COMMENT DÉVELOPPER

LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 1/2

COMMENT DÉVELOPPER

LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 1/2

   Déchiffrer une partition n’est pas une mince affaire. C’est un exercice qui s’oppose à l’exécution pure et simple d’une partition après des heures d’entraînement mais qui contribuera quand même à l’amélioration de vos capacités et de vos réflexes musicaux.

   Certains pianistes ont développé ces capacités de déchiffrage avec le temps et en sont venus à accompagner facilement élèves, professionnels ou formations de groupe en déchiffrant des partitions quelques heures auparavant. Des épreuves de déchiffrage à vue sont d’ailleurs proposées lors d’examens du Conservatoire pour accéder à des diplômes assez avancés.

   Beaucoup de techniques existent afin d’améliorer la technique du déchiffrage et un article ne suffirait pas à toutes les détailler. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai préféré le diviser en 2 parties afin d’y voir plus clair. 🙂De plus, cette capacité se développera au fur et à mesure que vous pratiquerez votre instrument et que vous vous exercerez à déchiffrer de nouveaux morceaux.

   Voici donc 4 étapes qui vous aideront à déchiffrer un morceau plus rapidement en tant que pianiste. Bien évidemment, ces techniques sont modulables afin d’être appliquées pour tous types d’instruments.

I. LA MAÎTRISE DE L’AGENCEMENT DES NOTES : LE PREMIER PAS VERS UN BON DÉCHIFFRAGE.

I. LA MAÎTRISE DE L’AGENCEMENT DES NOTES : LE PREMIER PAS VERS UN BON DÉCHIFFRAGE.

1. LES NOTES SUR LE CLAVIER

1. LES NOTES SUR LE CLAVIER

   La première chose à maîtriser est l’organisation et la disposition des notes sur le clavier. Vous devez être, dans un premier temps, capable de dire la gamme de façon fluide en montant, en descendant puis en sautant des notes. Entraînez-vous par exemple à lire les notes en en sautant une sur deux, comme ci-après, en montant puis en descendant :

Sautez ensuite 2, puis 3, 4, 5 notes, etc.

   N’oubliez jamais que les notes de la gamme s’agencent de façon cyclique et non linéaire, bien que la visualisation du piano pourrait vous faire prétendre le contraire :

2. LES INTERVALLES

2. LES INTERVALLES

   Une fois que vous avez correctement intégré les différentes notes de la gamme en long, en large et en travers, il convient maintenant de visualiser les différents intervalles entre chacune d’entre elles. Vous devez être capable de reconnaître d’un coup d’œil que l’intervalle entre un Ré et un Si est une Sixte, et une Sixte Majeure qui plus est. Pour cela, voici un exercice qui pourra vous être utile :

Sélectionnez la note de votre choix.

• À partir de cette note, appliquez le schéma ci-dessous en « calculant » la note sur laquelle vous devez arriver.

• Faites cela d’abord en moins de 30 secondes, puis en moins de 20 secondes, puis en moins de 10, etc.

   Plus vous irez vite, plus cela voudra dire que vous maîtriserez l’agencement des notes sur le clavier et sur une partition. Pour vous aider, visualisez les notes au sein de la gamme (sous forme cyclique ou linéaire), sur une portée ou sur un clavier.

3. LE GRAPHISME DE LA PORTÉE

3. LE GRAPHISME DE LA PORTÉE

   Comme un déchiffrage s’effectue à partir d’une partition, il convient de décrypter le plus rapidement possible les notes les unes en fonction des autres et, pour cela, il vous faut comprendre le fonctionnement de l’écriture des notes sur une portée.

   Tout d’abord, si l’on regarde de plus près une gamme de Do Majeur, on se rend compte que les notes sont agencées de la façon suivante : ligne, interligne, ligne, interligne, ligne, etc. :

   On peut donc en conclure que les notes qui, consécutivement, ne sont situées que sur les lignes seront séparées d’une tierce à chaque fois. Bien évidemment, il en sera de même pour les interlignes :

Maintenant, il ne vous reste plus qu’à compter les différents écarts de lignes et d’interlignes pour en déduire les grandeurs d’intervalles :

• 1 saut : Tierce

• 2 sauts : Quinte

• 3 sauts : Septième

• 4 sauts : Neuvième

• 5 sauts : Onzième

• Etc.

Or, la lecture de notes ne s’arrête pas là.

   En effet, les notes jouées ne sont pas contenues simplement qu’à l’intérieur des 5 lignes de la portée. Des lignes supplémentaires viennent alors se rajouter afin de compléter l’étendue des 88 notes du piano. Et c’est là que ça se complique – un petit peu.

4. LES LIGNES SUPPLÉMENTAIRES

4. LES LIGNES SUPPLÉMENTAIRES

   Pour maîtriser la lecture sur l’intégralité de la « portée pianistique », une seule chose est nécessaire : s’entraîner, encore et encore. Il ne s’agit en effet ni plus ni moins que de l’apprentissage de lecture pur comme nous l’avons tous fait pour le français.

   Néanmoins, 2 choses vont pouvoir nous aider dans cet apprentissage et développer chez nous des réflexes de lecture qui deviendront de plus en plus rapides avec le temps.

A. L’APPRENTISSAGE DES CLÉS DE SOL ET DE FA
A. L’APPRENTISSAGE DES CLÉS DE SOL ET DE FA

   En effet, une seule Clé n’est pas suffisante pour s’y retrouver facilement dans toute cette étendue de notes. C’est pour cela que la Clé de Fa a été rajoutée et a toujours utilisée par les pianistes pour les parties graves et, par analogie, par les instruments au registre grave.

Si l’on regarde de plus près l’étendue des notes que l’on peut jouer en Clé de Sol, voici ce que cela donne :

• Les notes blanches sont les notes que l’on peut jouer en Clé de Sol sans rajouter de lignes supplémentaires ;

• Les notes bleues sont les notes jouées en Clé de Sol nécessitant une écriture sur des lignes supplémentaires ;

• Enfin, les notes rouges sont les notes qui ne seront jouées que par la clé de Fa.

   N.B. : Toutes les notes peuvent être théoriquement écrites en Clé de Sol. En revanche, la musique écrite sur partition est avant tout conçue pour être interprétée par des êtres humains. Une clarté maximale de la partition est donc primordiale et c’est pour cette raison que l’usage de différentes Clés est nécessaire.

Si l’on regarde maintenant la plage de notes destinées à être jouées en Clé de Fa, voici ce que l’on observe :

• Les notes blanches sont les notes que l’on peut jouer en Clé de Fa sans rajouter de lignes supplémentaires ;

• Les notes rouges sont les notes jouées en Clé de Fa nécessitant une écriture sur des lignes supplémentaires ;

• Enfin, les notes bleues sont les notes qui ne seront jouées que par la clé de Sol.

On peut donc en conclure que l’ensemble des notes jouées sur une portée en Clé de Sol et en Clé de Fa peut se représenter de la façon suivante :

… et qu’a contrario, l’ensemble des notes écrites sur des lignes supplémentaires peut se visualiser de cette manière :

   Cependant, un problème se pose. En effet, certaines notes situées dans la partie centrale du clavier peuvent être à la fois écrites sur la portée lorsqu’elles sont lues dans une des deux Clés et sur des lignes supplémentaires lorsqu’elles sont lues dans l’autre.

Prenons l’exemple du Sol 2. Celui-ci peut s’écrire des 2 façons suivantes :

   Et il en est de même pour plein d’autres notes. 22, pour être précis. De plus, les notes situées dans les extrêmes graves et aigus vont avoir deux ou trois façons de les écrire, ce que nous verrons par la suite.

   Ainsi, seulement 18 notes sur 88 auront une seule et unique possibilité d’écriture. Les voici :

Il faut donc être capable de savoir lire toutes ces notes bleues en lignes supplémentaires, c’est-à-dire pas moins de 70 notes !!

B. LE SYSTÈME DE L’OCTAVIATION
B. LE SYSTÈME DE L’OCTAVIATION

   Afin de lire plus facilement les notes dans l’extrême aigu et l’extrême grave, on va utiliser le système de l’octaviation. Cela consiste à annoter les notes d’un petit symbole afin d’indiquer qu’il faut jouer ces dernières une octave ou deux octaves au-dessus ou en dessous afin d’éviter de rajouter trop de lignes supplémentaires. Voici les 4 symboles que l’on peut rencontrer :

• 8va, ou « Ottava Alta », permet de jouer à un Octave au-dessus ;

• 8vb, ou « Ottava Bassa », permet de jouer à un Octave en dessous. 8vb peut s’écrire aussi 8ba, pour « ottava BAssa ».

• 15ma, qui pourrait s’écrire « Quindicesimo Alta », permet de jouer à deux Octaves au-dessus ;

• 15mb, ou 15ba, ou encore « Quindicesimo Bassa », permet de jouer à deux Octaves en dessous ;

 

   Les notes La, Si bémol, Si et Do sont les notes les plus répétées sur un clavier de piano. Si on prend l’exemple du La, voici les différentes façons que l’on a de l’écrire en utilisant les lignes supplémentaires ainsi que l’octaviation :

   Votre objectif est donc de savoir dorénavant repérer le plus rapidement possible chaque note de la portée ainsi que sur les 3 ou 4 premières lignes supplémentaires.

   De plus, il arrive fréquemment que la main droite – qui, rappelons-le, joue généralement en Clé de Sol – se retrouve à jouer en Clé de Fa car les notes indiquées sont trop graves par rapport au registre de la Clé de Sol. Bien évidemment, il en est de même pour la Clé de Fa.

  Cependant, il arrive qu’une ligne mélodique s’éloigne trop du « centre de sa portée », ce qui la contraint à lui rajouter davantage de lignes supplémentaires afin de respecter sa continuité. Dans ce cas-là, il faudra alors simplement compter le nombre de lignes rajoutées la première fois que vous déchiffrerez mais ce sera chose faite pour les prochaines fois. 🙂

  Voici un extrait d’une partition faisant apparaître une ligne mélodique commençant en Clé de Sol et se terminant en Clé de Fa avec, aux extrémités, des notes écrites avec beaucoup de lignes supplémentaires :

II. ASSIMILER RAPIDEMENT LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES D’UNE PARTITION : LA PREMIERE LUTTE POUR FACILITER LE DÉCHIFFRAGE

II. ASSIMILER RAPIDEMENT LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES D’UNE PARTITION : LA PREMIERE LUTTE POUR FACILITER LE DÉCHIFFRAGE

1. LES NOTIONS À PRENDRE EN COMPTE

1. LES NOTIONS À PRENDRE EN COMPTE

   Vous l’aurez compris, amis pianistes, tout ceci n’est pas simple au premier abord. Mais sachez que, pour votre plus grand bonheur, il y a beaucoup plus de paramètres à prendre en compte lorsque vous déchiffrez ou jouez un morceau ! (Génial, n’est-ce pas ? 😉)

Voici la liste de tout ce que vous devez gérer à la fois :

• La hauteur des notes avec 88 notes à répartir sur toute l’étendue du clavier avec entre 150 et 200 façons de les écrire ;

• La durée de chacune d’entre elles et le rythme des lignes mélodiques à la main gauche et à la main droite ;

• Le tempo du morceau ;

• Votre positionnement par rapport au piano et l’emplacement de vos bras et doigts ;

• Le doigté que vous devez utiliser ;

• La ponctuation ;

• Les nuances ;

• L’articulation ;

• Les intentions de jeu propres à la partition ;

• L’utilisation des pédales de Sustain et de la Una Corda.

   Essayez donc de respecter au maximum toutes ces petites intentions de jeu pour vous rendre davantage compte du résultat final de votre partition et afin de vous entraîner à prendre dès le début les bonnes habitudes. 🙂Cela vous paraîtra difficile au début, mais à force d’entraînement vous y arriverez. La question est :

Comment faire ?

Comment faire ?

Pour le savoir, découvrez-le dans la seconde partie en cliquant ici

À tout de suite ! 😉

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