COMMENT DÉVELOPPER

LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 2/2

COMMENT DÉVELOPPER

LE DÉCHIFFRAGE AU PIANO 2/2

   Soyez le bienvenue sur cette seconde partie de l’article « Comment développer le déchiffrage au piano ». Si vous êtes ici, c’est que la première partie vous a plu et que vous voulez en savoir plus. 😉Je vais donc reprendre là où je m’en étais arrêté et vous donner quelques astuces afin de déchiffrer un morceau le plus rapidement possible !

II. ASSIMILER RAPIDEMENT LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES D’UNE PARTITION : LA PREMIERE LUTTE POUR FACILITER LE DÉCHIFFRAGE

II. ASSIMILER RAPIDEMENT LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES D’UNE PARTITION : LA PREMIERE LUTTE POUR FACILITER LE DÉCHIFFRAGE

1. LES NOTIONS À PRENDRE EN COMPTE

1. LES NOTIONS À PRENDRE EN COMPTE

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2. DÉVELOPPER LA LECTURE EN RÉFLEXE POUR UN MEILLEUR DÉCHIFFRAGE

2. DÉVELOPPER LA LECTURE EN RÉFLEXE POUR UN MEILLEUR DÉCHIFFRAGE

  Plus vous prendrez de temps pour lire les notes et plus vous vous épuiserez rapidement avant même de commencer à travailler le morceau sur votre clavier. En effet, cela vous demandera un effort cérébral supplémentaire, une endurance et une motivation davantage mises à l’épreuve, ce qui vous fera associer musique et supplice.

   Ce n’est donc absolument pas ce que nous recherchons et, pour remédier à cela, il n’existe qu’une seule solution : rendre le plus automatique possible la lecture des notes en Clé de Sol et Clé de Fa, tout comme vous l’avez appris avec le Français ou toute autre langue par la suite.

   De plus, de façon plus avancée, chaque petite hésitation de quelques millisecondes que vous aurez aura un impact sur le temps de réflexion total que vous mettrez à déchiffrer et jouer votre partition, si on prend en compte tous les éléments de la liste évoqués dans la partie précédente.

A. LA CLÉ DE SOL
A. LA CLÉ DE SOL

   Il vous faudra donc travailler dans un premier temps le lien entre les différentes notes – en Clé de Sol et de Fa – et votre clavier.

  Le mieux est de commencer par une maîtrise minimale de la Clé de Sol puisque la Clé de Fa se « calcule » à partir de cette première Clé. Néanmoins, il convient de commencer son entraînement le plus rapidement possible et non plusieurs mois après votre découverte de la Clé de Sol. Rappelez-vous, vous êtes pianistes. Vous devez en l’occurrence être capable de gérer énormément de choses à la fois. Commencez donc dès à présent. 😉

   Dites-vous bien que si je vous dis tout ça, c’est pour votre bien et pour que vous puissiez gagner en efficacité et apprendre à jouer le plus de morceaux le plus vite possible ! 😀

  Une fois que vous avez travaillé cette liaison entre les notes et votre clavier, accélérez peu à peu la lecture jusqu’à ce que vous puissiez lire couramment. Vous devez être capable de lire aisément à ♩= 120 (c’est-à-dire avec votre métronome réglé sur 120 en lisant une note à chaque battement). Enfin, pour valider intégralement votre maîtrise de la lecture musicale, travaillez la lecture d’accords en énonçant chaque note de ceux-ci de bas en haut et le plus vite possible, à défaut de ne pas pouvoir les dire en même temps (on est humain, tout de même !).

Une fois ce parcours d’entraînement effectué, apprenez-vous à jouer directement sur votre clavier toutes les notes et accords que vous croisez.

B. LA CLÉ DE FA
B. LA CLÉ DE FA

  La Clé de Fa est stigmatisée comme étant plus compliquée que la clé de Sol puisqu’elle est considérée comme « moins naturelle ». C’est en effet la Clé de Sol que l’on utilise principalement pour chanter une mélodie aiguë, avec des fréquences de notes se rapprochant de la voix des femmes, enfants et de quelques hommes au timbre plus aigu. C’est d’ailleurs le son d’une femme que l’on écoute en premier dans notre vie puisque l’on perçoit les résonances de la voix de notre mère lorsque nous sommes encore dans son ventre (à moins que vous ne soyez un hippocampe et là, évidemment, ça change tout 😜).

 

  De plus, la Clé de Sol est souvent plus simple à jouer puisqu’elle est affectée aux mélodies « chantées » d’un morceau qui sont souvent écrites sous forme de lignes mélodiques incluant des petits écarts de notes. A contrario, la Clé de Fa nécessite un plus gros effort de déplacement afin de gérer toute la partie accompagnatrice, incluant basse, accords, arpèges, tout cela participant à l’ambiance très accentuée du morceau. Voici par exemple un extrait de la Nocturne Op.9 n°2 de Chopin qui permet de visualiser parfaitement ces notions de lignes mélodiques pour la Clé de Sol à la main droite et d’accompagnements pour la Clé de Fa à la main gauche :

  Voilà, vous savez maintenant pourquoi la Clé de Fa n’est pas la Clé principale que l’on apprend dès le début. Pourtant, bon nombre d’instruments ne jouent qu’en Clé de Fa : Le Cor, le Trombone, le Tuba, le Basson, etc. Vous pourriez alors les vexer en disant que leur Clé n’est que secondaire. 😉

  Mais imaginons, si le monde aurait été tout autre et qu’elle aurait été plus utilisée que la Clé de Sol, elle serait alors devenue plus simple à lire que cette dernière (oui, je me pose des problèmes existentiels 😁). Mais si je vous dis ça, c’est pour vous faire comprendre que le passage de la Clé de Sol à la Clé de Fa n’est qu’une question de point de vue. Vous devez sans doute savoir que pour passer de la Clé de Sol à la Clé de Fa, il vous faut lire 2 notes au-dessus (ou une Tierce au-dessus). Si vous ne le saviez pas, alors dorénavant c’est fait. 😉Dans un monde parallèle, nous aurions alors très bien pu apprendre la Clé de Fa dans un premier temps puis redescendre de 2 notes sur la portée pour trouver son nom en Clé de Sol.

  Dites-vous alors que de savoir lire en Clé de Fa, c’est lire en Clé de Sol en visualisant l’interligne ou la ligne située juste au-dessus, rien de plus simple en soi !

Voici, par exemple, un Si en Clé de Sol :

   On remarque qu’elle est posée sur la troisième ligne de la portée. Si on écrit cette même note sur la portée de la Clé de Fa, il faudra alors visualiser la note écrite sur la ligne suivante, soit la quatrième ligne :

   Nous pouvons alors lire un Ré. Ainsi, la note posée sur la troisième ligne en Clé de Fa sera également un Ré. 🙂

Apprenez donc à visualiser ce saut de ligne et d’interligne le plus rapidement possible et vous deviendrez vite un as de la lecture en Clé de Fa !

C. LA MAÎTRISE DES ACCORDS

   La lecture d’accords est le plus compliqué puisqu’elle requiert de savoir lire communément chacune des deux clés et de citer les notes de l’accord assez rapidement. Il est possible de rencontrer des accords dont les notes sont empruntées de la Clé de Sol seulement, ou de la Clé de Fa seulement. Or, il arrive assez fréquemment qu’il faille commencer par des notes se situant en Clé de Fa et de terminer avec des notes en Clé de Sol, ce qui demande un effort supplémentaire à notre cerveau. Voyez par vous-même :

   Dans le premier cas, les accords – identiques – à jouer ne sont destinés qu’à la Clé de Sol alors que dans le second cas, l’accord de fin doit être joué sur les deux portées.

            Quoi qu’il en soit, il est compliqué de lire ces accords si l’on doit lire note à note. Le but va alors être de repérer visuellement l’intervalle se dessinant entre chacune d’entre elles. Ainsi, en partant de la première note, vous allez pouvoir deviner les suivantes.

• Dans le premier cas, vous pouvez voir que l’accord qui se répète commence par un Fa. Fa#, pour être précis, puisque l’armure du morceau est constituée de 6 dièses sur 7.

   PS : Si la notion d’armure vous est totalement étrangère ou que vous avez simplement besoin d’une petite piqûre de rappel, je vous invite fortement à télécharger gratuitement mon guide « Les Bases de la Musique au Piano et à la Guitare » en remplissant les champs de formulaire sur le côté ou en bas de cette page ou en cliquant ici.

   En visualisant que les notes suivantes sont situées sur les 2 lignes suivantes, on peut en déduire qu’elles sont situées à la Tierce et à la Quinte au-dessus (2 notes et 4 notes au-dessus). De même, vous trouverez de plus amples connaissances sur les intervalles dans mon guide. 🙂La Tierce du Fa étant le La et sa Quinte étant le Do, il faudra jouer un accord de Fa#–La#–Do# (car le La# et le Do# sont également à l’armure).

• Pour le second exemple, la partie de l’accord jouée à la main gauche commence par un Fa et les notes suivantes sont la Quinte (2 interlignes au-dessus), l’Octave et la Tierce de l’Octave, soit une Dixième. Les notes équivalentes seront alors : Fa – Do – Fa – Lab (Lab car le Lab est à l’armure).

   Il est impossible de lire les notes d’un accord simultanément mais il faut quand même savoir le faire en les nommant rapidement. La construction automatique des accords est simplement un supplément indispensable pour accélérer le déchiffrage.

II. CE QU’IL FAUT FAIRE (OU NE PAS FAIRE !)

II. CE QU’IL FAUT FAIRE (OU NE PAS FAIRE !)

   Tout le monde peut apprendre la musique de façon autodidacte. Attention dans ce cas-là à ne pas prendre de mauvaises habitudes que vous garderez par la suite et qui vous seront très difficile à perdre. C’est pour cette raison qu’un professeur de musique est toujours conseillé lorsque l’on commence la musique ou un nouvel instrument.

   Pour ce qui concerne le déchiffrage, je vais donc vous donner dès à présent une liste de 7 choses qu’il vous faut absolument adopter ou que vous ne devez pas faire pour y arriver au mieux sans prendre de mauvaises habitudes. C’est parti ! 😉

1. NE JAMAIS DÉCHIFFRER UNE PARTITION SANS LA METTRE DIRECTEMENT EN APPLICATION SUR VOTRE CLAVIER

1. NE JAMAIS DÉCHIFFRER UNE PARTITION SANS LA METTRE DIRECTEMENT EN APPLICATION SUR VOTRE CLAVIER

Il vaut mieux que vous vous rendiez compte immédiatement du résultat sonore que cela peut donner, et cela pour 2 raisons :

• En écoutant le son du piano, vous aurez la motivation de vous continuer à déchiffrer. Après tout, vous recherchez avant tout un résultat concret plutôt qu’un résultat théorique lorsque vous vous asseyez derrière votre piano. En ne faisant que lire les notes, vous aurez l’impression que la lecture devient interminable, ce qui nuit énormément à la productivité. 🙂

• Pour la première main, il faut que vous commenciez à avoir le morceau « dans les doigts » très rapidement pour pouvoir ensuite passer à la seconde main, pour accélérer la vitesse ou pour ne vous concentrer que sur l’interprétation, par exemple.

2. DIRE LE NOM DES NOTES LORSQUE VOUS LES JOUEZ

2. DIRE LE NOM DES NOTES LORSQUE VOUS LES JOUEZ

   Cette technique est très efficace pour développer l’oreille des débutants et leur visualisation des notes, suites de notes ou accords qu’ils sont en train de jouer. Elle permet également d’apprendre à faire deux choses à la fois, ce qui est obligatoire chez un musicien, et d’autant plus chez un pianiste. Plus vous saurez faire de choses simultanément, plus vous deviendrez apte à réfléchir et réagir rapidement en cas de manque d’anticipation, lors d’un déchiffrage de partition ou lorsque vous devrez porter votre attention sur autre chose, un musicien à qui vous seriez l’accompagnateur, par exemple.

   Il faut se dire que notre cerveau n’est jamais assez réactif. Développons alors ses capacités à leur maximum.

3. NE PAS ÉCRIRE LE NOM DES NOTES SUR LA PARTITION !

3. NE PAS ÉCRIRE LE NOM DES NOTES SUR LA PARTITION !

   En complément de ce qui a été évoqué dans le point précédent, sachez qu’il ne vous mènera à rien de bon de marquer le nom des notes en dessous de chacune d’entre elles une fois que vous les aurez déchiffrées une première fois.

   En effet, si votre cerveau aperçoit ne serait-ce qu’une lettre de la note dans son champ de vision, il ne fera plus autant d’effort pour ce travail de déchiffrage. Vous perdrez donc en efficacité et la prochaine fois que vous ferez cet effort sera le moment où vous déchiffrerez un nouveau morceau.

4. DÉCHIFFRER DE MANIÈRE RÉGULIÈRE

4. DÉCHIFFRER DE MANIÈRE RÉGULIÈRE

   La régularité est ce qu’il y a de plus important dans beaucoup de domaines, et pas seulement en musique. Et la pratique du déchiffrage n’en est pas exclue.

   Entraînez-vous à déchiffrer toujours de manière régulière, en évitant au maximum les saccades et les arrêts. Si vous n’y parvenez pas, alors réduisez encore la vitesse de votre métronome.

   D’ailleurs, certains passages vont être simples à jouer au premier coup d’œil et d’autres bien plus compliqués, voire directement impossible à jouer. Or, une uniformité de votre jeu au moment du déchiffrage est primordiale puisqu’elle obligera votre cerveau à jouer les notes de façon constante en fonction de la facilité ou de la difficulté qu’il aura à déchiffrer ces notes. C’est d’ailleurs un très bon exercice et une bonne habitude à prendre afin de travailler sa rigueur en musique et d’être, par la suite, précis sur la rythmique du morceau.

5. DÉCHIFFRER EN CONTEXTE AVEC L’ARMURE

5. DÉCHIFFRER EN CONTEXTE AVEC L’ARMURE

   On le sait tous. Lorsque l’on lit des notes, on fait toujours abstraction des différentes altérations que l’on rencontre. Or, pour reprendre ce qui a été dit dans le premier point, il vous faut toujours jouer les notes directement sur votre clavier lorsque vous les déchiffrez, en plus de les lire éventuellement oralement. Dans ce cas-là, les dièses, bémols et bécarres sont, bien entendu, à prendre en considération puisqu’ils font partie intégrante de la caractéristique de chacune des notes de la partition. Ne lisez pas forcément « Fa DIÈSE » de façon orale, cela est inutile. N’omettez tout simplement pas de le jouer comme étant un Fa# et, au bout de quelques Fa# rencontrés et dans le cas où il est à l’armure et non en tant qu’altération accidentelle, vous saurez que tous les « Fa » que vous prononcerez seront automatiquement des Fa#.

   Cela vous obligera également à travailler le lien entre l’armure, les tonalités et les gammes associées afin de réagir directement et d’altérer instinctivement les bonnes notes. Encore une fois, tout ceci vous sera détaillé dans le guide ! 😉

   Par exemple, si vous avez une armure composée de 2 bémols, vous savez donc que vous êtes en Sib Majeur ou en Sol mineur. Si le caractère de votre morceau vous paraît plutôt « joyeux », vous êtes donc en Sib Majeur et vous savez que les 2 bémols que vous allez rencontrer seront le Sib et le Mib. Ceci est bien sûr un plus mais pourra vous permettre, avec le temps et de l’expérience, de mieux comprendre la musique et de mieux « percevoir » ce que vous jouez.

6. LE NOMBRE DE MORCEAUX À DÉCHIFFRER SUR UN AN

6. LE NOMBRE DE MORCEAUX À DÉCHIFFRER SUR UN AN

   Afin de garder un bon rythme de travail de déchiffrage et de progresser rapidement dans ce domaine, il est conseillé d’entreprendre entre 20 et 40 nouveaux morceaux à déchiffrer par an.

   Mais attention, on ne vous demande pas autant de morceaux d’un niveau bien supérieur au vôtre. Voici, dans l’idéal, ce qu’il conviendrait de travailler :

• Une dizaine de morceaux simples par rapport à ce que vous avez l’habitude de travailler que vous devez être capable de jouer quasi-instantanément ;

• Entre 10 et 20 morceaux correspondant à votre niveau. Le travail de déchiffrage sera très efficace et vous parviendrez rapidement à jouer ces morceaux afin de passer aux suivants.

• Une dizaine de morceaux d’un niveau plus avancé, qui vous demandera un déchiffrage lent mais nécessaire et qui vous fera découvrir techniquement de nouveaux styles d’écriture et de jeu.

   De cette façon, vous verrez qu’au bout d’un an, votre niveau sera bien meilleur et il vous sera de plus en plus facile de déchiffrer de nouveaux morceaux. 🙂

   Voilà, j’espère que cet article vous aura plu et surtout aidé à comprendre ce que vous devez travailler, dorénavant, pour devenir un pro du déchiffrage ! Dites-moi en commentaire si vous avez des techniques que vous utilisez en priorité et qui ne seraient pas évoquées dans cet article. J’ai hâte de lire vos retours et cela pourra également aider les débutants dans leur apprentissage. 🙂

Que la musique soit avec vous ! 😀

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