10 ERREURS COMMISES PAR LES DÉBUTANTS À BANNIR ABSOLUMENT !

10 ERREURS COMMISES PAR LES DÉBUTANTS À BANNIR ABSOLUMENT !

   Quelle que soit l’activité artistique ou sportive que l’on souhaite commencer, il est indispensable de connaître les bases de son domaine et de ne pas prendre dès le début des mauvaises habitudes qu’il serait difficile d’oublier par la suite… et la musique ne fait pas exception à la règle !

   Voici donc un petit article récapitulant 10 erreurs qui sont commises par un bon nombre de débutants et qui empêchent de progresser rapidement.

1. L’OUBLI DU MÉTRONOME

   Ah qu’est-ce qu’on l’aime cette petite bête… Ou pas ! Et pourtant, il est extrêmement conseillé d’utiliser un métronome à chaque fois que vous déchiffrez un nouveau morceau, que vous soyez débutant ou professionnel. Il permet de décrypter plus facilement les passages plus « chargés » en notes ou en rythmes en nous indiquant exactement l’endroit où vont tomber ces notes. De plus, un débutant aura tout intérêt à l’utiliser afin de se familiariser avec la notion de pulsation et avec les différents rythmes existants – exemple avec les triolets, les syncopes et autres rythmes avancés. Enfin, ce petit outil permet de maintenir un tempo lent sans pouvoir laisser la possibilité d’accélérer lors du déchiffrage d’un nouveau morceau. Autant dire qu’il est plutôt utile. 🙂

2. UN MAUVAIS POSITIONNEMENT PAR RAPPORT À SON INSTRUMENT

   Perdre une mauvaise habitude avec le temps est une chose délicate. Et la posture vis-à-vis de son instrument ou le positionnement de celui-ci en fait partie. Peut-être vous dites-vous que ce n’est pas la première préoccupation à avoir, mais sachez que si vous commencez à jouer d’un instrument avec la mauvaise position et que vous la conservez avec le temps, alors vous aurez du mal à la rectifier le jour où un professeur de musique vous demandera de vous positionner correctement.

   Le problème d’un mauvais positionnement ? Vous allez le compenser naturellement en positionnant vos mains et vos doigts de telle façon que vous allez vous fatiguer rapidement. De plus, quand vous jouerez des morceaux rapides demandant dextérité et précision, cette mauvaise position de vos doigts entraînera des crispations inutiles supplémentaires à celles que rencontrerait un musicien professionnel sur un morceau technique en conditions optimales. Respectez donc à tout prix ce positionnement pour partir sur de bonnes bases. 🙂

   Je vous invite par ailleurs à télécharger gratuitement mon guide « Les Bases de la Musique au Piano et à la Guitare » dans lequel vous trouverez comment vous positionner correctement devant un piano. Pour la guitare, vous pouvez vous référer à l’article se référant ici.

3. VOULOIR BRÛLER LES ÉTAPES ET JOUER TROP VITE

   Un défaut que je retrouve très souvent chez certains de mes élèves est celui de vouloir jouer un morceau d’une traite et à vitesse maximale dès le moment où ils commencent à déchiffrer la partition. Ne le niez pas, vous le faites sûrement vous aussi ! 😉Moi, je l’avoue, cela a été mon cas durant mes premières années d’apprentissage du synthétiseur et ma prof me le rappelait bien. 😁

   Vous pouvez bien entendu directement déchiffrer votre morceau plus rapidement ou à 2 mains si vous en avez le niveau, mais il sera néanmoins important de ne pas faire du « yaourt » et de respecter proprement toutes les intentions de la partition. Et c’est dans ce cas-là que le déchiffrage lent est essentiel.

   Si vous ne prenez pas en compte toutes ces intentions dès le début du déchiffrage mais que vous jouez directement votre morceau à la vitesse maximale, vous allez le travailler en boucle en ayant dans l’oreille une mauvaise « visualisation » du résultat final. Vous pourrez peut-être le rectifier, mais ce sera plus délicat. Ainsi, en commençant par déchiffrer lentement puis en intégrant les intentions d’interprétation au fur et à mesure, votre cerveau assimilera ces dernières plus facilement et vous pourrez jouer votre morceau à la vitesse maximale sans avoir pris de mauvaises habitudes à ce niveau-là.

4. APPRENDRE PARALLÈLEMENT LA MUSIQUE À PARTIR DE LOGICIELS ET DE JEUX VIDÉOS

   Synthesia, RockSmith, voire même Guitar Hero, tous ces noms de logiciels et jeux vidéos vous disent sûrement quelque chose. En effet, vous avez peut-être déjà voulu apprendre la musique, un instrument ou des morceaux en particulier à partir de ces supports comme des millions de personnes. Et c’est tout à votre honneur.

  Cependant, vous avez dû vous rendre compte qu’il est plus ou moins facile de suivre une partition virtuelle sur un écran vous indiquant quoi jouer, mais qu’il est encore plus difficile de le jouer une fois l’écran éteint. Pourquoi ? Eh bien, tout simplement car, pour cela, vous devez faire appel à votre mémoire.

   Or, pour mémoriser un morceau de 2, 3 minutes voire plus, il vous faudra répéter encore et encore ce morceau jusqu’à pouvoir le jouer par cœur, sans vous aider de la partition sur les logiciels. Vous devrez donc savoir le jouer parfaitement dans un premier temps puis de le mémoriser dans un second temps, ce qui peut être plus ou moins long en fonction de la longueur du morceau, de sa difficulté, de votre niveau de maîtrise de l’instrument, ainsi que plein d’autres facteurs rentrant en compte.

   Je n’ai personnellement jamais pu apprendre à jouer un morceau de piano grâce à Synthesia ou RockSmith, et Guitar Hero ne reflète tout simplement pas la réalité de la guitare. En revanche, ces logiciels permettent de développer d’autres capacités comme la dextérité, la coordination des mains et des doigts ou la vitesse de traitement des informations pour les exécuter le plus rapidement possible. Comme je l’ai mentionné dans mon guide, j’ai d’ailleurs pu comprendre et assimiler les premières bases de coordination des mouvements en batterie grâce à Guitar Hero. Mais cela m’a pris énormément de temps et le résultat est tel que, de tête, je ne sais jouer qu’un rythme simple et répétitif dès que je me retrouve derrière une vraie batterie.

   Mon conseil à l’encontre de ces outils est donc de s’en servir à bon escient pour s’amuser ou pour d’autres raisons spécifiques, mais il est indispensable de savoir jouer d’un instrument avec une bonne vieille base musicale et de se référer aux méthodes traditionnelles qui sont encore aujourd’hui les plus efficaces (ou éventuellement d’apprendre à jouer à l’oreille, comme certains grands pianistes et guitaristes de l’histoire l’ont fait !)

5. NE PAS APPROFONDIR LES PASSAGES DIFFICILES

   Une des erreurs les plus courantes chez l’ensemble des pianistes est… de ne pas assez travailler ! C’est vrai que, comme ça, ça paraît assez logique… 😁Mais, en réalité, beaucoup de pianistes, débutants comme expérimentés, désirent jouer leur morceau le plus vite possible en privilégiant un rendu « qui passe » plutôt que de parfaire les passages contenant des petites imperfections. Et, en effet, il s’agit d’un travail délicat qui requiert rigueur et patience. On pourrait représenter cela sur un graphique, avec la courbe rouge représentant le temps de travail nécessaire à la réalisation partielle du morceau et la courbe jaune celui nécessaire à la correction des imperfections restantes :

   On s’aperçoit donc que cette seconde phase de travail est plus importante mais c’est elle qui vous permettra de faire ressortir toute l’intensité du morceau que vous interpréterez. Faites-vous donc violence et travaillez scrupuleusement pour ne pas bâcler votre œuvre. 😉

   Mais avant tout, le piano doit rester un plaisir. Ainsi, même si travailler dur est important, faire des pauses l’est tout autant. Pour cela, rejouez de temps en temps d’autres passages de votre morceau que vous maîtrisez ou un autre que vous affectionnez pour ne pas rester figés sur un endroit précis de votre partition. À vous de trouver l’équilibre entre travail et pauses qui vous correspond au mieux pour une meilleure efficacité🙂

6. NE PAS ÊTRE RÉGULIER DANS SA PRATIQUE D’INSTRUMENT

   C’est bien connu, si vous souhaitez progresser dans quelque domaine que ce soit, il faut faire preuve de rigueur et de régularité. Ainsi, en musique comme dans toute autre activité, une irrégularité trop prononcée dans la pratique d’un instrument vous empêchera de progresser efficacement.

   Même si ce point est davantage destiné aux musiciens débutants plutôt qu’aux plus expérimentés, 15min de pratique quotidienne est recommandée au minimum pour toujours progresser davantage et pouvoir atteindre les 40 morceaux déchiffrés par an nécessaires à votre progrès. (Pour plus de détails, vous pouvez vous référer à l’article « Comment développer le déchiffrage au piano »).

   Il est d’ailleurs inutile de travailler son instrument pendant 4h par jour pendant seulement 3 jours puis, après, de ne plus y toucher pendant une semaine. Sachez donc vous octroyer un temps maximal par jour que vous êtes sûr de respecter pour travailler petit à petit et vous progresserez plus efficacement (15 minutes par exemple). 🙂

7. DÉCHIFFRER DES MORCEAUX TROP DIFFICILES

   L’une des raisons pour laquelle beaucoup de personnes de plus de 10 ans souhaitent débuter un instrument est qu’elles souhaiteraient de tout cœur jouer tel ou tel morceau écouté chez un artiste ou dans un film. Rien de plus normal.

   Cependant, 90% de ces morceaux sont dits « modernes » et ne nécessitent pas la même approche que les morceaux issus de la Grande Musique – Classique, Romantique, etc. Ainsi, la plupart de ces morceaux ne paraissent pas compliqués à jouer mais requièrent quand même de maîtriser de solides bases qui ne sont pas forcément accessibles à tous.

   Par exemple, l’intro de « To Build A Home » de The Cinematic Orchestra n’est composée que de quelques accords plaqués sur un tempo très lent. On pourrait donc supposer que c’est simple et facilement réalisable par tout le monde dès le premier abord. Or, en regardant de plus près la partition, on se rend compte que celle-ci est composée de 3# à l’armure, que les rythmes présents à partir de la 3ème mesure ne sont pas forcément évidents et qu’il est bien entendu nécessaire de maîtriser la Clé de Sol et la Clé de Fa en accords ainsi que d’autres notions telles que les liaisons et les silences… Bref, un ensemble de petites choses qui peuvent vite nous faire baisser les bras si l’on n’y connaît absolument rien.

   Bien entendu, si vous avez plus d’un an de piano à votre actif, ce morceau vous paraîtra assez simple à jouer. En revanche, ne vous amusez pas à déchiffrer la Fantaisie Impromptue de Chopin si vous n’avez qu’un ou deux ans de pratique. Chacun doit respecter son niveau, pour la simple et bonne raison que de mettre une barre trop haute vous fera perdre toute motivation et ainsi toute chance de progresser définitivement.

7. MÉMORISER PAR CŒUR AU LIEU DE LIRE LA PARTITION

   Un problème que je retrouve souvent et qui est à mettre en relation avec le point n°3 est le suivant : beaucoup préfèrent mémoriser l’emplacement des doigts sur le clavier plutôt que de suivre les notes sur la partition. En effet, certains morceaux comme « To Build A Home » peuvent facilement être exécutés sans avoir recours à une lecture de partition puisque les accords ou les schémas rythmiques sont répétitifs tout au long du morceau, ce qui peut d’ailleurs en faire un morceau assez simple à jouer lorsque l’on débute… enfin, c’est ce que l’on pourrait croire, du moins.

   Évitez à tout prix de procéder de cette façon ! Au bout du compte, vous saurez peut-être jouer ce morceau en vous remémorant les notes sur votre clavier, mais vous ne saurez pas plus déchiffrer une partition qu’avant d’avoir commencé ce morceau, ce qui vous donnera d’autant plus de difficulté à en déchiffrer un nouveau.

   Il faut savoir se faire violence, et c’est malheureusement de cette façon que vous maîtriserez au mieux la musique. Mais vous verrez, en vous entraînant sur des morceaux assez simples, vous y parviendrez assez vite et, à terme, vous ne supporterez plus de jouer un morceau sans savoir où vous en êtes dans la partition. 😉

9. TRICHER AVEC LE SON DE L’INSTRUMENT

   Au piano comme à la guitare électrique, il est possible de « tricher » lorsque l’on apprend un morceau pour avoir l’impression que celui-ci sonne carrément bien même en étant très maladroit durant son déchiffrage. Une grande partie des musiciens qui connaissent ces méthodes les utilisent régulièrement, et c’est bien normal : lorsque l’on apprend un morceau, celui-ci ne ressemble pas à grand-chose au tout début. C’est donc tout naturel de vouloir écouter un semblant de résultat tout de suite qui nous donnera d’autant plus envie de continuer à le travailler. Or, si vous êtes débutants, vous ne les connaissez probablement pas… Peut-être ne devrais-je donc pas vous les dévoiler… 🤔😁

   Eh bien si, je vais quand même le faire ! Tout simplement pour que vous sachiez à quel moment vous êtes dans le faux ou dans le vrai lorsque vous travaillez votre instrument. 😉

  • Au piano, une fois que vous avez commencé à utiliser la pédale dans un, puis deux, puis dix morceaux, vous ne pouvez plus vous en passer. C’est tellement plus beau, plus « réverbéré », plus chaleureux et tellement plus simple à interpréter. De plus, elle permet de « noyer » toutes les petites erreurs. Pour vous en rendre compte, jouez donc un morceau que vous connaissez depuis un moment contenant de la pédale mais… n’y touchez pas. « CO » Si vous avez bien travaillé vos doigtés et la propreté de votre jeu, alors tout devrait aller pour le mieux, mis à part de rajouter la petite touche finale qu’apporte la pédale pour l’interprétation. Cependant, si vous vous rendez compte que certaines notes sont hachées, un peu décalées les unes avec les autres ou que vous « trébuchez » par moment, alors cela veut dire que vous avez encore quelques détails à corriger… sans pédale ! 😉
  • À la guitare électrique, il existe un moyen de camoufler ses erreurs et petites imperfections de jeu à presque tous les coups : l’utilisation d’une distorsion très accentuée et d’effets supplémentaires.

   Vous ne pourrez vous en rendre compte que par vous-même. Poussez la distorsion de votre canal saturé à son maximum et écoutez… Oui, ça fait un beau larsen à peine que l’on retire les doigts du manche, je vous l’accorde. 😁Mais vous allez aussi pouvoir obtenir un solo digne des légendes du rock en faisant un yaourt monumental et en mast****** votre manche comme vous le souhaitez. Et ça, c’est du Rock. 😎🤘

   Plus sérieusement, si vous souhaitez écouter davantage la réalité de votre jeu pour l’améliorer, je vous conseille d’opter pour un son clean, grunge ou fuzz. Le son sera clinquant, clair et précis pour que puissiez savoir exactement ce que vous faites. Mais les effets de delay, wah-wah, reverb – au même titre que la pédale du piano – permettent également de tricher. Prenez par exemple le solo final de la chanson « Dani California » des Red Hot Chili Peppers. Il est joué avec une distorsion très poussée et wah-wah bien mise en avant qui donne l’impression qu’il joue comme un virtuose. Alors, même si John Frusciante est un excellent guitariste, il n’a pas non plus surpassé Yngwie Malmsteen sur ce solo et c’est bien la preuve que ce sont les effets de guitare qui permettent d’avoir le résultat final comme on le connaît si bien (à 4’26). 🙂

10. GARDER SES MAUVAISES HABITUDES

   L’ouverture d’esprit et la remise en question sont la clé pour réussir en ce monde. Eh bien, devinez quoi ? En musique c’est la même chose, oui. 🙂(Ça y est, vous commencez à connaître la chanson 😉)

   Vous vous êtes déjà sûrement demandés pourquoi les enfants de moins de 10 ans parvenaient à apprendre la musique plus facilement qu’un adulte de 30 ans ou de 50 ans. Eh bien, cela est dû en partie à 2 choses :

  • À cet âge-là, l’esprit est malléable et réactif à souhait. C’est d’ailleurs pour cette raison que les parents doivent faire découvrir de nouvelles activités dès le plus jeune âge de leur enfant pour voir ce qui lui plaît le plus et qu’il puisse apprendre très rapidement cette nouvelle activité.
  • Mais un enfant est – en général – également dépourvu d’étroitesse d’esprit, ne s’interroge pas autant que le ferait un quinquagénaire et peut intégrer très rapidement énormément de nouvelles informations. D’où le fait que l’éducation donnée à son enfant dès son plus jeune âge aura des répercussions sur le reste de sa vie.

   Il vous faut donc vous libérer de ce conformisme que vous avez toujours connu, dépasser vos habitudes et vous remettre sans cesse en question. Si vous répétez en boucle les mêmes mauvaises erreurs, alors vous n’arriverez pas à progresser et à attaquer des morceaux plus audacieux. Efforcez-vous donc de corriger toutes ces petites imperfections tant qu’il en est encore temps et votre progrès n’en sera que plus beau🙂

   N’hésitez pas à partager cet article s’il vous a plu. J’espère qu’il vous aura permis de savoir comment éviter le plus possible les petites erreurs les plus courantes et qui, à terme, peuvent avoir de lourdes répercussions sur le jeu d’un musicien.

À très bientôt pour un prochain rendez-vous musical sur le blog ! 🙂

Pour laisser un commentaire, remplissez les champs requis et appuyez sur la touche “Entrée” de votre clavier.

3 Partages
Partagez3
Tweetez
+1
%d blogueurs aiment cette page :