet article au format PDF si vous souhaitez le consulter à tout moment ! Pour cela, cliquez simplement sur le bouton ci-dessous et téléchargez-le ensuite sur votre ordinateur ou sur votre smartphone ! 🙂

Vous pouvez également télécharger l’article dans son intégralité – parties 1 & 2 – en cliquant sur le bouton ci-dessous !

Pour laisser un commentaire, remplissez les champs requis et appuyez sur la touche “Entrée” de votre clavier.

COMMENT DÉVELOPPER LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 1/2

COMMENT DÉVELOPPER LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 1/2

COMMENT DÉVELOPPER

LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 1/2

COMMENT DÉVELOPPER

LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 1/2

   Déchiffrer une partition n’est pas une mince affaire. C’est un exercice qui s’oppose à l’exécution pure et simple d’une partition après des heures d’entraînement mais qui contribuera quand même à l’amélioration de vos capacités et de vos réflexes musicaux.

   Certains pianistes ont développé ces capacités de déchiffrage avec le temps et en sont venus à accompagner facilement élèves, professionnels ou formations de groupe en déchiffrant des partitions quelques heures auparavant. Des épreuves de déchiffrage à vue sont d’ailleurs proposées lors d’examens du Conservatoire pour accéder à des diplômes assez avancés.

   Beaucoup de techniques existent afin d’améliorer la technique du déchiffrage et un article ne suffirait pas à toutes les détailler. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai préféré le diviser en 2 parties afin d’y voir plus clair. 🙂De plus, cette capacité se développera au fur et à mesure que vous pratiquerez votre instrument et que vous vous exercerez à déchiffrer de nouveaux morceaux.

   Voici donc 4 étapes qui vous aideront à déchiffrer un morceau plus rapidement en tant que pianiste. Bien évidemment, ces techniques sont modulables afin d’être appliquées pour tous types d’instruments.

I. LA MAÎTRISE DE L’AGENCEMENT DES NOTES : LE PREMIER PAS VERS UN BON DÉCHIFFRAGE.

I. LA MAÎTRISE DE L’AGENCEMENT DES NOTES : LE PREMIER PAS VERS UN BON DÉCHIFFRAGE.

1. LES NOTES SUR LE CLAVIER

1. LES NOTES SUR LE CLAVIER

   La première chose à maîtriser est l’organisation et la disposition des notes sur le clavier. Vous devez être, dans un premier temps, capable de dire la gamme de façon fluide en montant, en descendant puis en sautant des notes. Entraînez-vous par exemple à lire les notes en en sautant une sur deux, comme ci-après, en montant puis en descendant :

Sautez ensuite 2, puis 3, 4, 5 notes, etc.

   N’oubliez jamais que les notes de la gamme s’agencent de façon cyclique et non linéaire, bien que la visualisation du piano pourrait vous faire prétendre le contraire :

2. LES INTERVALLES

2. LES INTERVALLES

   Une fois que vous avez correctement intégré les différentes notes de la gamme en long, en large et en travers, il convient maintenant de visualiser les différents intervalles entre chacune d’entre elles. Vous devez être capable de reconnaître d’un coup d’œil que l’intervalle entre un Ré et un Si est une Sixte, et une Sixte Majeure qui plus est. Pour cela, voici un exercice qui pourra vous être utile :

Sélectionnez la note de votre choix.

• À partir de cette note, appliquez le schéma ci-dessous en « calculant » la note sur laquelle vous devez arriver.

• Faites cela d’abord en moins de 30 secondes, puis en moins de 20 secondes, puis en moins de 10, etc.

   Plus vous irez vite, plus cela voudra dire que vous maîtriserez l’agencement des notes sur le clavier et sur une partition. Pour vous aider, visualisez les notes au sein de la gamme (sous forme cyclique ou linéaire), sur une portée ou sur un clavier.

3. LE GRAPHISME DE LA PORTÉE

3. LE GRAPHISME DE LA PORTÉE

   Comme un déchiffrage s’effectue à partir d’une partition, il convient de décrypter le plus rapidement possible les notes les unes en fonction des autres et, pour cela, il vous faut comprendre le fonctionnement de l’écriture des notes sur une portée.

   Tout d’abord, si l’on regarde de plus près une gamme de Do Majeur, on se rend compte que les notes sont agencées de la façon suivante : ligne, interligne, ligne, interligne, ligne, etc. :

   On peut donc en conclure que les notes qui, consécutivement, ne sont situées que sur les lignes seront séparées d’une tierce à chaque fois. Bien évidemment, il en sera de même pour les interlignes :

Maintenant, il ne vous reste plus qu’à compter les différents écarts de lignes et d’interlignes pour en déduire les grandeurs d’intervalles :

• 1 saut : Tierce

• 2 sauts : Quinte

• 3 sauts : Septième

• 4 sauts : Neuvième

• 5 sauts : Onzième

• Etc.

Or, la lecture de notes ne s’arrête pas là.

   En effet, les notes jouées ne sont pas contenues simplement qu’à l’intérieur des 5 lignes de la portée. Des lignes supplémentaires viennent alors se rajouter afin de compléter l’étendue des 88 notes du piano. Et c’est là que ça se complique – un petit peu.

4. LES LIGNES SUPPLÉMENTAIRES

4. LES LIGNES SUPPLÉMENTAIRES

   Pour maîtriser la lecture sur l’intégralité de la « portée pianistique », une seule chose est nécessaire : s’entraîner, encore et encore. Il ne s’agit en effet ni plus ni moins que de l’apprentissage de lecture pur comme nous l’avons tous fait pour le français.

   Néanmoins, 2 choses vont pouvoir nous aider dans cet apprentissage et développer chez nous des réflexes de lecture qui deviendront de plus en plus rapides avec le temps.

A. L’APPRENTISSAGE DES CLÉS DE SOL ET DE FA
A. L’APPRENTISSAGE DES CLÉS DE SOL ET DE FA

   En effet, une seule Clé n’est pas suffisante pour s’y retrouver facilement dans toute cette étendue de notes. C’est pour cela que la Clé de Fa a été rajoutée et a toujours utilisée par les pianistes pour les parties graves et, par analogie, par les instruments au registre grave.

Si l’on regarde de plus près l’étendue des notes que l’on peut jouer en Clé de Sol, voici ce que cela donne :

• Les notes blanches sont les notes que l’on peut jouer en Clé de Sol sans rajouter de lignes supplémentaires ;

• Les notes bleues sont les notes jouées en Clé de Sol nécessitant une écriture sur des lignes supplémentaires ;

• Enfin, les notes rouges sont les notes qui ne seront jouées que par la clé de Fa.

   N.B. : Toutes les notes peuvent être théoriquement écrites en Clé de Sol. En revanche, la musique écrite sur partition est avant tout conçue pour être interprétée par des êtres humains. Une clarté maximale de la partition est donc primordiale et c’est pour cette raison que l’usage de différentes Clés est nécessaire.

Si l’on regarde maintenant la plage de notes destinées à être jouées en Clé de Fa, voici ce que l’on observe :

• Les notes blanches sont les notes que l’on peut jouer en Clé de Fa sans rajouter de lignes supplémentaires ;

• Les notes rouges sont les notes jouées en Clé de Fa nécessitant une écriture sur des lignes supplémentaires ;

• Enfin, les notes bleues sont les notes qui ne seront jouées que par la clé de Sol.

On peut donc en conclure que l’ensemble des notes jouées sur une portée en Clé de Sol et en Clé de Fa peut se représenter de la façon suivante :

… et qu’a contrario, l’ensemble des notes écrites sur des lignes supplémentaires peut se visualiser de cette manière :

   Cependant, un problème se pose. En effet, certaines notes situées dans la partie centrale du clavier peuvent être à la fois écrites sur la portée lorsqu’elles sont lues dans une des deux Clés et sur des lignes supplémentaires lorsqu’elles sont lues dans l’autre.

Prenons l’exemple du Sol 2. Celui-ci peut s’écrire des 2 façons suivantes :

   Et il en est de même pour plein d’autres notes. 22, pour être précis. De plus, les notes situées dans les extrêmes graves et aigus vont avoir deux ou trois façons de les écrire, ce que nous verrons par la suite.

   Ainsi, seulement 18 notes sur 88 auront une seule et unique possibilité d’écriture. Les voici :

Il faut donc être capable de savoir lire toutes ces notes bleues en lignes supplémentaires, c’est-à-dire pas moins de 70 notes !!

B. LE SYSTÈME DE L’OCTAVIATION
B. LE SYSTÈME DE L’OCTAVIATION

   Afin de lire plus facilement les notes dans l’extrême aigu et l’extrême grave, on va utiliser le système de l’octaviation. Cela consiste à annoter les notes d’un petit symbole afin d’indiquer qu’il faut jouer ces dernières une octave ou deux octaves au-dessus ou en dessous afin d’éviter de rajouter trop de lignes supplémentaires. Voici les 4 symboles que l’on peut rencontrer :

• 8va, ou « Ottava Alta », permet de jouer à un Octave au-dessus ;

• 8vb, ou « Ottava Bassa », permet de jouer à un Octave en dessous. 8vb peut s’écrire aussi 8ba, pour « ottava BAssa ».

• 15ma, qui pourrait s’écrire « Quindicesimo Alta », permet de jouer à deux Octaves au-dessus ;

• 15mb, ou 15ba, ou encore « Quindicesimo Bassa », permet de jouer à deux Octaves en dessous ;

 

   Les notes La, Si bémol, Si et Do sont les notes les plus répétées sur un clavier de piano. Si on prend l’exemple du La, voici les différentes façons que l’on a de l’écrire en utilisant les lignes supplémentaires ainsi que l’octaviation :

   Votre objectif est donc de savoir dorénavant repérer le plus rapidement possible chaque note de la portée ainsi que sur les 3 ou 4 premières lignes supplémentaires.

   De plus, il arrive fréquemment que la main droite – qui, rappelons-le, joue généralement en Clé de Sol – se retrouve à jouer en Clé de Fa car les notes indiquées sont trop graves par rapport au registre de la Clé de Sol. Bien évidemment, il en est de même pour la Clé de Fa.

  Cependant, il arrive qu’une ligne mélodique s’éloigne trop du « centre de sa portée », ce qui la contraint à lui rajouter davantage de lignes supplémentaires afin de respecter sa continuité. Dans ce cas-là, il faudra alors simplement compter le nombre de lignes rajoutées la première fois que vous déchiffrerez mais ce sera chose faite pour les prochaines fois. 🙂

  Voici un extrait d’une partition faisant apparaître une ligne mélodique commençant en Clé de Sol et se terminant en Clé de Fa avec, aux extrémités, des notes écrites avec beaucoup de lignes supplémentaires :

II. ASSIMILER RAPIDEMENT LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES D’UNE PARTITION : LA PREMIERE LUTTE POUR FACILITER LE DÉCHIFFRAGE

II. ASSIMILER RAPIDEMENT LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES D’UNE PARTITION : LA PREMIERE LUTTE POUR FACILITER LE DÉCHIFFRAGE

1. LES NOTIONS À PRENDRE EN COMPTE

1. LES NOTIONS À PRENDRE EN COMPTE

   Vous l’aurez compris, amis pianistes, tout ceci n’est pas simple au premier abord. Mais sachez que, pour votre plus grand bonheur, il y a beaucoup plus de paramètres à prendre en compte lorsque vous déchiffrez ou jouez un morceau ! (Génial, n’est-ce pas ? 😉)

Voici la liste de tout ce que vous devez gérer à la fois :

• La hauteur des notes avec 88 notes à répartir sur toute l’étendue du clavier avec entre 150 et 200 façons de les écrire ;

• La durée de chacune d’entre elles et le rythme des lignes mélodiques à la main gauche et à la main droite ;

• Le tempo du morceau ;

• Votre positionnement par rapport au piano et l’emplacement de vos bras et doigts ;

• Le doigté que vous devez utiliser ;

• La ponctuation ;

• Les nuances ;

• L’articulation ;

• Les intentions de jeu propres à la partition ;

• L’utilisation des pédales de Sustain et de la Una Corda.

   Essayez donc de respecter au maximum toutes ces petites intentions de jeu pour vous rendre davantage compte du résultat final de votre partition et afin de vous entraîner à prendre dès le début les bonnes habitudes. 🙂Cela vous paraîtra difficile au début, mais à force d’entraînement vous y arriverez. La question est :

Comment faire ?

Comment faire ?

Pour le savoir, découvrez-le dans la seconde partie en cliquant ici

À tout de suite ! 😉

   Vous pouvez également télécharger cet article au format PDF si vous souhaitez le consulter à tout moment ! Pour cela, cliquez simplement sur le bouton ci-dessous et téléchargez-le ensuite sur votre ordinateur ou sur votre smartphone ! 🙂

Pour laisser un commentaire, remplissez les champs requis et appuyez sur la touche “Entrée” de votre clavier.

DÉBUTER AU PIANO VS. DÉBUTER À LA GUITARE

DÉBUTER AU PIANO VS. DÉBUTER À LA GUITARE

DÉBUTER AU PIANO

VS.

DÉBUTER À LA GUITARE

Cet article est disponible en Podcast Audio que vous pouvez écouter et télécharger ci-dessous :

   Grâce aux podcasts de Enseigner La Musique, vous pourrez écouter les derniers articles parus ou vos articles préférés à tout moment : dans le train, dans le bus, en voiture, pendant votre bain ou avant que vous vous endormiez ! 😃Je pense vraiment qu’écouter des podcasts pendant nos temps de déplacement est un de meilleurs moyens de gagner du temps tous les jours😉

     Vous voulez débuter la guitare ou le piano mais vous hésitez entre les deux ? Vous ne savez pas lequel des deux donnera le plus de résultats satisfaisants à court terme puis à long terme ? Quelles difficultés rencontre-t-on, que l’on débute ou que l’on approfondisse son apprentissage et quelles sont les solutions pour y remédier ? Voici donc un article conçu rien que pour vous afin de répondre au mieux à toutes ces questions. 😉

1. APPRENDRE LE PIANO

A. DÉBUTER LE PIANO

 

     Commençons par le piano. Cet instrument de 88 touches – dans sa conception originale – peut faire peur.

«En effet, à quoi correspondent toutes ces touches, dans quel ordre faut-il les jouer, et comment utiliser nos 10 doigts pour arriver à créer quelque chose ? »

«En effet, à quoi correspondent toutes ces touches, dans quel ordre faut-il les jouer, et comment utiliser nos 10 doigts pour arriver à créer quelque chose ? »

     En fait, le piano est un instrument que tout le monde peut tester puisqu’il est très simple de créer une petite mélodie avec l’aide d’un musicien. Tout ce qu’il vous faudra faire, c’est arriver à mémoriser ce petit bout de mélodie et vous pourrez d’ores et déjà être satisfaits de ce que vous aurez appris. 😉

     En effet, pour produire un son sur un piano, il ne suffit que d’appuyer sur une touche à la manière d’un clavier d’ordinateur ! Bon, les pianistes crieront à l’hérésie en lisant ceci, et c’est vrai que jouer de la musique ne pourra jamais se comparer à un texte tapé machinalement sur un clavier d’ordinateur. 😁 Mais la personne qui n’a jamais touché un piano de sa vie trouvera autant de plaisir de jouer sur un vrai piano que sur un petit synthétiseur, alors que ces deux instruments ne peuvent pas non plus se comparer en terme de son, de toucher ou de capacités d’interprétation, etc. Voilà pourquoi le plus important est d’abord de réussir à créer cette petite mélodie pour que chacun puisse créer quelque chose, qu’il connaisse ou non la différence entre un triolet et une armure. 😉 Et, pour cela, le piano est extraordinaire !

     De cette façon, beaucoup de mes proches qui ont toujours voulu apprendre à jouer du piano m’ont demandé de leur apprendre une petite mélodie simple lors d’une soirée ou pendant quelque occasion que ce soit. 🙂 Le résultat est tel que, maintenant, quelques-uns d’entre eux prennent régulièrement des cours avec moi et certains aimeraient beaucoup en prendre si ils avaient plus de temps et de budget. 🙂

     J’incite donc tout le monde à s’essayer au piano. Vous verrez, il est extrêmement simple de trouver des petites mélodies simples pour commencer et il existe de multiples outils aujourd’hui pour y parvenir : YouTube, Synthesia, Flowkey, et plein d’autres ! D’ailleurs, si c’est votre cas, indiquez-moi dans les commentaires quel outil vous utilisez et vous pourrez ainsi en faire partager les autres lecteurs. 😉

 

B. APPROFONDIR l’APPRENTISSAGE DU PIANO

 

     Commencer à jouer du piano est une chose. Évoluer, progresser et augmenter la difficulté en est une autre. En effet, au piano, il est aussi simple de commencer qu’il est difficile de progresser et ce, car le solfège est la base de tout pianiste qui se respecte – mis à part peut-être pour John Lennon ou Pascal Obispo qui n’ont jamais appris le solfège… – mais bon, ce n’est pas le cas de la plupart d’entre nous ! 😁 Une base théorique est donc nécessaire pour progresser rapidement, ne serait-ce que pour déchiffrer seul une partition.

     Cependant, il existe d’autres méthodes pour apprendre le piano sans passer par le solfège mais celles-ci possèdent plus d’inconvénients que d’avantages : le logiciel Synthesia, par exemple et pour ne citer que lui.

     Le concept proposé par ce logiciel est de jouer de la même façon que dans Guitar Hero, en jouant les notes au bon moment lorsqu’elles atteignent le clavier. L’inconvénient principal est qu’il est compliqué de mémoriser toutes les notes pour les rejouer après, sans le logiciel. La meilleure méthode est donc encore d’apprendre les bases de la théorie musicale.

     Mais rassurez-vous, le solfège n’est pas la bête noire que tout le monde s’imagine ! 😉 En réalité, pour connaître l’essentiel du solfège, seulement quelques mois de cours sont nécessaires, et non des années comme on aurait pu vous le faire croire. Mais vous pouvez gagner encore plus de temps en téléchargeant gratuitement et dès à présent mon guide « Les Bases de la Musique au Piano et à la Guitare » en cliquant ici et qui vous permettra d’apprivoiser toutes les notions théoriques et d’apprendre, en bonus, quelques petites astuces pour construire vos premières gammes et vos premiers accords à la guitare et au piano🙂

 

2. APPRENDRE LA GUITARE

A. DÉBUTER LA GUITARE

 

     Si, pour le piano, jouer quelques notes reste extrêmement simple, eh bien, pour la guitare, c’est tout l’inverse !

     Alors, tout est relatif. Bien entendu, il  n’est pas insurmontable de pouvoir jouer quelques notes par-ci par-là à la guitare si vous n’en avez jamais fait auparavant. Mais il est plus compliqué, avec une main, de la tordre de l’autre côté d’un manche, d’y déposer un doigt et de gratter la corde correspondante avec l’autre main. D’autant plus que si vous mettez du temps à bien positionner vos doigts, vous devrez appuyer plusieurs fois et longtemps sur les cordes, ce qui peut vite provoquer des douleurs au niveau de la pulpe des doigts qui n’est pas habituée à recevoir autant de pression à cet endroit par une corde métallique – ou en nylon pour les guitaristes classiques, mais même en nylon, une petite douleur peut se faire sentir au bout du doigt.

     De plus, les enfants entre 4 et 6 ans peuvent avoir des doigts très faibles qui peuvent les empêcher d’appuyer correctement sur les frettes, ce qui peut être problématique.

     Débuter la guitare peut donc être compliqué au début. Le tout est donc de ne pas abandonner tout de suite…

 

B. APPROFONDIR l’APPRENTISSAGE DE LA GUITARE

 

     … Et justement, vous aurez tout à y gagner à ne pas abandonner en si bon chemin ! Si débuter la guitare peut être compliqué, progresser rapidement l’est beaucoup moins en proportion.

« C’est donc le fonctionnement inverse de l’apprentissage du Piano ! »

« C’est donc le fonctionnement inverse de l’apprentissage du Piano ! »

     Et, en effet, une fois que vous maîtriserez les positions de vos mains et leur coordination, vous apprendrez beaucoup plus facilement la plupart des morceaux qui se présenteront à vous.

     Réalisez bien que la plupart des accords qui sont joués aujourd’hui dans le Rock, le Folk, le Punk ou le Blues se ressemblent beaucoup entre eux et que tout n’est qu’une question de rythme, de réglage d’ampli – pour gérer un son avec plus de distorsion qu’un autre, plus de réverb, d’écho, etc. – et d’autres facteurs qui font partie du jeu d’un guitariste sans que votre technique n’en soit affectée.

     Ainsi, une fois que vous aurez appris l’ensemble des accords standards, j’aurai envie de dire que vous êtes tranquille pendant un moment ! 😁 De même, téléchargez mon guide afin de retrouver quels sont ces accords et comment les former. 🙂

     De plus, de la corne aura commencé à se former au bout de vos doigts si vous pratiquez régulièrement, ce qui diminuera votre douleur au fur et à mesure des jours.

     Enfin, afin de déchiffrer des morceaux de guitare, il existe une méthode beaucoup plus simple qui permet de jouer n’importe quel morceau sans connaître une once de solfège : la Tablature. Vous pourrez également retrouver ce point dans mon guide afin d’en connaître un peu plus sur ce sujet. 🙂

 

     Voilà, j’espère que cet article vous aura aidé à vous décider sur l’instrument de votre choix.

     Gardez à l’esprit que, grâce au solfège, vous serez toujours efficace, que vous jouiez seul, en groupe, en studio ou que vous composiez et qu’après avoir appris un instrument, les capacités musicales que vous aurez développées pourront vous servir pour apprendre beaucoup plus facilement n’importe quel nouvel instrument. 😉

     En attendant, je vous invite à partager cet article s’il vous a plu et à me dire en commentaire vers quel instrument vous vous êtes orienté et pour quelle(s) raison(s). 😉

     À bientôt sur le blog, et n’oubliez pas : vive la musique ! 😀 

   Vous pouvez également télécharger cet article au format PDF si vous souhaitez le consulter à tout moment ! Pour cela, cliquez simplement sur le bouton ci-dessous et téléchargez-le ensuite sur votre ordinateur ou sur votre smartphone ! 🙂

Pour laisser un commentaire, remplissez les champs requis et appuyez sur la touche “Entrée” de votre clavier.

BIEN CHOISIR SON CLAVIER

BIEN CHOISIR SON CLAVIER

BIEN CHOISIR SON CLAVIER

     Le choix de son instrument est toujours quelque chose de délicat, et d’autant plus lorsqu’il s’agit de choisir son clavier. En effet, que l’on soit pianiste débutant, amateur, professionnel, musicien de session, professeur de musique ou praticien MAO, chacun doit avoir le clavier qui lui correspond. De plus, le piano est l’un des instruments les plus onéreux à acquérir (pour ne pas dire LE plus onéreux 😅), ce qui peut rapidement dissuader d’apprendre à en jouer et inciter les amoureux du piano à se tourner vers l’apprentissage d’un autre instrument, comme la guitare ou le saxophone, par exemple, aux prix beaucoup plus abordables.

    Lorsque j’ai commencé à apprendre la musique, mon premier instrument était un synthétiseur, et non un piano. Enfin, plutôt un « Clavier Arrangeur » qu’un « Synthétiseur »… Mais je reviendrais sur cette différence qui peut peut-être sembler abstraite pour une grande partie d’entre vous ! 😉En tout cas, l’utilisation de ce type de clavier diffère énormément de celle du piano, mais peut-être ne voyez-vous pas exactement à quel niveau ?

Très souvent, les parents des nouveaux élèves me demandent :

 

« Que faudrait-il que nous lui achetions pour qu’il commence à jouer du piano ? »

Ou bien :

« Nous ne savons pas si nous aurons les moyens de lui acheter un vrai piano… »

Etc.

      C’est donc une véritable source de questionnements que je me devais de vous éclaircir, et c’est pour cela que j’ai décidé de vous partager cet article aujourd’hui. 🙂

     Je vais donc vous détailler dans quels contextes tous ces types de clavier sont utilisés et quels sont ceux qui correspondraient le plus à vos besoins en fonction de votre style de musique et de l’apprentissage que vous recherchez. Et bien sûr, je vous donnerai des indications sur le coût de ces instruments pour que vous sachiez à quoi vous attendre 😁

 

1. LE PIANO

2. LE PIANO NUMÉRIQUE

3. LE CLAVIER ARRANGEUR

4. LE SYNTHÉTISEUR

5. LE CLAVIER WORKSTATION

6. LE CLAVIER MAÎTRE

 

1. LE PIANO

 

     Aaaah le Piano ! Le plus beau de tous les instruments ! 🙂(je sens que je vais me prendre une contrebasse dans la tronche moi 😁)

Oui, mais le piano est un instrument pouvant être joué aussi bien seul qu’accompagné !

 

« Oui mais la flûte, le violon et, la guitare aussi ! Ah et y a aussi la clarinette, le cor, la batt… »

 

Bon, OK. Je me rends. 😅

     Bien évidemment, tous les instruments peuvent être dans ce cas-là.🙂Le mieux serait alors de dire que le piano est un instrument polyphonique, contrairement à la flûte ou à la trompette qui sont des instruments monodiques. On peut jouer 88 sons simultanément, puisqu’il possède 88 touches. 😉La guitare, quant à elle, peut seulement produire 6 sons en même temps, car elle possède 6 cordes. Vous l’aurez compris, un violon peut en jouer 4, ainsi que le violoncelle ou la contrebasse. Mais les instruments à vent, eux, ne peuvent en produire qu’un à la fois. Si l’on prend l’exemple de la flûte traversière, c’est le nombre de trous bouchés par les clés qui fait varier l’air à l’intérieur de l’instrument et qui crée la note en résultant.

     Bon, avec le piano, on a la capacité de produire 88 sons simultanément… Seulement si on s’allonge sur le clavier ! 😅En règle générale, on ne peut jouer que 10 notes en même temps, si tant est que l’accord produit par ces 10 notes reste harmonieux. En réalité, les pouces pouvant appuyer sur 2 touches à la fois, on pourrait dire que l’on peut jouer 12 notes à la fois. Mais bon, un bel accord de 6 sons c’est déjà pas mal. 🙂

    Le piano est un instrument indémodable qui peut être utilisé en toute circonstance. Classique, Jazz, Rock, Musique Moderne, Pop, Electro, Rap, Metal (pour n’en citer qu’une partie), tous les styles de musique ont su tôt ou tard mettre cet instrument en valeur !

     D’ailleurs, à l’inverse de la guitare, il est très simple d’apprendre ses premiers morceaux de piano en un laps de temps très court, mais il est au contraire plus compliqué d’approfondir sa technique pour jouer des morceaux plus avancés. C’est pour cela qu’il est important de bien choisir son premier clavier lorsque l’on débute le piano. Il est tout à fait possible d’apprendre les bases sur un clavier arrangeur et, une fois 1 ou 2 ans passés, d’acheter un vrai piano pour enfin commencer à se faire plaisir. 🙂

 

« Du coup, quel piano choisir ? »

 

Revenons rapidement sur le fonctionnement du piano :

     Les touches du clavier mettent en mouvement des marteaux en bois qui viennent frapper les cordes et ainsi produire le son du piano comme on le connaît. 🙂

Il existe 2 grands types de piano :

• Le Piano Droit.

     Il est le piano de référence pour tous ceux voulant s’installer dans un appartement ou dans un local avec peu de place. On l’appelle le « Piano-Meuble » car il s’intègre parfaitement dans le mobilier de la maison. Jugez par vous-même : 

Ce côté pratique vient du fait que les cordes sont positionnées à la verticale dans la caisse du piano.  

• Le Piano à Queue.

Il est la forme originale du piano tel qu’on le connaît le mieux.

     Utilisé en concert ou dans les grands studios, il est fortement réclamé pour le son majestueux et aéré qu’il produit par rapport à celui des pianos droits, d’autant plus que son couvercle peut s’ouvrir jusqu’à 45°, ce qui accentue d’autant plus cet effet acoustique.

Ces pianos sont la Rolls Royce de tous les pianistes ! 😉

« Mais alors, le prix ?? »

  Bon, j’y viens… Voilà un petit tableau qui devrait vous donner un ordre d’idées. (Je vous préviens, ça pique) :  

« Et concrètement, c’est quoi la différence entre les 3 pianos droits ? »

 

     Ah oui. En fait, un piano droit d’étude est idéal comme premier piano puisqu’il est le plus abordable. Cependant, le son n’est pas de très bonne qualité, et c’est un instrument assez difficile à garder accordé et à accorder.

     Le piano d’expression rentre dans le milieu et haut de gamme des pianos droits sur le marché. Le son et le toucher sont vraiment de meilleure qualité, ce qui se ressent sur l’interprétation du morceau, aussi bien pour le pianiste que pour son public.

     Enfin, le piano de prestige est au piano droit ce qu’une Porsche est à la voiture : un pur bonheur. Le toucher, le son et le rendu de jeu sont sans égal… tout comme son prix d’ailleurs ! 😁

     Vous l’aurez compris, le prix en milieu de gamme s’élevant à celui d’une voiture neuve, vous n’avez pas plus qu’à aller au travail ou faire vos courses à dos de piano ! 😁

 

« Décidément, avec tes voitures… »

 

     MAIIIS c’est parce que c’est la meilleure comparaison qu’on puisse faire ! 😉

     Son coût d’entretien n’est pas à négliger non plus… Vous pouvez compter entre 75 et 100€ de coût d’accordage annuel. De plus, moins la température de la pièce dans laquelle le piano est installé varie, mieux il sera entretenu. Un garage chauffé de temps à autre n’est pas une bonne idée, puisqu’on pourra monter jusqu’à 20° en été ou grâce à un chauffage d’appoint en hiver et descendre jusqu’à 5° en hiver lorsque la pièce n’est pas utilisée et que le chauffage est éteint, ce qui fait énormément « travailler » la table d’harmonie, le bois du caisson et les cordes du piano. A terme, même si l’accordage continue d’être réalisé chaque année, celui-ci sera de moins en moins efficace et le piano risque d’être endommagé pour toujours. Préconisez donc un lieu isolé thermiquement avec une température constante. Eh oui, quand on veut un vrai piano, il faut s’en donner les moyens ! 🙂

3 Références de Pianos Droits :  
YAMAHA U1D  
KAWAI K 15 E E/P
YAMAHA B1 PE
  3 Références de Pianos A Queue :
STEINWAY & SONS O-180
KAWAI GL 30 E/P
YAMAHA GC 1 M PE

 

2. LE PIANO NUMÉRIQUE

 

     Le Piano Numérique est l’instrument électronique le plus fidèle au vrai piano. Il existe sous 2 formes :

• En Piano-Meuble : le clavier est maintenu par une armature en bois qui peut s’apparenter à la table d’harmonie du piano droit. Il possède également les pédales intégrées dans le meuble et un couvercle de protection pour le clavier.

ROLAND RP501
• En Piano de Scène : ces pianos numériques sont plus facilement transportables et prennent un tout petit peu moins de place. Cependant, leur design se rapproche davantage d’un instrument de scène et non d’un Piano pouvant participer à l’ambiance d’une pièce. De plus, il ne possède pas de couvercle de protection pour le clavier et la Pédale de Sustain et le Pupitre sont parfois en option.
KORG SP 280BK

     Techniquement, les 2 instruments possèdent un toucher et un rendu du son similaires, ces 2 caractéristiques variant en fonction du prix du clavier, bien évidemment… 😉

     Il est aujourd’hui le bon compromis pour le pianiste débutant car il intègre un toucher suffisamment lourd pour acquérir de la force et de la dextérité dans les doigts. Il est évident qu’au bout de plusieurs années de pratique, le mieux est, dans la mesure du possible, d’investir dans un vrai piano, mais en fonction du budget et de la place dont vous disposez, vous pouvez garder votre piano numérique sans problème. Dans ce cas-là, l’idéal est de pouvoir accéder à de vrais pianos au sein des Conservatoires ou dans des MJC pour pouvoir vous entraîner en condition dès que vous le pouvez.

     En ce qui concerne le son délivré par ce type d’instrument, sachez que les enceintes dont il est équipé sont suffisantes pour jouer chez soi. De plus, il possède des entrées et sorties MIDI permettant de remplacer le son original par un son de piano plus réaliste via un séquenceur virtuel sur son ordinateur.

 

« Pardon mais… Qu’est-ce que c’est quoi le MIDI ? C’est pas l’heure pour aller manger ? »

 

Eh bien, j’y viendrais dans la partie sur les Claviers Maîtres. 😉Mais si vous voulez vraiment savoir tout de suite, vous pouvez cliquer ici🙂

 

    3 Références pour les Pianos-Meubles Numériques : 
ROLAND HP 601 CB SET  
YAMAHA YDP-143 B ARIUS  
HEMINGWAY DP-501 MKII  
3 Références pour les Pianos de Scène :  
KORG B1
YAMAHA P-45 B
CLAVIA NORD PIANO 4  

3. LE CLAVIER ARRANGEUR

     Un Clavier Arrangeur est un clavier idéal lorsque l’on découvre la musique et que l’on ne sait pas si l’on continuera par la suite, ou que l’on ne sait pas dans quel style musical on va s’orienter. En effet, c’est un instrument à plus faible coût qu’un piano, même qu’un piano numérique, et permet néanmoins de couvrir une étendue de notes assez importante (61 notes environ pour la plupart).

     C’est un clavier portable comportant des sons pré-enregistrés et non modifiables comme des flûtes, violons, orgues, pianos et bruitages en tous genres. De plus, son appellation d’« Arrangeur » vient du fait qu’il est capable de générer des parties d’accompagnement à partir d’instruments leads – claviers, cordes, cuivres, etc. – mais aussi et surtout avec une basse et une batterie, pour tous les styles de musique. Cette partie accompagnatrice est déjà enregistrée, mixée et prête à l’emploi ! C’est pas beau ça ? 🙂Tout ce qu’il suffit de faire, c’est de jouer un accord (ou quelques notes de l’accord original simultanément) à la main gauche pour que le clavier comprenne de quelle façon il devra adapter l’harmonie des instruments composant l’accompagnement.

 

➡️ Si la notion d’accords et d’harmonie vous paraît un peu abstraite, je vous invite d’ores et déjà à télécharger mon guide sur « Les Bases de la Musique au Piano et à la Guitare ». De plus, vous pourrez trouver des articles plus complets sur le sujet dans quelques temps sur le blog ! Vous pouvez également me laisser un message en commentaire pour toute question, bien entendu. 🙂

 

     Il est également tout à fait possible de modifier n’importe quel paramètre du clavier en temps réel comme le rythme, le mixage ou les instruments utilisés.

     Toutes ces particularités lui permettront d’être utilisé au sein d’un groupe en tant qu’instrument d’accompagnement – en faisant des nappes de cordes par exemple, comme dans « The Show Must Go On » de Queen par exemple, ou en Lead, comme dans « The Final Countdown », du groupe Suédois Europe. – tintintin, tin… 🎶

     Mais il peut également être utilisé en solo, puisqu’il est capable de recréer un groupe entier, ce qui le rend totalement polyvalent et indépendant.

 

  De plus, c’est un instrument aussi facilement transportable et léger qu’une guitare électrique, d’où son utilisation courante dans les concerts.

➡️ Dans les groupes de Métal des années 80, on pouvait voir plusieurs claviers de ce type posés les uns au-dessus des autres pour que le claviériste utilise plusieurs sons différents simultanément, dans les graves comme dans les aigus.

 
Photo extraite du clip « The Final Countdown » d’Europe (pour rester dans le contexte)  

Il présente néanmoins quelques aspects négatifs pour les musiciens les plus avancés.

     En effet, étant souvent peu coûteux et très peu lourd, la mécanique interne des touches est loin d’être la même que dans les pianos droits, à queue ou numériques. Elles sont souvent « creuses », comme sur les photos ci-dessous :

KORG PA-1000

     Ce clavier-là est un modèle de claviers dont le prix s’élève à un peu moins de 1500€, ce qui en fait un très bon instrument dans son choix de sonorités et dans son ergonomie. Mais on peut facilement trouver des claviers arrangeurs de raisonnable qualité à partir de 150€ avec des marques comme Yamaha. En-dessous de 150€, vous pourrez trouver la marque Casio, que je ne vous recommande pas spécialement – et je ne dis pas ça parce qu’ils font aussi des calculatrices 😁.

     Le second point négatif concerne justement le son même de l’instrument lorsqu’il est utilisé seul, sans logiciel supplémentaire et sans système d’amplification.

• Tout d’abord, les enceintes intégrées sont amplement suffisantes pour jouer chez soi ou en petit comité, mais ne sont pas adaptées pour des représentations en live, même après captation avec des micros. Néanmoins, des sorties Jack sont disponibles à l’arrière du clavier pour récupérer directement le son sortant pour l’amplifier dans un système de sonorisation, le rendant ainsi plus audible et plus « propre ».

• Deuxièmement, les sons pré-enregistrés sont souvent des samples de plus ou moins mauvaise qualité (suivant le prix des instruments 💰).

➡️ Un Sample, ou échantillon, est, comme son nom l’indique, un extrait sonore enregistré provenant d’une source sonore de quelque origine que ce soit, comme une voix, un thème musical ou un bruitage.

     Ils couvrent ainsi une grande variété de sons, malgré leur qualité, ce qui en fait un outil d’apprentissage très puissant puisqu’il permettra de vous familiariser avec une grande étendue de styles musicaux.

     Néanmoins, si l’on souhaite parer à ce problème et utiliser ce clavier en studio pour enregistrer des parties de synthés avec des sons plus réalistes, il propose la possibilité d’utiliser des entrées et des sorties MIDI, prises également situées à l’arrière :

 

Arrière du KORG PA-1000  

     Enfin, certains de ces claviers sont équipés d’options plus avancées, permettant d’effectuer des actions dignes des Synthétiseurs ou des Claviers Workstation (ou Station de Travail).

  3 Références de Claviers Arrangeurs :  
YAMAHA PSR-E463
(Suivant la gamme, le prix peut changer énormément au sein de la série des Yamaha PSR)
KORG PA-700
ROLAND BK-5

 

4. LE SYNTHÉTISEUR

     A la différence de son grand frère le Clavier Arrangeur, le Synthétiseur, lui, est utilisé pour créer des sons à part entière à partir de simples signaux électriques. Il ne s’agit d’ailleurs pas forcément d’un clavier, puisque l’on peut générer des sons à partir de simples potentiomètres comme vous pouvez le voir dans l’exemple suivant :

ELEMENT 2.0 VIRTUAL ANALOG SYNTH  

Ces synthés doivent alors être reliés à un Clavier Maître afin de pouvoir écouter directement le rendu des effets créés.

     La plupart des synthétiseurs sont cependant d’ores et déjà équipés d’un clavier, ce qui facilite leur utilisation, comme avec ces 2 synthés par exemple :

ARTURIA KVR : CS-80V  
XFER RECORDS SERUM  

     Mais beaucoup de ces claviers intègrent un nombre incalculable de sons pré-enregistrés, appelés « Presets », au sein desquels des combinaisons d’effets sont déjà appliquées et peuvent être modifiées à la guise de l’utilisateur. Je vous laisse compter le nombre de boutons sur le synthé de Serum. Si si, allez-y, comptez. Bon, okay, il y en a trop. 😁Mais, imaginez… Toutes les valeurs de ces boutons pouvant être modifiées à l’infini, dans n’importe quel sens, une simple sinusoïde pourra alors se transformer en n’importe quel son ! Magnifique, n’est-ce pas ? 😉

➡️ Pour ceux qui ne conçoivent pas totalement la notion de sinusoïde, souvenez-vous de vos cours de Physique au Collège et Lycée. Vous vous souvenez peut-être des oscillateurs qu’on utilisait pour représenter des signaux électriques ? Et bien c’est le même principe. 🙂

La sinusoïde est la forme de la courbe selon laquelle le son évolue lorsqu’il se trouve à son état pur (son de l’oscillateur). A une fréquence de 1kHz, c’est également le son que l’on écoute lors des tests techniques en Télévision…

Allez ! Un peu de concret, voyez plutôt par vous-même 🙂(du moins écoutez 😉)

 

 

     Mais le signal, à la base, peut ne pas être sinusoïdal. Il peut aussi être triangulaire, rectangulaire ou en « dents de scie ». Allez, un petit exemple !

 

 

     Voilà, maintenant que vous êtes calés sur le sujet, vous comprenez maintenant pourquoi les « Claviers Arrangeurs » sont appelés des « Synthétiseurs ». En effet, par définition, un Clavier Arrangeur permet de créer un morceau de façon totalement autonome, à partir de samples déjà pré-enregistrés, ce que peuvent faire beaucoup de Synthétiseurs aujourd’hui.

➡️ A l’origine, leur utilisation n’était destinée qu’aux professionnels désirant créer de nouvelles identités sonores. Aujourd’hui c’est toujours le cas, mais les produits se sont également adaptés à une clientèle plus étendue et permettent d’être domptés par le plus grand nombre de personnes grâce au virage de l’informatique développé – vive la technologie !… Et le marketing 🙂.

  3 Références de synthétiseurs : 
MOOG SUBSEQUENT 37
Sequential PROPHET 6
ARTURIA MATRIXBRUTE

 

5. LE CLAVIER WORKSTATION

 

     Le Clavier Workstation a pour utilité principale de produire, éditer, mixer et finaliser un morceau sans utiliser de matériel ou logiciels supplémentaires. Il était considéré comme étant une référence dans le domaine de la composition et de la production musicale électronique de par son extrême polyvalence. On peut en effet y trouver un disque dur interne, une capacité d’enregistrement multipiste de sources internes et externes, ainsi que, sur certains d’entre eux, des pads et des fonctionnalités de contrôle pour créer ses propres sonorités à la manière des synthétiseurs.

     Mais son plus gros atout et qu’il possède un logiciel d’édition et de mixage intégré, plus communément appelé séquenceur, ce qui vous permettra de produire une chanson de A à Z sans utiliser énormément de matériel annexe ou d’aller enregistrer en studio. Un « clavier – ordinateur » si vous préférez ! 😉

     Tout comme avec le synthétiseur, il est donc nécessaire de bénéficier de quelques connaissances basiques sur les techniques du son pour ne pas être rapidement dépassé par ce type de clavier. 🙂

     Au moment de votre achat, il suffit simplement de vérifier qu’il fournit une polyphonie suffisante pour pouvoir enregistrer plusieurs pistes sans souci. En effet, si l’on joue jusqu’à 6 notes sur une première piste de piano, 3 notes sur une piste de guitare, 8 notes sur une piste de batterie et que l’on se réserve une dizaine de notes pour tous les instruments supplémentaires, il faudra prévoir un clavier pouvant assurer une polyphonie d’au moins 32 voies. Le mieux est de monter jusqu’à 64, voire 128 afin d’être serein. Vous pourrez alors insérer tous les effets que vous voudrez sans vous soucier des capacités de votre instrument ! 😉Bien sûr, tout est une question de prix ! 😁

     Cependant, bien que principalement conçu pour ce type d’utilisation, il peut être utilisé en live ou bien en tant que clavier maître et être relié à un ordinateur si l’on désire des fonctionnalités plus poussées – j’y viens juste après 😉. Après tout, qui peut le plus peut le moins ! 🙂

     Ce type de clavier pouvant ne servir que dans des cas particuliers, le mieux reste encore de créer sa musique sur un ordinateur avec un séquenceur – Cubase, Reaper, Pro Tools, Logic, etc. – en utilisant un clavier maître pour diriger ses instruments indépendamment. Si vous désirez un son de manière qualité, la meilleure solution est d’acheter une petite carte son sur laquelle vous pourrez brancher des enceintes de monitoring. De cette façon, vous pourrez réaliser le mixage de vos morceaux dans des conditions neutres et non faussées.

    3 Références de Claviers Workstation :
KORG KRONOS 61 (Existe aussi en 73 et 88 touches)
YAMAHA MONTAGE 8
ROLAND FA-08

 

6. LE CLAVIER MAÎTRE

     Comme rapidement évoqué dans les paragraphes précédents et, par définition, le Clavier Maître est un clavier permettant de piloter des paramètres numériques via un protocole informatique. Plus concrètement, il permet d’écouter le rendu audio des paramètres créés à partir d’un synthétiseur physique ou virtuel, ou bien simplement de jouer d’un instrument virtuel. Alors, même si ces instruments virtuels sont déjà équipés d’un clavier, il n’est pas très pratique de jouer les notes avec la souris, surtout lorsque l’on veut enregistrer des notes de façon précise, et encore moins des accords. Voilà pourquoi le clavier maître est l’outil indispensable du beatmaker et du technicien en MAO.

     Néanmoins, ce clavier n’émet pas de son s’il n’est pas relié à un système d’écoute, comme des enceintes de monitoring ou un simple casque. Il sert simplement de « télécommande ».

Son protocole informatique est transmis par le format MIDI, ce qui donne aussi au clavier maître l’appellation de Clavier MIDI.

 

« Bon alors ? Le MIDI, c’est quoi au final ? Tu as promis de nous en parler ! »

 

     Effectivement, j’avais dit que je vous ferais un topo dans cette partie de l’article. 😉

    Alors, le MIDI – ou Musical Instrument Digital Interface… ou encore Interface Numérique dédié aux Instruments de Musique pour ceux qui auraient du mal avec l’anglais 😁– est un format de fichiers utilisant un langage électronique et permettant de faire communiquer plusieurs interfaces entre elles. Les informations transmises concernent les notes que vous jouez sur un clavier, leur intensité – que l’on nomme vélocité, leur durée ou tout autre paramètre délivré par l’appareil émetteur.

    Pour un Piano Numérique, les indications du pédalier peuvent ainsi être transmises au logiciel qui reçoit les informations. Il peut également s’agir d’effets programmés par des potentiomètres comme les commandes du Pitch – non, pas la brioche. Et si si, vous savez, l’effet qui consiste à changer la hauteur du son 😉.

 

😁 

     Le format MIDI peut se transmettre sous 2 formes de ports : les connecteurs DIN et USB, ces derniers s’étant développés avec l’apparition des ordinateurs au début des années 2000. Bon, l’USB, vous voyez à quoi ça ressemble. Mais le DIN… Peut-être pas ? Voici une petite photo pour vous illustrer ! 😉

 

 

     La taille des claviers MIDI est de taille variable. Plus globalement, tout clavier contenant de l’électronique est généralement équipé de ports MIDI ou USB, afin de profiter pleinement des capacités de l’instrument.

     Ainsi, un piano numérique de 88 touches peut servir également de contrôleur MIDI, même s’il est assez encombrant et difficilement accessible lorsque l’on travaille simultanément sur son ordinateur. 🤔

     Les Claviers Arrangeurs de 45 ou 61 touches sont déjà plus légers et plus facilement transportables pour être placés à côté de son écran d’ordinateur.

     Mais le mieux reste d’utiliser des claviers de 25 touches pour pouvoir travailler où l’on veut, tout en ayant l’essentiel des contrôles avec soi. Ils ne couvrent que 2 octaves mais ces octaves peuvent permettre d’atteindre les notes les plus graves et aiguës d’un piano en les modifiant grâce à des boutons de commande.

     Ils sont très pratiques, mais comme ils ne possèdent que 25 touches, ils ne permettent pas d’enregistrer un pianiste jouant sur un clavier beaucoup plus grand. De plus, le toucher est de type léger ou lesté sur ce type de clavier, ce qui ne permet pas d’interpréter un morceau aussi bien que sur un vrai piano ou même sur un piano numérique.

  3 Références de Claviers Maîtres :
AKAI LPK 25
AKAI MPK MINI MK2
ALESIS V MINI

 

     Grâce à toutes ces références, vous trouverez forcément votre bonheur. Que vous soyez musicien en studio, en live, technicien MAO ou pianiste chevronné, vous devez avoir le clavier qui vous correspond. Pour cela, il faut bien prendre en compte certains points essentiels sur lesquels vous devrez vous baser pour bien faire votre choix :

Le nombre de touches :

     Comme vous l’avez vu, il existe des claviers de toutes tailles, allant de 25 touches pour les plus petits jusqu’à 88 pour les plus grands. Sachez qu’une Octave contient 12 notes. A partir de cela, comptez le nombre de touches, retirez 1 et divisez par 12 pour savoir combien d’octaves le clavier comportera.

Par exemple :

– 25 touches : (25-1)/12 = 2 Octaves

– 49 touches : (49-1)/12 = 4 Octaves

– 61 touches : (61-1)/12 = 5 Octaves

– 73 touches : (73-1)/12 = 6 Octaves

– 88 touches : Les pianos comportant 88 touches possèdent, eux, 7 Octaves + 3 notes.

     En effet, les autres claviers démarrent par un Do alors que le vrai piano commence par un La, soit 3 notes en plus en comptant le La, le La# et le Si.

     L’essentiel est qu’il faut qu’un pianiste choisisse un clavier possédant 88 touches pour jouer dans les mêmes conditions que s’il jouait sur un piano droit ou à queue et pouvoir ainsi jouer tous les morceaux du répertoire.

     À l’inverse, si vous voulez simplement vous servir d’un petit clavier pour piloter des sons à l’aide de quelques touches ou des pads, un Clavier Maître de 25 touches sera amplement suffisant. Vous pouvez monter jusqu’à 61 touches pour être encore plus à l’aise et ainsi jouer plus de notes en même temps.

     Entre les deux, un clavier de 49 à 73 touches est idéal lorsque l’on veut jouer du Clavier seul sur un Clavier Arrangeur. Cela permet d’avoir entre 3 et 5 Octaves pour les parties de Lead et 2 Octaves de libre pour plaquer les accords de l’accompagnement.

Le toucher :

     Le toucher est très important pour tout claviériste. Il l’est d’autant plus pour les pianistes et pour les praticiens MAO (eh oui ! 😉)

     Pour un pianiste qui souhaite acheter un piano numérique, le toucher est une composante importante de son choix car c’est grâce à lui qu’il ressentira au mieux la façon dont il jouera son morceau. Evidemment, un piano pouvant coûter très cher, le piano numérique reste souvent la meilleure solution.

     Il faut savoir que, depuis quelques années maintenant, les constructeurs ont fait d’énormes progrès sur la technologie du toucher des pianos. Bien sûr, plus le toucher est réaliste, plus le coût est important ! (Normal ! 😁)

     Pour les gens qui pratiquent la MAO, le toucher a quand même son importance car, numériquement, une touche peut être jouée de 128 façons différentes, pour 128 bits de données. (Non, on ne commence pas à rire sur ce genre de jeux de mots… ! 😁)

     Le toucher doit donc être réactif à des forces d’appuis différentes pour une même note, que l’on appelle aussi vélocité. En général, les petits claviers 25 touches de chez Akai possèdent un toucher suffisant pour assurer cette fonction. En MAO, il y a de plus la possibilité de modifier les valeurs de vélocité au sein du logiciel après avoir enregistré ! 🙂

Il existe différents types de touchers. Du plus « pratique » au plus « réaliste », on trouve :

– Le toucher léger ;

– Le toucher lesté ;

– Le toucher semi-lesté ;

– Le toucher pondéré ;

– Le toucher dynamique / aftertouch ;

– Le toucher lourd.

Pour choisir un instrument, il est conseillé de se rendre dans un magasin de musique et de tester les différents modèles.

Pour choisir ce qui vous convient le mieux, voici 3 astuces que je vous propose :

– Baissez le son à 0 sur le piano et jouez de la note la plus basse à la plus haute du clavier. Essayez de ressentir le répondant des touches par rapport à l’impact que vos doigts donnent et jonglez entre les pianos pour voir sur lequel vous vous sentez le plus à l’aise.

– Montez le son au maximum, et appuyez du plus doucement que vous pourrez sur une touche. Si c’est un bon modèle, vous n’entendrez aucun son. (Avec le volume au maximum, faites attention de ne pas faire de fausse manœuvre sur le clavier pour ne pas vous afficher en public dans le magasin ! 😁)

– Enfin, sélectionnez un morceau que vous connaissez parfaitement et qui possède des nuances faibles et fortes. Naturellement, jouez-le, mais avec le plus d’expression possible, comme si vous étiez en plein concert. Si possible, demandez à utiliser un casque pour vous rendre compte du rendu avec une écoute différente. Par expérience, je sais que je n’arrivais pas à jouer de la même façon sur certains claviers avec et sans casque.

Le son :

     Le rendu sonore est une caractéristique importante pour ressentir la façon dont on interprète son morceau. Comme pour le toucher, je vous conseille de vous rendre dans un magasin de musique pour avoir votre propre avis sur le son des différents claviers. Vous vous rendrez vite compte que, suivant le prix, certains sonnent vraiment « en carton ». Tout est une question de qualité des haut-parleurs et d’électronique. Et c’est à ce moment-là que vous comprendrez que votre portefeuille va se vider assez rapidement… 😁

     Pour les Claviers Arrangeurs, il convient également de vérifier qu’ils possèdent tous une polyphonie suffisante. Nous n’avons que 10 doigts, donc par logique, une polyphonie de 10 à 12 notes devrait être suffisante me direz-vous ? Eh bien non ! Il faut prévoir les utilisations du métronome, de la pédale, qui sont considérés comme des « voies » à part entière par le clavier et qui sont déduis de la capacité polyphonique totale. En général, pour être tranquille, la polyphonie des claviers monte jusqu’à 128 voies.

Les connectiques :

     Normalement, tout clavier numérique est équipé de connectiques lui permettant de s’adapter à toutes les situations : ordinateur via une carte son, table de mixage, système de sonorisation, etc. Cependant, certaines peuvent manquer à l’appel suivant les modèles – et c’est encore une question de prix 😉.

Je vous invite donc à vérifier que toutes les connectiques suivantes figureront sur le clavier que vous choisirez :

• Le MIDI via un port DIN ou USB.

     Comme expliqué un peu plus haut, posséder des entrées et sorties MIDI vous permettront de vous servir de votre clavier comme un clavier maître pour piloter des applications et instruments virtuels sur votre ordinateur. Souvent, une prise USB-A est disponible sur les claviers, mais elle permet simplement d’importer et d’exporter des Presets du clavier, ou bien de pouvoir lire de la musique en MP3 depuis celui-ci. Renseignez-vous donc bien auprès des vendeurs. 🙂 

• La Sortie Casque.

     On n’y pense pas assez, mais bénéficier d’une sortie casque vous permettra de jouer de votre instrument sans déranger vos voisins ou vos amis assis sur le canapé à côté, et croyez-moi, ça leur changera la vie ! 😉Mais de cette façon, vous pouvez également vous immerger totalement dans votre musique sans être distrait par l’ambiance autour, et ça, c’est plutôt sympa ! 🙂

• Les Sorties Ligne.

     Les sorties ligne permettent de récupérer le son du clavier et de l’envoyer vers un système de sonorisation annexe si les enceintes intégrées sont de basse qualité. Les fiches utilisées sont des Jack 6.35mm et sont au nombre de 2 : L/Mono et R. Ainsi, si vous ne pouvez relier qu’un seul câble vers votre clavier, utilisez la sortie L/Mono et le son sera converti en Mono. En revanche, si vous avez 2 entrées disponibles sur un autre système, vous pouvez utiliser les 2 entrées et vous bénéficierez d’un signal Stéréo. 🙂

     Les connectiques CINCH/RCA peuvent apparaître parfois pour remplacer les connectiques Jack. Il s’agit de 2 fiches, l’une blanche et l’autre rouge. Ces connectiques, délivrant un signal asymétrique, sont néanmoins de moins bonne qualité que des Jack qui transmettent un signal symétrique. Eh oui, vous les connaissez bien ! Ou du moins, vous avez dû les connaître… Il s’agit des mêmes connectiques que pour relier une console de jeu, un lecteur cassette ou DVD sur une télévision, avant l’apparition du numérique et des prises HDMI ! Le blanc et le rouge servaient à transmettre le son et le jaune la vidéo. Eh bien, sur les appareils audio, on a tout simplement enlevé la connectique jaune. 😉Allez, une petite photo pour la route !

 

  CONNECTEURS CINCH/RCA  

La sortie casque peut également permettre de récupérer le signal Stéréo, mais je vous déconseille de l’utiliser pour cet usage.

➡️ Si vous souhaitez des explications à ce sujet, ainsi que sur le signal symétrique et asymétrique, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire et je vous répondrai ! 😉

  • Les Entrées Ligne

     Sur certains claviers, on peut avoir des entrées en mini-jack TRS 3,5mm – pour pouvoir accueillir des musiques provenant d’un autre appareil, comme un ordinateur ou un smartphone. Elles permettent de pouvoir jouer sur une bande sonore, pour encore plus de fun ! 👍

     Avant toute chose, vous choisirez votre clavier en fonction du budget que vous avez, c’est l’évidence même. Réfléchissez donc bien avant de l’acheter, il peut s’agir d’un investissement sur le long terme. Cependant, les pianistes débutants pourront commencer à travailler sur des claviers plus petits avec un toucher léger et un son d’une qualité moyenne. Ces claviers étant moins onéreux qu’un vrai piano ou un piano numérique, vous pourrez choisir d’investir plus tard dans un instrument plus adapté à vos besoins.

     Je vous rappelle qu’il est indispensable d’essayer votre futur instrument avant de l’acheter. Veillez à bien appliquer les conseils que je vous ai décrits un peu plus haut et vous pourrez vous faire rapidement une idée de ce qui vous conviendra. De plus, si vous ne voulez pas acheter d’instrument neuf, il est tout à fait possible d’acheter un clavier d’occasion auprès d’un particulier. Faites simplement attention que tous les ports, enceintes et touches fonctionnent correctement, qu’il est en bon état et comparez son prix avec un modèle similaire neuf. Mais bon, c’est comme tout, et certains d’entre vous sont sûrement plus doués que moi sur ce sujet. 😉

Voilà, j’espère avoir apporté les réponses aux questions que vous vous posiez et que vous aurez pu trouver votre bonheur au sein de cet article. 🙂

     Laissez-moi un commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé, pour me poser une question, ou tout simplement pour m’encourager à continuer de vous écrire des articles avec un maximum de contenu. 🙂

   Vous pouvez également télécharger cet article au format PDF si vous souhaitez le consulter à tout moment ! Pour cela, cliquez simplement sur le bouton ci-dessous et téléchargez-le ensuite sur votre ordinateur ou sur votre smartphone ! 🙂

Pour laisser un commentaire, remplissez les champs requis et appuyez sur la touche “Entrée” de votre clavier.

Pin It on Pinterest