La Liaison en Musique

2 formes. 2 rôles : l’un technique, l’autre “expressif”. La liaison en musique est un symbole à 2 facettes, et je vous explique pourquoi juste ici :

Par :

Solfège

Bienvenue dans cet article traitant du thème : « La Liaison En Musique »… et bonne lecture ! 🙂

Depuis le début notre série d’articles autour des symboles en musique, j’ai voulu attirer votre attention sur une analogie particulière entre la musique… et la langue française (et toute autre langue utilisant l’alphabet je présume, je ne connais pas toutes les langues).

D’ailleurs, si vous avez raté les 1ers articles et que vous voulez reprendre la série depuis le début, vous pouvez le faire en partant de l’article de votre choix :

1. Les Mesures en Musique

2. Les Clés en Musique

3. Les Altérations

Cette analogie, c’est le fait qu’une partition se décompose de la même façon qu’une phrase… Du moins, dans les grandes lignes.

En effet, tandis qu’une phrase commence par une majuscule… une partition, elle, commence par une Signature Rythmique, une Clé et une Armure.

La Signature Rythmique permet d’indiquer la temporalité – et donc la rythmique – du morceau. La Clé et l’Armure, quant à elles, gèrent la hauteur des notes (tonalité et tessiture). Néanmoins, celles-ci réapparaissent au début de chacune des lignes a contrario de la Signature Rythmique qui n’est présente qu’au tout début de la partition (à moins qu’elle ne soit modifiée en cours de route).

D’ailleurs, la musique ne présente pas que cette similitude. Le temps et l’espace ont également un rôle à jouer : Tandis que les notes dansent dans une dimension spatiale, elles apparaissent à certains moments et s’éteignent à d’autres, faisant apparaître aussi leur dimension temporelle.

Très intéressant, tout ça. Eh bien, lorsque l’on parle de la liaison en musique, on établit encore un lien autour de ces deux analogies ! Et c’est justement ce que je vais vous expliquer en vous présentant les 2 facettes d’un même symbole qu’est la liaison en musique.

I. LA LIAISON DE PROLONGATION

Commençons par l’aspect temporel.

Si vous avez appris les rudiments du rythme, vous avez dû apprendre qu’il existait plusieurs figures de notes et plusieurs figures de silence. Si vous avez besoin d’une petite piqûre de rappel, voici le lien dans l’article qui vous fera tout vous remémorer :

D’ailleurs, si vous souhaitez enfin comprendre comment fonctionne la musique de A à Z et ainsi vous débarrasser de la vision du solfège comme étant la “bête noire” qui vous empêche d’avancer, je vous propose de télécharger dès maintenant mes livres : L’Essentiel de la Musique au Piano et à la Guitare (mais applicables à n’importe quel instrument) et L’Oreille “Absolue” Pour Tous.

Et grâce à ces livres, vous maîtriserez une bonne fois pour toutes toutes les bases théoriques, vous comprendrez par quels principes il est possible de développer son oreille et vous pourrez, vous aussi par la suite, retrouver n’importe quelle mélodie, n’importe quel accord à l’oreille.

Alors, si l’un de vos objectifs est de pouvoir rejouer toutes les chansons que vous écoutez à l’oreille sans utiliser de partition, renseignez simplement les 2 champs requis et je vous envoie ces 2 livres dans la minute… et gratuitement, s’il vous plaît ! 😉

Maintenant que c’est plus clair pour vous, vous pouvez sans doute remarquer UN problème MAJEUR avec ce système de comptabilité des temps.

Eh bien, on connaît des notes et des silences qui vont avoir une durée de 4 temps, 2 temps, 1 temps, un demi-temps, un quart-de-temps, etc.

Mais si nous souhaitons écrire une note qui durera 3 temps ? Ou bien encore 6 temps et demi… Comment l’écrirons-nous dans ce cas-là ?

Alors, il est vrai qu’il existe un symbole spécifique qui permet d’étirer la longueur initiale des notes. Ce symbole, c’est le point. Il transforme donc des notes dites « par défaut » en note « pointées ».

Et grâce aux notes pointées, il est possible d’obtenir des notes durant 1 temps et demi, 3 temps, 7 temps, etc.

Pour en savoir plus sur les notes pointées, tout est – encore une fois – expliqué dans mon livre, ainsi que dans cet article-là :

Mais dans l’immédiat, pour obtenir des valeurs différentes que celles par défaut, je ne parle pas du point… Mais bien d’une liaison : la liaison de prolongation.

Elle est un petit peu la sœur jumelle du point puisqu’effectivement, elle permet elle aussi de prolonger la durée des notes.

Cependant, contrairement au point qui « transforme » une note, la liaison de prolongation permet d’additionner simplement plusieurs notes à la suite des autres, alors qu’une noire avec un point n’est pas une « noire avec un point »… C’est une noire pointée, un point c’est tout (ahah, c’est cocasse didon).

Et de ce fait, le point présente d’ailleurs un inconvénient important par rapport à la liaison en musique ! Certes, il permet de modifier la durée des notes en un minimum d’indications et donc évite de surcharger la partition du mieux qu’il peut, mais malheureusement, il répond au même problème que les noires, blanches, rondes et toutes ces bestioles-là : on ne PEUT PAS écrire plus de figures de notes qu’il n’en faut dans une mesure !

Prenons par exemple une partition avec des mesures à 4 temps. Comme je l’ai expliqué dans mon précédent article sur le sujet – que vous pouvez consulter en cliquant ici,  dire que l’on a une mesure à 4 temps signifie qu’on devra y trouver EXACTEMENT 4 temps répartis entre toutes les notes présentes ! Voici donc une petite liste non exhaustive des possibilités de figures de notes que vous pouvez avoir :

Remplissage d'une mesure à 4 temps sous différentes formes pour l'article "La Liaison En Musique"

Eh bien, étant donné que le point est une « note transformée », qu’il fait apparaître une « nouvelle famille de figures de notes », il devra répondre à cette même contrainte.

DOOONC, si vous voulez avoir une note qui dure 6 temps alors que vos mesures ne peuvent pas contenir plus de 4 temps, eh bien… vous êtes n*****.

Voilà pourquoi apparaît… La Liaison En Musique ! Grâce à elle, vous allez pouvoir faire durer vos notes plus longtemps, tout en utilisant plusieurs mesures pour ça. Merveilleux, n’est-ce pas ? 😉

Bon mais alors, maintenant que vous avez compris ça, comment fonctionne-t-elle donc, cette liaison de prolongation ?

Eh bien, il suffit d’ajouter ce petit symbole entre 2 notes de votre choix, et le tour est joué !

Oui mais attention, il faut quand même respecter UNE petite règle avant de faire n’importe quoi et de vouloir prolonger les notes n’importe comment :

Vous avez le droit d’additionner autant de notes que vous voulez entre elles, peu importe leurs durées, mais seulement si elles sont STRICTEMENT identiques ! Regardez plutôt par vous-même :

Divers exemples de liaisons de prolongation pour l'article "La Liaison En Musique"

C’est bien normal. Vouloir faire durer une note plus longtemps signifie laisser son doigt appuyé plus longtemps sur la touche – dans le cas du piano par exemple. Or, si vous reliez 2 notes qui n’ont pas le même nom, vous allez devoir changer de touche et, ben… ça marchera pas quoi (5ème mesure).

Idem si les noms de notes sont identiques MAIS qu’elles ne sont pas écrites à la même octave. Là pareil, c’est logique, vous allez devoir changer de touche donc ça ne fonctionnera pas (6ème mesure).

Enfin, si, ça peut marcher, mais seulement dans un cas différent. Ce cas ? C’est l’AUTRE facette de la liaison en musique : la liaison d’expression !

II. LA LIAISON D’EXPRESSION

Voilà. Quand on parle de la liaison en musique, on ne sait jamais de laquelle on parle. Est-ce la liaison de prolongation ou bien la liaison d’expression ? Après tout, une liaison ne ressemble pas plus à une liaison… qu’une autre liaison !

Alors, pour que vous sachiez faire le distinguo, je vais tout vous expliquer.

Cette fois, au lieu de nous concentrer sur la temporalité des notes, on va porter une attention spéciale à leur phrasé.

Le phrasé en musique est la façon dont seront jouées les notes lors de l’interprétation du morceau. En effet, la première étape à faire lorsque l’on déchiffre une nouvelle partition, c’est de réussir à enchaîner toutes les notes avec les bons doigtés, en respectant les bons rythmes, etc. Autrement dit, il faut maîtriser son morceau sur le bout des doigts d’un point de vue technique, théorique et terre à terre.

Puis vient l’étape de l’interprétation.

Oui, vous ne pouvez pas interpréter du Chopin comme vous jouerez du Haendel ou du Mozart.

Il faudra respecter les nuances progressives (crescendo, decrescendo, etc.), les nuances fixes (forte, mezzo-piano, pianissimo, etc.), les notes piquées et lourdées, les ralentissements et accélérations ponctuelles, les points d’orgues, etc. Et dans le lot des intentions d’interprétation, on retrouve… le respect du phrasé.

Pour faire (une fois de plus) un lien avec le français, vous ne pouvez pas dire :

« Aujourd’hui il fait, *respiration*, beau. »

Non, on vous appris qu’il fallait prendre votre inspiration avant de commencer votre phrase, la dire sans reprendre votre respiration et reprendre son souffle à la fin.

Eh bien, vous l’aurez compris : en musique, c’est la même chose. Mais contrairement aux phrases d’un livre, ces respirations sont très souvent indiquées par des symboles.

Parfois, on trouve des « virgules » qui nous indiquent quand respirer :

Indication du phrasé par la virgule de respiration pour l'article "La Liaison En Musique"

Parfois, on ne trouve carrément RIEN du tout et, comme en français, il faut savoir le deviner grâce au mouvement des notes, à la couleur des accords utilisés, aux cadences qu’ils provoquent et à de multiples autres indices à détecter après analyse.

Mais lorsque le phrasé est précisé, l’indication la plus courante est la liaison d’expression.

Si l’on disait juste avant que la liaison de prolongation ne pouvait s’écrire qu’entre 2 notes pour que l’on comprenne qu’il faille les additionner, la liaison d’expression, elle, peut relier plusieurs notes d’un coup, comme ceci :

Exemple de liaison d'expression pour l'article "La Liaison En Musique"

Mais elle peut également ne relier que 2 notes, comme voici :

Exemple de la liaison d'expression entre 2 notes pour l'article "La Liaison En Musique"

Attention, ne vous y trompez pas : cette dernière liaison entre 2 notes ne peut pas être une liaison de prolongation, puisque les notes sont différentes. Dans ce cas-là, elle permettra simplement d’indiquer qu’il faudra lier les notes pour obtenir un rendu plus « groupé » entre ces notes.

Prenons un petit exemple pour terminer cette différenciation de la liaison en musique avec la Nocturne n°2 de Chopin :

Exemple de la Nocturne n°2 de Chopin pour l'article "La Liaison En Musique"

En regardant ne serait-ce que les premières mesures de la partition, on se rend compte qu’elle est gorgée de liaisons, que ce soit à la main droite ou à la main gauche. Du coup, à vous d’essayer de différencier les liaisons de prolongation et d’expression !

Allez, je vous mets la correction. 😉 Pour la visualiser, renseignez simplement les champs indiqués et je vous débloque le contenu immédiatement :

Exemple de la Nocturne n°2 de Chopin pour l'article "La Liaison En Musique" - Correction

Voilà, j’espère que cet article sur la liaison en musique vous aura permis de mieux comprendre les différences entre ces 2 types de liaisons !

Pour lire la suite de la série sur les symboles musicaux, c’est ici que ça se passe avec le Staccato :

À tout de suite de l’autre côté !

Vous pouvez également télécharger cet article en PDF pour le consulter où vous voulez et quand vous le souhaitez ! 🙂 Pour cela, cliquez simplement sur ce lien :

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   Découvrez également les autres articles dans la même thématique : « La Signature Rythmique », « 10 Erreurs À Éviter En Musique » et « Apprendre Les Accords Au Piano ». 🙂

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