LA TRANSPOSITION EN MUSIQUE

   Hello les zikos et bienvenue dans ce nouvel article traitant du thème « La Transposition En Musique » ! 🙂

   La transposition en musique est un art consistant à faire varier la hauteur des notes tout en conservant néanmoins les distances mélodiques entre chacune d’entre elles.

   Vous souhaitez en savoir plus ? C’est ici que ça se passe !

  Dans cet article, je vous explique l’utilité de la transposition en musique, comment faire pour transposer efficacement et dans quels cas vous aurez besoin de savoir transposer… ou pas.

   Allez, go !

I. POURQUOI TRANSPOSE-T-ON EN MUSIQUE ?

   Comme dit plus haut, transposer permet de modifier entièrement une mélodie ou une harmonie en jouant sur sa hauteur tout en gardant quand même la cohérence entre chacune des notes originales.

   Cela signifie que vous devez toujours garder le même rapport d’intervalles entre chacune d’entre elles. Et c’est ça, le plus gros travail à produire en transposition.

   Maintenant, pourquoi transpose-t-on ?

   Pour plusieurs raisons :

  La première, c’est que certains instruments ne produisent pas les mêmes notes en fonction de leur fabrication.

   Vous expliquer ça en détail serait long et quelque soit peu hors-sujet, mais imaginez ceci :

   Si vous soufflez dans un tuyau de large diamètre, vous allez écouter un son assez grave.

  À l’inverse, en soufflant de la même façon dans un petit tuyau de la largeur d’une flûte à bec, vous obtiendrez un son plutôt aigu.

   Eh bien c’est sur ce principe-là que fonctionne la musique :

  En fonction de la longueur et de la grosseur du « tube » à l’intérieur de l’instrument, on va pouvoir jouer sur la hauteur des notes et attribuer le fait que la trompette sera vouée à jouée des mélodies aigues alors que le tuba devra s’occuper des parties graves de basse.

   C’est d’ailleurs le même principe pour la guitare avec les cordes : plus on rétrécit la longueur de la corde, plus le son devient aigu. Voilà pourquoi, en remontant le doigt vers les plus petites cases, on raccourcit la distance de vibration jusqu’au chevalet et on écoute… des sons de plus en plus aigus ! 🙂

   Tout ça pour vous expliquer quoi ?

  Que certains instruments existent sous différents « accordages » en fonction de la taille de leur « tube » interne.

   Par exemple, il existe plusieurs tailles de cors, de saxophones, de trombones, de clarinettes, etc.

   Et pourtant, la façon de jouer sur un cor restera la même d’un cor à une autre, même si l’un sera plus gros que l’autre. Enfin, presque, je pense… Je ne suis pas corniste, je ne connais pas les subtilités de cet instrument alors… Mea Culpa si je ne suis pas tout à fait juste !

   Mais bon, ça ne changera rien à ce que je veux vous expliquer ici.

   En tout cas, pour la même position de piston et pour le même souffle (encore une fois, je ne sais pas s’il y a des termes spécifiques pour désigner le souffle nécessaire à une gamme de notes…), lorsqu’on écoutera un « Ré » chez l’un, on écoutera un « Fa » chez l’autre. Incroyable !

   Oui, incroyable… Mais comment faire pour que 2 cors de grosseurs différentes jouent de façon cohérente (soit en faisant la même partition, soit en restant simplement dans des notes issues de la tonalité) alors que le son produit ne sera pas le même ?

   Eh bien, la réponse est simple : on va transposer !

   Et pour ça, on va soit :

 

• Réécrire la partition dans la même clé ou transposer directement à vue, c’est-à-dire corriger les différentes notes par des notes toutes décalées d’un même intervalle ;

• Réécrire la partition dans une autre clé plus adaptée.

 

   Voilà, ça, c’était la première raison pour laquelle on utilisait la transposition en musique.

   Maintenant, la seconde raison pour laquelle on transpose est simplement dû au fait que lorsque l’on souhaite composer un morceau, on utilise des thèmes mélodiques, des « cellules » de notes, des combinaisons qui serviront de fil rouge à l’œuvre, comme les riffs dans le Rock/Hard Rock/Metal !

   Seulement, dans la Grande Musique, les compositeurs vont beaucoup aimer partir sur quelques notes simples et les modeler à l’infini afin d’extraire toutes les ressources qu’elles peuvent apporter.

   Un exemple simple : La 5ème Symphonie de Beethoven.

   Seulement 4 notes : Sol – Sol – Sol – Mib.

   4 simples notes que Beethoven va répéter à l’infini et avec lesquelles il va jouer.

   Sa première transformation : Fa – Fa – Fa – Ré.

  Puis il réutilise cette mélodie – en utilisant le même rythme – pour la suite de sa mélodie en jouant sur les questions/réponses entre les différents violons/violoncelles et autres instruments.

   Alors, certes, toutes ces transformations ne sont pas considérées comme des modulations à part entièreje vous explique ce qu’est une modulation dans la partie suivante, pas de panique… – mais il va simplement transposer une petite cellule de départ à multiples reprises pour en créer… toute une symphonie. 🙂

   Et il n’est pas le seul à l’avoir fait. 😉

  Bon voilà, c’est bien joli tout ça, mais, concrètement… comment ça fonctionne, la transposition en musique ?

   Pas d’impatience, je vous explique tout ça tout de suite. 😉

II. COMMENT FONCTIONNE LA TRANSPOSITION EN MUSIQUE ?

A. LE PRINCIPE DE LA TRANSPOSITION

   Transposer une mélodie ou des accords, ça revient à moduler, c’est-à-dire à changer de tonalité. Et vous allez comprendre pourquoi.

   Prenons pour exemple la Sonate n°15 für Klavier de Mozart.

   Voici ce que joue la main droite du piano au tout début du morceau :

Notes du début de la Sonate n°15 de Mozart en Do Majeur pour l'article "La Transposition En Musique"
Notes du début de la Sonate n°15 de Mozart en Do Majeur pour l'article "La Transposition En Musique"

   Et maintenant, voici la même mélodie que l’on retrouve bien plus tard, à la mesure 42, sous cette forme :

Notes du début de la Sonate n°15 de Mozart transposées en Fa Majeur pour l'article "La Transposition En Musique"
Notes du début de la Sonate n°15 de Mozart transposées en Fa Majeur pour l'article "La Transposition En Musique"

   Vous remarquerez que c’est EXACTEMENT la même mélodie !

  La seule chose qui a changé, c’est la hauteur de l’intégralité des notes. Mais pas n’importe comment !

   Petit indice : chacune des notes a été surélevée de 5 demi-tons, soit d’une Quarte Juste.

   Eh oui, si on prend le premier « Do » du début et qu’on le compare au « Fa » que l’on a mesure 42, on se rend bien compte qu’il y a un écart de Quarte juste.

  Et vous pouvez prendre chacune des notes présentes sur ces 2 extraits, ce même écart est respecté à chaque fois !

   C’est ÇA, la transposition. 🙂

   Seulement, si vous regardez bien, il y a eu UN léger rajout afin que tout se passe au mieux… C’est l’apparition d’un bémol sur le « Si » dans la 2nde mesure du 2nd extrait.

   Et pourquoi ? Parce qu’un « Fa » que l’on transformerai en « Si » classique (ou bécarre) donnerait lieu à une Quarte Augmentée ! Et non à une Quarte Juste. Hum hum…

   Du coup, il était nécessaire de rajouter un bémol sur le « Si » pour transformer cette indésirable Quarte Augmentée (6 demi-tons) en Quarte Juste (5 demi-tons) !

  Maintenant, comment savoir à quels endroits rajouter ces altérations accidentelles, me demanderez-vous ?

    Eh bien, en réalité, c’est très « simple »… mais ça demande quand même un peu de maîtrise.

B. QUELQUES NOTIONS À MAÎTRISER…

   On vient donc de voir qu’il fallait rajouter un bémol au « Si » pour que la transposition s’effectue correctement. Mais la vraie question rigoureuse à se poser, c’est :

« Comment faire pour connaître les notes auxquelles il faudra rajouter un bémol, un dièse.. Ou un bécarre d’ailleurs, si jamais il y a déjà des altérations à la clé ! »

« Comment faire pour connaître les notes auxquelles il faudra rajouter un bémol, un dièse.. Ou un bécarre d’ailleurs, si jamais il y a déjà des altérations à la clé ! »

   Eh bien, je viens un peu de donner la réponse…

   En fait, si vous reprenez le tout début du morceau, vous n’avez aucune altération à la clé, votre accord formé par la basse d’Alberti à la main gauche « Do – Sol – Mi – Sol » forme un accord de Do Majeur si on regroupe toutes les notes. Et les 3 premières notes que vous avez à jouer à la main droite sont « Do – Mi – Sol »… encore un accord de Do Majeur !

   Maintenant, si on regarde l’armure, on se rend compte qu’il n’y a aucune altération à la clé, ce qui signifie que nous sommes soit :

   • En tonalité de Do Majeur ;

   • Dans la tonalité relative de Do Majeur : La mineur.

   Pas la peine de vous dire qu’on est donc bien à 200% en Do Majeur, pas de doute là-dessus !

  Si vous avez eu l’impression de lire du chinoiset que vous ne savez pas non plus lire le chinois 😂 – et que toutes ces notions vous paraissent incompréhensibles, alors ne fuyez pas tout de suite !

   Je vous propose de télécharger dès maintenant mon livre sur les Bases de la Musique au Piano & à la Guitare qui vous permettra de vous familiariser avec toutes les bases théoriques « difficiles » et de pouvoir être à l’aise avec toutes ces notions une bonne fois pour toutes. 🙂

   D’ailleurs, pour maîtriser la modulation et la transposition en musique, vous aurez besoin de bien connaître les intervalles, les tons & demi-tons, les gammes et les armures associées aux tonalités ! Ne tardez donc plus : téléchargez-le dès maintenant gratuitement :

   Bon, revenons à notre Do Majeur.

   Mais passons plutôt à notre transposition à la Quarte Juste.

   Réfléchissez rapidement : Si toutes les notes doivent être augmentées de 5 demi-tonsou d’une Quarte Juste – entre les 1er et le 2nd extraits, cela signifie alors que la tonalité elle aussi doit être transposée d’une Quarte Juste, soit de 5 demi-tons !

   Et donc, naturellement, on va passer de la tonalité de Do Majeur à celle de… Fa Majeur !

   Et maintenant, si je vous pose la question : quelle est l’armure présente en Fa Majeur ? Vous me répondez : 1 bémol. Et vous aurez bien raison. 🙂

   Encore une fois, si vous ne comprenez pas POURQUOI c’est le cas, je vous explique tout dans mon livre😉

  Alors, lorsqu’on assiste à des modulations en plein morceau comme c’est le cas à plusieurs reprises dans cette Sonate de Mozartet pas seulement qu’à cet endroit-là, on a 2 possibilités. Soit :

– Le morceau module pendant tout un mouvement : dans ce cas, on rajoute une double-barre de séparation2 barres de même largeur que l’on trouve en plein milieu d’un morceau pour changer de tonalité, de signature rythmique, de tempo, etc. – et on change carrément l’armure, comme ceci :

Modulations en cours de morceaux pour l'article "La Transposition En Musique"
Modulations en cours de morceaux pour l'article "La Transposition En Musique"

– Le morceau module rapidement au bout de quelques mesures et à plusieurs reprises : dans ce cas, on rajoute simplement des altérations accidentelles pour compenser l’adaptation à la nouvelle tonalité mais sans tout changer à chaque fois, ce qui pourrait vite s’avérer long, fastidieux et illisible par l’instrumentiste.

   Et comme c’est le 2nd cas qui se passe dans cette Sonate, on ne change pas TOUTE l’armure simplement pour moduler en Fa Majeur pendant quelques mesures, on va simplement rajouter les altérations en tant qu’altérations accidentelles sur les notes qui en auront besoin pour respecter les intervalles présents dans la gamme de Fa Majeur. 🙂

   Et en Fa Majeur, comme on a 1 bémol à la cléqui est le Si bémol, on rajoutera donc des bémols sur tous les « Si » que l’on rencontrera. 🙂

   Et voilà, vous venez de réussir à transposer comme des chefs ! 🙂

III. QUELS INSTRUMENTS TRANSPOSENT ? ET COMMENT ?

   Comme je vous l’ai expliqué, en fonction de la fabrication des instruments, certains ne vont pas produire les mêmes sons que d’autres.

   Et ce qu’il faut bien comprendre et retenir coûte que coûte, c’est ceci :

• Si un Cor en Fa joue un « Do », alors on écoutera un « Fa » ;

• Une Clarinette en Mib qui jouera un « Do » fera sonner un « Mib » ;

   Et c’est pour cette raison que leurs partitions devront être transposées pour compenser ces intervalles de décalage.

   Par exemple, si la Sonate que l’on a vu plus haut avait dû être jouée par une clarinette Sib, on aurait tout entendu… un ton plus bas, puisqu’il y a une Seconde Majeure descendante entre le « Do » et le « Sib » !

   Pour rééquilibrer tout ça, il aurait donc fallu réécrire toutes les notes une Seconde Majeure plus haut, et l’amure ne correspondrait plus à une tonalité de Do Majeur, mais à une tonalité de… Ré Majeur ! Et en Ré Majeur, on a 2#. 🙂 Voyez par vous-même :

Réécriture transposée d'une mélodie en Ré Majeur pour une clarinette Sib pour l'article "La Transposition En Musique"

   Et il faudra faire ça pour tous les instruments transpositeurs.

   D’ailleurs, en parlant de ces derniers, voici une petite liste de ceux qui existent :

 

Chez les bois :

– Saxophones :

• Sopranino en Mib

• Soprano en Sib

• Alto en Mib

• Ténor en Sib

• Baryton en Mib

• Basse en Sib

• Contrebasse en Mib

 

– Clarinettes :

• Sib

• La

• Mib

• Basse en Sib

 

Chez les cuivres :

• Trompette en Sib

• Cornet en Sib

• Cor en Fa

• Tubas en Do, Fa & Mib

• Contretuba en Sib

 

   Chez les cordes, seules la guitare et la contrebasse transposent naturellement puisqu’on les écoute une octave en-dessous de ce qui est affiché sur leur partition.

   De plus, certains de ces instruments utilisent des clés différentes, tout comme le fait le Violon Alto en utilisant la Clé d’Ut 3.

   Alors, de la même façon qu’avec la Clé de Fa, il faut transposer pour les lire mais, cette fois, pas pour les mêmes raisons.

   En effet, le violon alto n’a pas une armature construite de telle sorte que l’on écoute une autre note que celle qu’on joue. Mais le problème avec cet instrument-là, c’est qu’il produit des sons dans un registre à mi-chemin entre la Clé de Fa et la Clé de Sol, ce qui fait que la plupart des notes ne se trouvent pas au milieu de la portée. Et ça, c’est un problème puisque ça peut vite devenir insupportable à la longue.

   Pour remédier à ça, on a donc décidé que cet instrument devrait jouer dans une clé différente : la Clé d’Ut 3, qui lui demande de lire les notes une Seconde au-dessus par rapport à la Clé de Sol.

   Et c’est le même combat avec la Clé de Fa : il faudra lire une ligne ou un interligne au-dessus par rapport à la Clé de Sol !

 

   Voilà, je pense avoir fait le tour sur ce qu’est la transposition en musique, sur ce qu’elle permet de faire et sur la façon avec laquelle on peut la gérer au mieux.

   Pour conclure, n’ayez pas d’inquiétude : vous apprendrez naturellement la clé qui correspondra à votre instrument et, avec le temps, elle deviendra naturelle pour vous.

   Inquiétez-vous davantage si vous souhaitez devenir chef d’orchestre : là, vous devrez savoir lire TOUTES les cléssimultanément😉

   Laissez-moi un commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé et… À tout de suite pour un prochain article !

   Découvrez également les autres articles dans la même thématique : « Les Intervalles En Musique », « Rythme Binaire et Ternaire » et « Travailler Son Oreille Musicale ». 🙂

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